Courants idéologiques et politiques actuels du judaïsme africain

Conférence internationale des Juifs Noirs à Paris et retrait du Siddour raciste "Kol Ha neshama" des synagogues, 2012.
Conférence internationale des Juifs Noirs à Paris et retrait du Siddour raciste "Kol Ha neshama" des synagogues, 2012.

L’éveil à la subjectivité socle de tout processus réflexif et l’ouverture à l’intersubjectivité autorise la critique et l’auto-critique qui conditionneront l’émergence du judaisme africain — exigence à laquelle celui-ci doit répondre s’il veut croître en région sub-saharienne.

Ephraim Isaac voit pointer un environnement idéologique et politique qui marque l’émergence d’un discours dit «judéocentriste» sur — et donc extérieur à — l’esprit africain jusqu’aux circonvolutions internes d’une pensée juive du rejet et affairiste notamment, contre l’apport de penseurs rompus à la matière qui constitue une part non-négligeable, et sans doute plus féconde encore.

Selon Jacob Oliel, ce travail doit passer par des inévitables réflexions socio-identitaires. Le propos progresse au fil des temps vers une mise en évidence d’une autonomisation de la pensée juive dans un contexte africain.

Pour Maurice Dorès, le judaïsme africain ne peut trouver ses fondements que dans ses propres cultures.

Le judaïsme africain ne saurait se réduire à une (re)formulation complaisante et/ou révisionniste d’un savoir ancestral ou d’un discours mythologique — ceux-ci pouvant servir, au mieux, comme supports d’une discussion critique libre.

Quant à Tudor Parfitt, il s’agit plutôt de viser à l’universel à partir du vécu propre et des préoccupations particulières du Juif Africain. Ce qui signifie que, plutôt refuser que de risquer de travestir la tournure d’esprit de l’Africain en cherchant à l’accommoder avec les catégories d’un mode de pensée juive qui lui est extra.

à propos de l'auteur
Guershon Nduwa est le président de la communauté juive noire de France.
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