Comment Israël a géré la crise du Covid19

Personnel israélien du Magen David Adom et des soldats israéliens à une station de débarquement pour les résidents de la ville ultra orthodoxe de Bnei Brak qui ont été infectés par le coronavirus, et en voie de mise en quarantaine d'hôtels, près du centre commercial Ayalon le 3 avril 2020. . Photo de Tomer Neuberg / Flash90
Personnel israélien du Magen David Adom et des soldats israéliens à une station de débarquement pour les résidents de la ville ultra orthodoxe de Bnei Brak qui ont été infectés par le coronavirus, et en voie de mise en quarantaine d'hôtels, près du centre commercial Ayalon le 3 avril 2020. . Photo de Tomer Neuberg / Flash90

Beaucoup de questions seront posées une fois la pandémie du Covid19 contenue, mais nous pouvons d’ores et déjà remarquer la gestion de crise de l’État d’Israël, saluée entre autres par les Italiens.

L’État hébreu affiche des résultats étonnants malgré deux éléments qui sont loin d’être en sa faveur : d’une part la communauté juive a été très lourdement atteinte dans tous les pays occidentaux ou elle a une forte représentation, en l’occurrence en France, en Angleterre et aux USA, et d’autre part, les Israéliens voyagent énormément, surtout en Chine, aux USA et en Europe, régions avec lesquels Israël entretient d’important échanges économiques.

Nous pouvions nous attendre à voir l’État d’Israël, plus grande communauté juive au monde, touché avec des chiffres d’un ordre de grandeur des nations citées plus haut. Selon les données officielles publiées dans le site ourworldindata.org, il n’en est rien.

Il faut comprendre que la nature de cette crise a interpellé les Israéliens dans un domaine qu’ils connaissent bien : l’urgence de la réponse à un danger existentiel. S’il est vrai que les Israéliens ont le sens de l’urgence, il faut savoir aussi qu’ils commencent à respirer lorsqu’ils sont en face d’une crise, trait de caractère social fascinant qui s’est développé au fils des décennies d’un pays qui fait face à une animosité régionale constante.

La gestion de cette crise a été caractérisée par plusieurs éléments pris du domaine sécuritaire, nous reviendrons sur ce point dans un article qui analysera l’implication d’organisations non conventionnelles dans cette gestion.

Tout d’abord, un danger a été identifié par le gouvernement et une cellule de crise a été instaurée très tôt à l’intérieur de l’hôpital Shiba de Tel Aviv afin d’être présent là où la crise se passe.

Dès les premières évaluations le gouvernement a compris que le système médical du pays ne pourrait pas contenir une épidémie si cette dernière venait à se propager. Les premières décisions ont donc été de trouver les moyens de gagner du temps afin de pourvoir aux manques d’appareils respiratoires principalement, et d’aplanir la courbe d’infection. Ce temps devait être critique afin de comprendre le comportement du virus et de rectifier, au besoin, les instructions communiquées à la population par un seul et unique organisme. Le gouvernement devait payer le prix économique d’une phase de confinement, a expliqué Udi Dekel directeur de l’INSS (Institute for National Security Studies), même s’il était important.

La rapidité de cette réponse a certainement été primordiale, et en examinant les données, effectivement, le confinement et les tests de détection ont, tous deux, été utilisés très tôt.

Cependant, il y a une autre face à la gestion de cette crise. Celle-ci a été illustrée par une coopération très médiatisée en Israël entre deux amis, l’un médecin et l’autre officier dans une unité technologique des services de renseignement de l’armée. Une simple discussion autour d’un repas familial, aux débuts de la crise, a abouti à l’élaboration d’un appareil respiratoire simple, facile à construire et qui sera utilisé par les hôpitaux Israéliens d’une part, et exporté vers les pays qui en ont le plus besoin d’autre part.

Cette coopération illustre un état d’esprit très particulier d’Israël qui fait feu de tout bois et utilise toutes ses ressources disponibles. C’est la force de ce pays, c’est ce qui lui a valu le nom de Start-Up Nation. Tous se mettent autour d’une même table afin de tergiverser d’une façon qui peut paraître cavalière et bruyante, mais qui s’avère être très efficace dans des moments cruciaux comme ceux que nous traversons.

Article originellement publié dans GlobalGeoNews.

à propos de l'auteur
Journaliste, chimiste, traducteur et ingénieur, Bruno J. Melki utilise une approche scientifique dans ses recherches journalistique afin de présenter la réalité d’un des conflits les plus médiatisé, mais aussi des plus falsifié, de l’histoire contemporaine. Après avoir poursuivi des études de chimie, de statistiques et avoir travaillé en recherche pendant plusieurs années à l’Université de Jérusalem, Bruno J. Melki rejoint le monde de la haute technologie Israélienne. Il publia en parallèle une chronique économique hebdomadaire en Hébreu dans Makor Rishon et traduisit le livre de Ben-Dror Yemini : L’Industrie du Mensonge.
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