Aider l’autre, lui exprimer sa bonté et sa solidarité

Etre soi soi-même ne veut pas dire que l’on a choisi  d’être et de faire seul au monde ou de vivre dans l’égoïsme sans penser à autrui.

Mais quand celui qui se propose d’aider quelqu’un d’autre est le chef de file des traitres, ce dernier n’est pas du tout aidé.

Aider l’autre, c’est lui exprimer de la bonté et de la générosité, c’est lui manifester notre solidarité. La bonté comme le dit le philosophe Aristote, est le souverain bien de la sagesse pratique.

Il s’agit d’exprimer son humanisme et de l’humanité envers l’autre qui est aussi soi-même, notre semblable. C’est lui donner l’occasion de se relever dans la dignité autant que faire se peut si tel était son besoin, sachant que celui qui aide n’est pas forcément toujours dans l’abondance ou dans la surabondance. Il le fait sûrement par altruisme et par amour de l’autre.

Aider l’autre, c’est être sensible à ses douleurs, à sa souffrance et aux différentes épreuves auxquelles il fait face. Aider l’autre, c’est contribuer à combler le besoin pour lequel il soĺlicite ou non autrui. Aider l’autre ce n’est donc pas se servir de ses difficultés pour l’humilier, le rabaisser, et l’enfoncer plus encore dans sa misère.

Aider l’autre, c’est un sacerdoce, et cela exige de la dignité et du dévouement.

Celui qui aide l’autre ne le fait pas par naïveté. Il le fait sûrement par altruisme ou par amour de l’autre. Ce n’est pas une occasion qu’il donne à l’autre pour profiter de lui. Celui qui tend une main vers l’autre pour l’aider n’en a que deux. Cette main tendue est un signe de rapprochement. Il s’agit de faire société avec l’autre.

Il est toujours bon de choisir d’aider plutôt que de choisir l’indifférence, sachant que les besoins ne sont pas toujours d’ordre matériel. Ils peuvent concerner plusieurs autres aspects de la vie.

En voici un exemple.

Alors que j’étais un cadre financier dans mon pays d’origine qui est la Côte d’ivoire, j’avais obtenu une bourse pour étudier en Israël, par son Ambassade à Abidjan. Ce voyage en Israël va marquer et changer à jamais ma vie et renforcer mon esprit d’engagement. Je voudrais saisir cette occasion pour exprimer encore une fois de plus toute ma reconnaissance envers les Israéliens pour ce voyage qui pour moi est historique.

Les images parlant souvent plus que les paroles, je vous en propose deux des plus marquantes de ma vie.

Cette photo a été prise en 2008 au musée de la Seconde Guerre mondiale, cité de la paix à Caen (Normandie, France, après avoir visité en 2002 Yad Vashem à Jérusalem, le Musée de la Shoah.

Cité de la paix à Caen. Crédit : Paul N’dri

Et cette deuxième photo a été prise au Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, au Musée de la Shoah, lors de mon voyage en Israël. Une photo prise le 2/07/2002 à Jérusalem.

Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem. Crédit : Paul N’dri

Ces deux visites effectuées à des dates différentes et séparées de 6 ans ont un lien. Elles ont également aussi un lien avec les raisons de mon engagement en politique.

Elles nous rappellent l’une des périodes les plus atroces de l’histoire de l’humanité, si ce n’est la plus atroce. Elles nous rappellent la Seconde Guerre mondiale au cours de laquelle plus de 60 millions de personnes ont perdu la vie, avec 6 millions de Juifs exterminés parce que Juifs.

A Jérusalem, j’ai vu à Yad Vashem, les images de la Shoah, et elle m’ont parlé. J’en ai gardé un souvenir qui a marqué à jamais ma vie.

En France, lors de mon voyage à Caen en 2008, j’ai regardé au musée de la Seconde Guerre mondiale, le film portant sur l’espérance. Un film qui retrace les moments de l’après-guerre, et dans lequel les dirigeants de l’époque cherchaient des voies et moyens pour la reconstruction d’après-guerre.

Une des phrases fortes que j’ai retenue de leurs discours prononcés dans ce film, une phrase qui figure désormais dans les textes fondateurs de l’UNESCO, dit ceci : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes et des femmes, c’est dans l’esprit des hommes et des femmes que doivent être élevées les défenses de la paix » Constitution de l’UNESCO.

Ayant été moi-même dans le passé un dirigeant de plusieurs associations, et notamment de mouvements de jeunesse, j’ai toute de suite compris que j’avais ma part dans ce travail de construction et de reconstruction. J’étais désormais porteur d’un message à partager autour de moi. Ce message, c’est le message de la paix.

Au cours de cette visite de la cité de la paix à Caen, je me suis souvenu de celle de Jérusalem qui m’apportait plus de lumière sur ce qui s’est passé pendant la Seconde  Guerre mondiale. Toutes ces images exprimant les atrocités de la deuxième guerre mondiale, et conservées dans cette belle cité de la paix montraient à quel point l’être humain est capable du meilleur comme du pire. Il est capable d’aller sur la lune,  de bâtir de belles cités, et de réaliser de grandes oeuvres. Mais,  il est aussi capable de détruire des vies humaines à grande échelle sur la terre.

C’est ainsi qu’une main tendue par l’Etat d’Israël en 2002 va me permettre d’avoir un  regard nouveau sur le monde et marquer à jamais ma vie. Une vie qui va certainement influencer positivement d’autres vies durant tout le reste de son existence, à travers mes écrits et mes actions, afin de contribuer à la construction d’un monde meilleur, prospère et apaisé partout où je serai. C’est là mon souhait le plus ardent. C’est le désir qui m’anime et renforce mon esprit d’engagement.

Beaucoup a été fait pour la paix dans le monde entre les hommes et les femmes, entre les habitants de la terre.

Mais il faudra toujours poursuivre les efforts pour que la haine qui tue ne prospère pas.

L’antisémitisme qui se cache aujourd’hui sous les habits de l’antisionisme ne doit pas prospérer, il doit être combattu.

Le racisme et toutes les autres formes de discrimination, de haine et de violence qui minent et divisent nos sociétés doivent être combattus. C’est à chacun de nous de prendre sa part dans ce combat, jeunes et vieux, gouvernants et gouvernés, intellectuelles, journalistes et société civile.

En cette période de pandémie de COVID19, cette autre guerre mondiale que mène l’humanité toute entière, une guerre sanitaire face à un ennemi invisible, nous devons tous rester mobilisés afin de faire face aux conséquences multiples de cette crise inédite, tout en restant mobilisés pour faire face à tous ces autres virus minent nos sociétés, et menacent notre projet de Vivre Ensemble.

Certes, la pandémie de Coronavirus marque une rupture qui rend obsolètes certaines évolutions antérieures, mais elle devra accélérer et renforcer d’autres qui étaient déjà présentes, et ouvrir de nouveaux horizons vers une société plus inclusive. C’est ensemble, en étant solidaires les uns avec les autres, que nous arriverons à relever tous ces défis qui s’offrent à nous.

Bon courage à toutes et à tous dans ce beau voyage.

à propos de l'auteur
Diplômé de l'Ecole Supérieur de gestion de Paris et du CNAM de Paris Master en Audit et Contrôle de Gestion. Paul est aussi diplômé d'un Master en Sciences de Gestion, mention Prospective stratégique, Organisation et Management. Il a étudié l'économie de Développement à l'institut international de la Istadrut à Kfar Sava en Israël.
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