Théâtre : Concerta le 8 * à Habima

Concerta le 8 *

* קונצרטה לשמונה

Une pièce à voir absolument!

Quand je suis arrivée en Israël, j’ai découvert l’usage de la retaline et les « problèmes » de concentration. Oui je mets des guillemets car grâce à cette pièce j’ai enfin compris ce que sont ces fameux « problèmes ».

Mon copain m’a dit dès le début de notre relation qu’il avait des « problèmes » de dyslexie et d’ADHD. Comme s’il avait peur que je le quitte plus tard pour ça.

Ma mère m’a toujours dit que, petite, elle était dyslexique. Pourtant elle a pu corriger ca et depuis, a écrit et publié de nombreux livres et articles.

Shay (vous l’avez compris, il s’agit de mon copain) m’explique donc qu’il a toujours eu du mal à se concentrer à l’école ou bien face à ses devoirs à la maison…

Et je me souviens que moi aussi je n’adorais pas ça. A l’école, combien de fois ai-je dessiné dans les marges de mes cahiers? Combien de fois ai-je écrit des mots pour mes copines? Ou fait des rosaces en cours de math? Et puis le soir venu, je préférais jouer des heures, créer des maisons en carton pour mes playmobils, ou simplement rêver les yeux ouverts plutôt que de faire mes devoirs.

Mais pour moi ce ne fut jamais un « problème ». Ce fut une force! Une force créative!

Mes parents encourageaient le rêve (même si ma mère supervisait mes devoirs jusqu’à mes 13 ans…) et écoutaient mes choix ou décisions. Je n’avais pas de « problème » de concentration, j’avais le droit à la rêverie, le droit d’être différente.

Ce soir j’ai compris ce que Shay voulait me dire. En Israël, la plupart des gens considèrent ca comme un « problème », être différent dérange.

Selon moi ce n’est pas sans lien avec le fait d’être dans un jeune pays. Il faut faire partie du groupe, ne pas trop déranger, ne pas faire de bruit, être « normal », comme tout le monde: être Un.

J’ai pu identifier mon incompréhension face à ces « maladies ». C’était le mot « problème » qui me dérangeait. Si l’on prend le temps d’éduquer et d’aimer nos enfants avec ce que l’on considère comme  » problème » ou « perturbation », nos faiblesses à tous peuvent devenir force.

Pourquoi ne ferait-on pas de nos différences une société encore plus créative, innovante et vivante?

Cette pièce m’a ouvert les yeux. C’est un petit trésor théâtral inattendu. Elle vient d’être approuvée par « Sal Tarbout » et va donc pouvoir faire le tour des écoles ici!

C’est une chance et je vous conseille à tous d’y aller. Elle est en ce moment jouée à Habima, cliquez ici pour en savoir plus, et ici pour la page facebook.

Bonne découverte!

à propos de l'auteur
Nora est arrivée en Israël en 2010, avec l'envie de bouleverser le monde du théâtre israélien. Pour le moment, c'est surtout elle qui a été bouleversée par Israël. Elle garde l'espoir de ne plus s'inquiéter de "Ach Hagadol" ni des sourires compatissants des gens autour d'elle qui ne comprennent pas ce qu'elle fait dans la vie. D'ailleurs elle non plus ne sait pas. Elle a seulement étudié à Londres et à Paris le théâtre, elle joue depuis ses 8 ans et mets en scène depuis ses 19 ans. Elle fait des doublages, elle apprend le chant et le flamenco, elle aime écrire, rire, le champagne, manger des sushis, rêver de l'Italie de son papa, photographier, changer d'avis, danser, inventer de mots, s'enfasciner (mélange de "fascination" et "enraciner") devant des paysages urbains destroy, se mélanger les pinceaux, ses amis, le regard de chat de sa maman et enfin: Tel Aviv. Ah oui! Et elle a trouvé ca très drôle de parler d'elle-même à la troisième personne pour cette présentation
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