Coronavirus : attention à la montée des extrémistes

Les Israéliens marchant sur le chemin de fer du tramway à Jérusalem, le 11 avril 2020, lors du confinement partiel, afin d'empêcher la propagation du Coronavirus.
Photo d'Olivier Fitoussi / Flash90
Les Israéliens marchant sur le chemin de fer du tramway à Jérusalem, le 11 avril 2020, lors du confinement partiel, afin d'empêcher la propagation du Coronavirus. Photo d'Olivier Fitoussi / Flash90

« On refuse de donner certains médicaments »
« On tue les vieux »
« Les médecins gardent pour eux des molécules »

Toutes ces phrases, on peut les lire à longueur de journée sur les réseaux sociaux qui sont devenus les nouveaux cafés du commerce.

Le Gouvernement a fait des erreurs mais il n’est pas le seul. Depuis des années les budgets des hôpitaux diminuent. « Il faut fermer des lits » nous disaient d’anciens ministres.

Tous les jours, nous entendons le macabre compte des victimes de cette pandémie mais peu de gens retiennent combien de patients ont pu guérir grâce au corps médical qui travaille jours et nuits sans compter les heures.

Tous les jours, nous pouvons faire nos courses, nous pouvons recevoir du courrier et certaines mairies livrent à domicile les courses pour les plus âgés.

Il est vrai qu’il est facile de critiquer, de dénigrer les élus, les fonctionnaires et si nous critiquons alors nous devons proposer des solutions. Malheureusement j’ai du mal à en trouver des solutions sur les réseaux sociaux.

Moi je n’ai pas de solution miracle. Je ne suis pas médecin et encore moins logisticien mais je crois en toute humilité que le Gouvernement doit être clair dans ses décisions. Le peuple est adulte et doit savoir ce qui se passe pour les masques, pour les respirateurs, sur les décisions qu’il prend tous les jours.

Le Gouvernement me dira qu’il suffit de lire le Journal Officiel mais tout le monde sait que souvent les Décrets publiés ne sont pas clairs pour tout le monde. Ainsi, depuis le décret du 28 mars, qui autorise notamment la prescription du Rivotril sous forme injectable aux patients atteints du Covid-19 « dont l’état le justifie »a été mal compris par beaucoup. Il a falllu que plusieurs journaux fassent une explication de texte . Ainsi la Voix du Nord explique

« Autoriser l’usage du Rivotril injectable pour prendre en charge les patients atteints du SARS-CoV-2 ne revient pas à autoriser l’euthanasie. Son usage reste « très encadré, réservé à un infirmier avec un protocole très strict, une traçabilité », précise le docteur Roussel. « On reste dans le cadre de la loi du 2 février 2016 sur la fin de vie »

Ce journal ajoute : « Pour les personnes en fin de vie qui émettent le souhait de mourir chez elles plutôt qu’en établissement hospitalier, le ministère de la Santé a d’ailleurs annoncé en début d’année qu’il allait mettre à disposition des pharmacies d’officine, pour les médecins de ville, le Midazolam injectable, « médicament de première intention pour la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès » », décrit le Vidal. Il ne peut pour l’instant être délivré que par les médecins et pharmacies hospitalières.

Si le Rivotril lui a été préféré dans le cadre du Covid-19, c’est parce qu’il y a une « tension » sur l’approvisionnement en Midazolam, rapportent Franck Roussel et Jérôme Robillard.

Pour ce dernier, «il va effectivement y avoir une surmortalité chez les personnes âgées à cause du Covid-19 (elles sont plus fragiles et auront moins accès aux services de réanimation). Mais cette surmortalité sera due à la maladie, pas à une vague d’euthanasie.»

Voilà qui est plus clair, mais la rumeur est lancée et on sait que la rumeur ne s’éteint jamais.

Si le Gouvernement ne s’explique pas plus clairement, nous risquons que les théories complotistes montent en flèche et avec ces théories, les seuls gagnants seront les partis extrémistes de droite comme de gauche. Voilà le vrai danger.

à propos de l'auteur
Éric Gozlan est né en 1964. Il a vécu une grande partie de sa vie en Israël au kibboutz et a servi dans une unité combattante de Tsahal pendant la première guerre du Liban et la première Intifada. Il étudie l’économie en Israël. De retour en France, il est reçu au troisième concours de l'École Nationale de la Magistrature et a travaillé de nombreuses années dans le milieu bancaire et au Conseil de l’Europe. En dehors de son parcours professionnel, Éric a toujours été intéressé par le social et les relations interreligieuses. Il pense qu’il est possible d’arriver à la paix par la religion (puisque les guerres partent souvent de celle-ci). C’est pour cette raison qu’il s’emploie en France à travailler sur le dialogue interreligieux et ce notamment avec l’Imam Chalghoumi Il a été nommé il y a peu par le roi des Roms ambassadeur de sa cause pour la France et a reçu la médaille de la paix en Roumanie. Éric est souvent invité à des congrès pour la paix pour donner son expertise sur certains problèmes Il a participé à deux nombreux colloques sur la paix et le dialogue inter religieux en Corée, Russie, Etats-Unis, Bahreïn, Belgique, Angleterre, Italie, Roumanie… Il est fondateur de Focus International Consulting et directeur de l'International Council for Diplomacy and Dialogue Eric Gozlan écrit dans plusieurs revues dont le Nouvel Observateur en France, Times of Israël en Israël et a publié dernièrement, suite à une demande du Vatican, une étude sur l’apostasie dans le Judaïsme
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