Bilan positif des Accords d’Abraham

Un an après la signature des Accords d’Abraham nous constatons que la realpolitik gagne de nombreux points devant le refus systématique des Palestiniens et du front du refus arabo-musulman de reconnaître de facto et de jure l’existence d’un Etat Juif au sein du monde arabe.

Certes, le problème palestinien est toujours sans solution adéquate mais il n’est plus une priorité absolue et au cœur du conflit. Désormais, il ne dépendra plus d’un retrait préalable des Territoires et un retour forcé aux lignes d’armistice de 1949, à condition de poursuivre une politique cohérente et ferme.

En rejetant les Accords d’Abraham, les Palestiniens, non seulement, ratent un nouveau rendez-vous de l’Histoire, ils deviennent concrètement insignifiants dans le jugement des leaders arabes à l’égard de la normalisation avec l’Etat Juif.

Et pourtant, Israël n’a pas cédé sur aucune de ses positions concernant le processus de paix avec l’autorité palestinienne, et ne s’est pas retirer d’aucune parcelle des « Territoires ». Elle a prouvé que les « implantations » ne représentent pas un obstacle à la paix.

Mahmoud Abbas avait refusé bêtement l’offre de gigantesques chantiers dans tous les domaines, un investissement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza d’une valeur astronomique de 28 milliards de dollars sur dix ans.  Un million d’emplois pour les Palestiniens et tant de projets détaillés dans un plan global chiffré à 50 milliards de dollars.

Renfermé dans sa tour d’ivoire, Mahmoud Abbas pense qu’avec l’appui des Européens comme la France de Macron, il pourra obtenir un jour un Etat palestinien. Il se berce toujours d’illusion et vit de fantasmes.

Quant au Hamas, aucun changement n’est prévu pour l’heure. Il poursuivra probablement ses hostilités et le devoir du gouvernement de mettre un terme à cette situation intenable.

Depuis la signature des Accords d’Abraham signés par l’administration Trump et le gouvernement Nétanyahou, l’Etat Juif n’est plus l’ennemi numéro un du monde arabe à l’exception des islamistes. Il ne représente plus un corps étranger au Proche-Orient. Le problème est ailleurs, la solution à leur inquiétude se trouve chez les Israéliens car ils leur offrent un gage de sécurité, une véritable solution pour assurer la stabilité et la paix dans toute la région.

La stratégie israélienne a réussi de renverser la vapeur et de pointer du doigt sur le véritable ennemi, le vrai danger, l’obstacle permanent qui déstabilise le Moyen-Orient impunément : le régime islamiste iranien.

C’est clair, tant que les Gardiens de la Révolution islamiste tiennent les commandes du pouvoir à Téhéran, à Beyrouth, à Damas, à Bagdad, et à Gaza, il ne pourra y avoir une paix véritable au Moyen-Orient.

Aujourd’hui, le gouvernement Bennet-Lapid devra accomplir et élargir le cercle de la normalisation et présenter un plan pragmatique pour la solution du problème palestinien. Toutefois, cela doit se faire avec sagesse et sans précipitation. Les fréquents voyages de Lapid à l’étranger notamment ces jours-ci à Washington devront obtenir des gages et ne pas se contenter de promesses vagues.

Les slogans et les messages creux concernant les engagements du gouvernement israélien pour « améliorer la vie des Palestiniens » ne peuvent être une solution à long terme ni un plan de paix.

Bennet et Lapid pensent différemment sur le sujet mais ils ne pourront plus poursuive une politique de l’autruche pour des raisons purement politiques et par crainte de perdre le pouvoir.

Le problème palestinien comme les menaces de l’Iran concernent en priorité notre sécurité et notre avenir et ne peuvent être associés par des arrangements éphémères.

Bennet et Lapid doivent poursuivre la politique du gouvernement précédent et agir pour que la solution du problème se fera dans le cadre d’un accord régional avec le monde arabe selon la solide formule élaborée à la fameuse Conférence de Madrid, tenue il y a juste 30 ans sous les auspices des grandes puissances, et non dans le cadre fragile des Accords d’Oslo.

Le gouvernement actuel devra donc affirmer clairement sa position et ne pas être aveugler par des ambitions politiciennes vaniteuses, cherchant en priorité, la gloire, le succès immédiat et surtout une bonne image personnelle dans les médias.

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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