Ce masochisme occidental à l’origine de notre mal

Le président français Emmanuel Macron donne une conférence de presse lors de sa visite à Alger, en Algérie, le 6 décembre 2017. (Crédit : AFP / RYAD KRAMDI / RYAD KRAMDI)
Le président français Emmanuel Macron donne une conférence de presse lors de sa visite à Alger, en Algérie, le 6 décembre 2017. (Crédit : AFP / RYAD KRAMDI / RYAD KRAMDI)

Je vitupère depuis des lustres ce masochisme occidental à l’origine de notre mal. Hier atteint d’un complexe de supériorité tel qu’il pensait incarner seul la civilisation, l’Occidental souffre aujourd’hui du complexe inverse d’infériorité morale à l’égard des peuples racisés, dont certains qu’il a colonisés ou mis en esclavage. Oubliant au passage qu’eux aussi ont colonisé ou été d’encore plus terribles esclavagistes. Ici exactement habite ce complexe récent en train de coloniser l’Occident et de l’affliger d’une voussure psychologique et métaphysique l’entraînant vers l’abîme. Trois exemples récents illustreront tristement cette terrible affliction.

Boualem Sansal n’avait pas encore atterri en Allemagne que déjà Emmanuel Macron remerciait le dictateur Tebboune. Un grand écrivain français, courageux mais vieux, aura passé sans aucune raison sinon ses idées un an dans les geôles d’une dictature. Celle-ci refuse en outre de respecter ses obligations contractuelles de reprendre ses ressortissants criminels demeurant illégalement sur le sol national. La première chose que fait pourtant le représentant de la nation victime est de remercier le preneur d’otages. D’aucuns y ont décelé le syndrome de Stockholm. Pour ma part, j’y vois plus largement le symptôme de ce masochisme occidental mortel dont je décrivais plus haut les causes.

Il me suffit de rappeler que la personne affligée de ce haut mal, lorsqu’elle ne présidait pas encore la nation et ne s’occupait que de son économie, s’était rendue en Algérie pour expliquer aux Algériens que la France avait commis des crimes contre l’humanité à leur encontre. Rien n’était dit sur les terribles souffrances infligées aux civils français par les terroristes du FLN. Mettons-nous à la place de l’Algérien d’Algérie ou de celui de Saint-Denis. Un officiel français de haut rang lui déclare solennellement qu’il est une victime innocente et que la France est son bourreau le plus implacable : comment pourrait-il en douter, ne pas mépriser les Français et exiger d’eux réparations et génuflexions ?

Le 13 novembre, la France commémorait tristement le souvenir des attentats terroristes. Hommage était rendu aux nombreuses victimes de l’islamisme. D’aucuns ont cru devoir critiquer, à mon sens injustement, le style musical parfois utilisé. L’essentiel était que les parents éplorés des victimes fauchées par la serpe haineuse, et le peuple français avec eux, aient pu se sentir, un peu, un temps, réconfortés. Mais le masochisme diagnostiqué ne résidait pas là où hommage nécessaire il y avait mais dans l’absence totale de réflexions sur les causes des tourments infligés continûment aux peuples d’Occident. Lors de son discours, le président de la République – encore lui – a décrété que les attentats « n’avaient pas de sens ». Il s’agit, à mon sens, d’un discours insensé.

Le terroriste islamiste nourrit le projet parfaitement cohérent, dans le cadre de l’Islam conquérant, de terroriser la population occidentale judéo-chrétienne ou impie jusqu’à l’amener à douter de sa légitimité de gouverner encore un territoire aux frontières enfoncées et supprimées. Le masochisme occidental ne résidait pas, ce 13 novembre, dans un juste hommage aux victimes mais dans l’absence totale de réflexion critique sur cette immigration invasive insécable non seulement du terrorisme passé mais de celui qui vient. Que cela plaise ou non : islamo-terrorisme et narcotrafic sont les enfants terribles de l’immigration imposée de force.

Certains esprits libérés ont justement ironisé sur ces articles de Libération ou ces discours de l’audiovisuel public qui contestaient avec mépris tout risque de terrorisme lié au déferlement migratoire à travers l’Europe juste avant les attentats de 2015 mais ne pouvaient plus que le reconnaître sans barguigner immédiatement après, sans se souvenir même de leur dénégation de la veille.

Dans un article remarquable publié par Le Figaro ce vendredi 14 novembre, intitulé Immigration : Dix ans après le Bataclan, les leçons ont-elles été tirées ?, Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, pose la question existentielle et répond évidemment par la négative. Il prend pertinemment l’exemple afghan :

Au moins 100 000 Afghans vivent aujourd’hui en France, où ils sont arrivés nombreux depuis la fin des années 2000. Dès 2013, alors que le pouvoir modéré des présidents Karzaï et Ghani était encore en place à Kaboul, le Pew Research Center estimait que 99 % des Afghans approuvaient l’instauration de la Charia comme loi officielle, 85 % soutenaient la lapidation en cas d’adultère ; 79 % étaient favorables à la peine de mort pour ceux qui quittent l’islam.

Comme le résume Didier Leschi, auteur d’une étude sur le sujet pour l’OID et la Fondapol :

Nous accueillons des personnes qui n’étaient pas nécessairement hostiles aux talibans, mais qui ont fui des difficultés économiques.

Sans évidemment jeter le discrédit sur l’ensemble de l’immigration afghane, nul esprit libre pourra soutenir qu’elle est source culturelle de sécurité. Oui, l’immigration venue d’Orient qui se poursuit inéluctablement contre la volonté de la population indigène traitée avec indigence entraînera d’autres terribles massacres. Je signale, en passant, cette information : un militant du Hamas a été arrêté la semaine dernière à la frontière germano-tchèque. Il était porteur d’armes et souhaitait viser en Europe des cibles juives. Cette information a été traitée avec le même souverain mépris par cette même presse sévèrement antiraciste qui ironisait sur les risques migratoires le 12 novembre 2015 au soir.

Dernier symptôme aigu du masochisme français : la mode nouvelle de la « justice restaurative » préconisée pour les terroristes islamistes. Par un hasard cosmique, c’est précisément à l’occasion de la célébration du 13 novembre que les propositions affluent. L’avocate de Salah Abdeslam, bourreau en chef, en a fait la proposition, aussitôt reprise avec enthousiasme par d’aucuns à la volée.

C’est ainsi que dimanche matin, l’ancien magistrat Antoine Garapon, mis à la retraite peu après son engagement public contre le Rassemblement national, était l’invité d’Ali Baddou sur France Inter pour précisément présenter son dernier ouvrage consacré à cette justice restaurative. Il approuva ce projet pour Abdeslam car, expliqua-t-il, « cela pourrait l’aider ». Je doute profondément que les familles Halimi ou Knoll que j’ai eu l’honneur de défendre soient très pressées de vouloir aider les bourreaux islamistes de leurs parents assassinés. L’avocat mécréant qui signe cette chronique a depuis longtemps fait sienne cette maxime talmudique :

Celui qui donne sa pitié au méchant fait tort au Juste.

Le masochiste repentant d’Occident ne fait pas seulement qu’aimer les coups pour lui-même. Il les attire pour ses enfants.

Article paru sur Le Figaro le 17/11/25. Avec l’aimable autorisation de l’auteur.

à propos de l'auteur
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain.
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