Avant le 9 avril, les enjeux du 21 février

Bloc de droite contre bloc de centre-gauche, sondages plus favorables au premier, avec un parti dominant, le Likoud, que rien ne semble pouvoir détrôner… Mais rien n’est fait.

Le sort des élections se jouera largement le 21 février, date-limite de dépôt des listes et non le 5 février lors des primaires du Likoud, ou le 11 février pour celles du Parti travailliste. S’agissant du parti au pouvoir, on sait déjà que les proches du Premier ministre (David Amsellem, Amir Ohana…) figureront en bonne position, et que d’autres, très populaires dans le parti (Oren Hazan, Miri Regev…), seront plébiscités par les militants.

Le seul suspense concernera la place de Gideon Saar, rival du Premier ministre.

Pour le Parti travailliste, les choses sont encore plus simples. Avec la petite dizaine de sièges que lui prédisent les sondages, seuls quelques députés sortants appréciés par les militants (Itzik Shmuli, Stav Shafir…) devaient pouvoir conserver leurs sièges. En tout état de cause, les manœuvres internes ne devraient guère influer sur les résultats finaux. Le sort de la consultation du 9 avril se jouera sans doute ailleurs.

Pas moins de huit petits partis, anciens ou nouveaux, pourraient ne pas franchir le seuil d’éligibilité fixé à 3,25 %. Des dirigeants aussi expérimentés qu’Avigdor Liberman (Israel Beitenou), Arié Déri (Shas), Moshé Kahlon (Koulanou) ou encore Tsipi Livni (Ha Tnoua) ne sont pas assurés de figurer dans la prochaine assemblée. Les deux premiers ont déjà déclaré que, certains de surmonter l’obstacle, ils feraient cavalier seuls. Le troisième, moins sûr de lui, pourrait finir SDF politique. La quatrième, négocie avec les partis du centre (Yesh Atid de Yaïr Lapid, Hossen LeYisrael de Benny Gantz) une alliance qui assurerait sa survie politique.

A la droite de la droite, depuis que Nafatali Benett et Ayelet Shaked ont quitté Ha Baït ha Yehoudi pour former Ha Yamin Ha Hadash (La nouvelle droite), les petits partis se réclamant du sionisme religieux cherchent à s’unir, mais rien n’est fait. Il faudra attendre le 21 février pour savoir si de ce côté de l’échiquier politique aussi, le savant balancement entre l’égo des dirigeants, les rivalités internes et les contraintes électorales se traduiront par l’unité nécessaire à la représentation de ce courant de pensée au sein de la XXIème Knesset.

Ce n’est pas le seul intérêt de ce qui se jouera le 21 février : en l’absence de regroupements nécessaires, le maintien de divisions à droite pourrait faire perdre à celle-ci plusieurs centaines de milliers de voix et la petite dizaine de sièges qui empêcheraient la formation d’une coalition … et donnerait sa chance à une opposition qui a bien besoin d’un scénario-miracle.

à propos de l'auteur
Philippe Velilla est né en 1955 à Paris. Docteur en droit, fonctionnaire à la Ville de Paris, puis au ministère français de l’Economie de 1975 à 2015, il a été détaché de 1990 à 1994 auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Il a aussi enseigné l’économie d’Israël à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 1997 à 2001, et le droit européen à La Sorbonne de 2005 à 2015. Il est de retour en Israël depuis cette date. Habitant à Yafo, il consacre son temps à l’enseignement et à l’écriture. Il est l’auteur de "Les Juifs et la droite" (Pascal, 2010), "La République et les tribus" (Buchet-Chastel, 2014), "Génération SOS Racisme" (avec Taly Jaoui, Le Bord de l’Eau, 2015), "Israël et ses conflits" (Le Bord de l’Eau, 2017). Il est régulièrement invité sur I24News, et collabore à plusieurs revues.
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