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Aujourd’hui je suis en colère

Je suis en colère oui, mais victime ça jamais, plus jamais...

Aujourd’hui je suis en colère, mais pas seulement aujourd’hui. Je sais que ma colère cache ma tristesse et mes pleurs, face à l’horrible et l’insupportable dans lesquels nous baignons depuis des années.

Nous croyions avoir franchi les limites de l’indicible mais le meurtre de sang-froid d’une enfant dormant dans son lit, une merveilleuse enfant resplendissante de lumière et de joie, dont la vie a été fauchée par un presqu’enfant, nourri depuis sa naissance par la haine et le désir de mort.

Une mère donne la vie, l’autre donne la mort et ce désir mortifère se déploie dans le monde entier détruisant toute humanité sur son passage, ce qui les amène à leur propre auto-destruction.

Mon autre colère vient d’ailleurs, mais elles sont liées l’une à l’autre par l’histoire.

La France va commémorer les 16 et 17 juillet prochain, la Rafle du Vél’ d’Hiv’ pour laquelle la France a reconnu sa responsabilité dans la déportation des Juifs à partir de son sol. Du joli nom « Opération vent Printannier » les Juifs étrangers et français hommes, femmes, enfants et bébés, furent raflés et envoyés à Auschwitz, le principal camp d’extermination.

J’ai failli en faire partie ainsi que la plus grande partie de ma famille, mais il y eut un miracle, Dieu en a décidé ainsi, et je fus sauvée.

Alors les commémorations de la France envers les Juifs morts avec force larmes et gerbes, précédées ou suivies de ses votes contre les Juifs vivants, c’est-à-dire moi et nous vivant ici en Eretz Israël, je n’en veux plus. Je ne veux plus pleurer pour Hallel et Mark avec leurs parents et leurs enfants, pas plus que je ne veux qu’on pleure sur moi 70 ans après.

Je suis en colère oui, mais victime ça jamais, plus jamais…

à propos de l'auteur
Meira est un "soldat sur le front" ! Un parcours atypique, une grande partie de sa famille a été déportée pendant la rafle du Vel d'Hiv, enfant cachée jusqu'à la fin de la guerre. Elle a vécu la majeure partie de sa vie à Paris. Meira a fait tchouva et son alyah en 1996 et elle vit toujours à Jérusalem. Elle aime le théâtre, l'art , mais surtout la vie ! Membre à Aloumim (Association israélienne des enfants cachés en France pendant la Shoah) et volontaire à l'Unifan, Meira espère que sa famille la rejoigne en Israël. En attendant, elle se bat afin de changer l'image de victime imposée à ceux qui ont vécu enfant, cette époque alors qu'au contraire c'est d'un "combat de vie" qu'il s'agit.
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