Cinq minutes avant Shabbat

Promenade de Jaffa surplombant Tel Aviv et la mer Méditerranée, en Israël. (AP Photo / Oded Balilty)
Promenade de Jaffa surplombant Tel Aviv et la mer Méditerranée, en Israël. (AP Photo / Oded Balilty)

En Israël, c’est la période des fêtes, et entre une fête, c’est Shabbat. Fête, Shabbat, Fête, Shabbat… Et les fêtes, c’est un peu comme un Shabbat : les magasins ferment vers 15h00, et aussi les transports publics s’arrêtent.

Les bus vont stopper plus d’une heure avant la tombée de la nuit, et puis reprendront après la tombée de la nuit suivante. Tout le monde s’affaire à trouver ou chercher les dernières nécessités, comme si acheter une paire de chaussettes était une question de survie. C’est la folie des derniers instants : une ambiance bien particulière.

Et en cette période de fête, elle se répète inlassablement, tout le monde court, et s’arrête, on s’arrête, on court, on s’arrête, court, s’arrête…

« Cinq minutes » avant Shabbat, j’aime bien aller me balader dans Jaffa. Le souk, y est toujours très animé. C’est assez petit, mais toujours divertissant. Les échoppes, changent assez souvent, c’est peut-être une particularité israélienne, les devantures vont et viennent, changent au gré des saisons ou même des parfois ne restent que quelques mois, tout va toujours très vite.

En Israël, tout est toujours vécu dans le présent, comme si le futur n’allait pas exister et l’on s’entend souvent dire : « Titratchi » (enjoy littéralement, profite). C’est comme un mantra que l’on répète à l’infini. « Profite de la vie avant qu’elle ne te fuie ».

Dans le souk de Jaffa, entre la musique, le bruit et la foule, en se promenant, on reste toujours surpris. Il y a des choses changeantes et celles éternelles, celles que  l’on croiraient presque qu’elles sont là depuis 3000 mille ans.

Il y a les choses emblématiques : l’horloge, qui date de 1903 ; le poissonnier, qui au bord de son étale, fume un gros cigare ; « Aboulafia », la fidèle boulangerie arabe qui ferme à Pessah, Yefet la rue avec d’éternelles voitures klaxonnantes et par-ci par-là quelques magasins de souvenirs : vendant des savons de Nazareth, des menorah, des mains de fatma ou alors des crèmes de la mer Morte, entre des casquettes et des magnets.

Les marchands, la musique, l’ambiance ne peuvent être décrits par quelques mots, il est impossible de s’y ennuyer. Vous êtes dans le souk : ailleurs, toujours en voyage.

La foule est composée d’Israéliens mêlée aux touristes. Certains restaurants, les gens dansent et la musique envahit les ruelles. L’ambiance est électrique, presque magique.

C’est l’effervescence, sans doute, due à l’urgence de profiter des derniers instants, un peu comme avant la fin du monde. Comme si tout allait s’arrêter, cette ambiance typique, et si je dois conseiller, une chose à faire en Israël, c’est d’aller vous balader un vendredi après-midi à Jaffo : « Titratchi« .

à propos de l'auteur
Nouvelle immigrante revenue de Suisse. Patricia est ingénieure, professeure de Sciences et artiste.
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