Barhein – Israël : une normalisation qui était prévisible

Les drapeaux des États-Unis, des Émirats arabes unis, d'Israël et de Bahreïn vus sur le bord d'une route de la ville de Netanya, le 14 septembre 2020. Photo de Flash90
Les drapeaux des États-Unis, des Émirats arabes unis, d'Israël et de Bahreïn vus sur le bord d'une route de la ville de Netanya, le 14 septembre 2020. Photo de Flash90

Il y a quelques mois j’écrivais un article sur le Barhein et l’importance de ce pays dans la résolution du conflit du Moyen-Orient.

Je ne suis pas étonné de la décision de ce Royaume de normaliser les relations avec Israël car déjà de nombreux contacts existaient.

J’ai beaucoup de mal à comprendre la décision des dirigeants palestiniens qui, je le pense vraiment, ratent une occasion de paix, pour leur peuple. Ces dirigeants palestiniens devraient écouter la société civile palestinienne qui dans sa grande majorité souhaite terminer le conflit qui dure déjà depuis trop longtemps.

Je vous propose de lire les impressions lors d’un de mes voyages au Barhein.

Je suis allé à plusieurs reprises au Bahreïn pour y rencontrer des officiels et des femmes et des hommes de la rue. La dernière fois j’y suis resté 10 jours pour travailler sur divers projets.

La première chose qu’un visiteur peut voir, c’est que le Bahreïn est un pays dans lequel il existe une véritable mixité sociale. Ainsi plus de 50% de la population vient de l’étranger.

Ce pays laisse aux femmes les mêmes libertés que nous trouvons en Europe. Le port du voile n’est pas imposé, les femmes travaillent et la différence de salaires entre femmes et hommes est pratiquement inexistante.

Dans ce pays, chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Il ne faut pas oublier que c’est au Bahreïn qu’a été construite la première église dans les pays du Golfe.

Une communauté juive est présente dans le Royaume et certains de ses membres occupent des postes importants dans la fonction publique. Ainsi Houda Nonoo a été l’ambassadrice de ce pays aux USA pendant plus de cinq ans.

Impossible de se déambuler au Bahreïn sans voir le grand nombre d’universités où de nombreux professeurs étrangers viennent enseigner.

Lors de mon dernier voyage à Manama, j’ai pu admirer combien ce pays était actif dans les arts. Certains quartiers sont réhabilités avec les techniques d’avant. Un ballet national (mixte) existe et de nombreux peintres exposent en toute liberté leurs œuvres.

Le Gouvernement de ce pays, dirigé par M. Khalifa ben Salmane Al Khalifa a réussi son pari de moderniser le pays. Ainsi le P.I.B par habitant est de 51 800 US dollars avec un taux de chômage de 3,8 %.

Eric Gozlan reçu par le Premier Ministre du Barhein.

Dernière chose : lors d’un de mes voyages dans ce pays, je me suis promené dans les rues de la capitale avec une kippa sur la tête et je n’ai vu que des sourires et que des paroles de bienvenue des passants.

à propos de l'auteur
Éric Gozlan est né en 1964. Il a vécu une grande partie de sa vie en Israël au kibboutz et a servi dans une unité combattante de Tsahal pendant la première guerre du Liban et la première Intifada. Il étudie l’économie en Israël. De retour en France, il est reçu au troisième concours de l'École Nationale de la Magistrature et a travaillé de nombreuses années dans le milieu bancaire et au Conseil de l’Europe. En dehors de son parcours professionnel, Éric a toujours été intéressé par le social et les relations interreligieuses. Il pense qu’il est possible d’arriver à la paix par la religion (puisque les guerres partent souvent de celle-ci). C’est pour cette raison qu’il s’emploie en France à travailler sur le dialogue interreligieux et ce notamment avec l’Imam Chalghoumi Il a été nommé il y a peu par le roi des Roms ambassadeur de sa cause pour la France et a reçu la médaille de la paix en Roumanie. Éric est souvent invité à des congrès pour la paix pour donner son expertise sur certains problèmes Il a participé à deux nombreux colloques sur la paix et le dialogue inter religieux en Corée, Russie, Etats-Unis, Bahreïn, Belgique, Angleterre, Italie, Roumanie… Il est fondateur de Focus International Consulting et directeur de l'International Council for Diplomacy and Dialogue Eric Gozlan écrit dans plusieurs revues dont le Nouvel Observateur en France, Times of Israël en Israël et a publié dernièrement, suite à une demande du Vatican, une étude sur l’apostasie dans le Judaïsme
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