Avalanche de nouvelles sociétés à la bourse de Tel-aviv

Un écran dans le hall de la Bourse de Tel-Aviv, le 9 mars 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Un écran dans le hall de la Bourse de Tel-Aviv, le 9 mars 2020. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Près de 30 sociétés israéliennes ont déposé un » prospect » pour émettre pour la première fois au public des actions au dernier trimestre 2020. Depuis le début de l’année 2020, plus de 10 sociétés nouvelles ont été cotées à la bourse de Tel-aviv en émettant plus de 10 milliards shekalim en action.

Il faut remonter à plus de 10 ans pour retrouver de pareils chiffres. On peut s’étonner de ce phénomène, alors que la crise économique due à l’épidémie du covid 19 a provoqué une baisse des indices phares à la bourse de près de 20 pour cent depuis le début 2020.

Sociétés de qualité :

Il est d’abord très intéressant de noter que les nouvelles sociétés cotées en 2020 sont souvent des entreprises de premier plan comme Supergaz (une des trois grandes distributrice de gaz aux ménages) ou Mimoun Yashir (première société de financement pour achat de voitures) et Mispenot Israel (l’entreprise maritime d’Israël).

Dans la liste des sociétés voulant émettre au dernier trimestre 2020, on trouve des entreprises dans le domaine de l’énergie verte, des nouvelles technologies, de l’agro-alimentaire ou la très populaire chaine de produits bon marché Max-stok.

Très bonne rentabilité :

La plupart des émissions d’actions de ces nouvelles sociétés ont procuré aux investisseurs qui avaient acheté lors de l’émission une rentabilité entre 20 et 200%.

Ci-dessous 3 exemples:

Rentabilité Date émission Nom
20% Juin  Supergaz
50% aout  Mimoun yashir
200% février  Almoguim

 

En fait, comme le soulignent les analystes financiers, cette forte rentabilité est due aussi à la méthode utilisée pour l’émission des actions. En effet, jusqu’à l’année dernière, le prix de l’émission était fixée par un appel d’offres et donc souvent l’entreprise était déjà à une valeur conséquente au départ.

Maintenant, le prix est fixé par avance entre les grands investisseurs- les institutionnels -et la société émettrice, ce qui a pour conséquence des bénéfices rapides pour les investisseurs qui ont acheté à l’émission.

Un nouveau monde financier :

En fait, malgré la crise financière due au covid19, il est important de souligner que le marché financier en Israël peut jouir de fonds considérables.

1 – Chaque mois les différentes caisses de retraite reçoivent des milliards de shekalim à gérer.

2 – Les investisseurs étrangers sont à l’affût d’investissement dans des sociétés start-up israéliennes.

3 – Les épargnants israéliens n’ont pas d’alternative d’épargne sûre qui serait attrayante.

4 – Les taux d’intérêt pratiquement nuls sur les prêts accordés aux épargnants.

Conclusion :

Les indices phares de la bourse israélienne sont surtout composés de sociétés du secteur financier ou du tourisme qui sont les premières victimes de la crise actuelle. C’est pourquoi, la bourse israélienne a des performances négatives, alors que par exemple le sp 500 ou le Nasdaq battent des records historiques.

D’ailleurs récemment, certaines entreprises de haute technologie ont pris la place de certaines sociétés dans les indices phares, en particulier parce que leur valeur boursière avait dépassé les entreprises de l’ancien monde.

On peut donc estimer que l’engouement pour les nouvelles sociétés cotées fait partie d’un mouvement plus général de la bourse israélienne qui s' »americanise ».

On doit espérer que ce mouvement qui s’amplifiera aidera l’économie israélienne à trouver les fonds nécessaires pour la croissance qui surviendra après la fin de la crise économique et financière provoquée par le covid19.

à propos de l'auteur
Docteur Daniel Gugenheim a enseigné en France dans les grandes écoles de commerce comme HEC et l'ISG. Ayant effectué son alya en 1986, il enseigne à l'université Bar Ilan et fut économiste près de 30 ans à la Reshut Nyarot Erekh (Autorité des Marchés Financiers). Il a publié de nombreux articles en économie et finance en Europe et en Israël. Il est conseiller financier à Qualita où il donne une chronique hebdomadaire à la radio. Il est chroniqueur également à radio Judaica Bruxelles et est intervenant sur la chaine de télévision i24.
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