Cachemire

Le personnel de sécurité indien en garde à Srinagar le 17 août 2019. Photo : Tauseef Mustafa / AFP
Le personnel de sécurité indien en garde à Srinagar le 17 août 2019. Photo : Tauseef Mustafa / AFP

Le Royaume-Uni a accordé l’indépendance à l’Inde en 1947. A cette occasion, le pays fut divisé entre majorité hindoue (Inde) et majorité musulmane (Pakistan). Le Cachemire à majorité musulmane, déjà revendiqué par la Chine, le Pakistan et l’Inde fit l’objet de conflits entre musulmans, hindous et sikhs. A la demande de l’Inde, l’ONU divisa le Cachemire en trois. L’Inde en reçut une partie (Jammu et Cachemire), le Pakistan une autre (Azad-Jammu-et-Cachemire et le Gilgit-Baltistan ), la Chine une dernière (Shaksam et Aksai).

Le récent transfert de la gestion autonome du Cachemire à l’administration fédérale indienne correspond aux aspirations du gouvernement indien à tendance hindouiste. Ni la population musulmane ni le Pakistan qui fut trois fois en conflit avec l’Inde à ce sujet ne l’acceptent. Les deux puissances nucléaires se font à nouveau front.

L’argument sur lequel le Pakistan se fonde est « l’illégalité et l’illégitimité » du régime d’administration directe par New-Delhi. Pourtant son gouvernement administre lui-même et directement le Cachemire pakistanais (Jamur et Cachemire et le Gilgit-Baltistan). Le Pakistan exige donc de l’Inde ce qu’il commet lui-même, pour les mêmes raisons de sécurité et de souveraineté.

Il est difficile de ne pas comparer cette situation au conflit israélo-palestinien. Les dates d’indépendance de 1948 coïncident. Un conflit entre entités à majorité musulmane (Pakistan et Palestine arabe) et entités qui ne le sont pas (Inde et Palestine hébraïque-Israël), conflits autour de souverainetés territoriales et confessionnelles, revendications non-conformes au Droit, permanence du conflit depuis plus de soixante-dix ans, tout rapproche ces Etats que tout divise.

Dans l’un comme dans l’autre cas de figure, les manquements au Droit, l’indolence et la partialité de la «communauté internationale», les accaparements des institutions internationales au mépris de la règle et au profit des intérêts nationaux, et stratégiques permettent le maintien du conflit et l’asservissement des peuples aux régimes de la guerre.

L’inversion de la proposition permettra seule la résolution des difficultés entre l’Inde et le Pakistan comme entre Israël et les Etats arabes et musulmans qui lui sont hostiles.

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Pierre Saba
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