Accusation n’est pas condamnation

Le réalisateur, Roman Polanski, assistant à une conférence de presse lors du Festival du film de Jérusalem, le dimanche 9 juillet 2006. Photo de Pierre Terdjman / Flash90
Le réalisateur, Roman Polanski, assistant à une conférence de presse lors du Festival du film de Jérusalem, le dimanche 9 juillet 2006. Photo de Pierre Terdjman / Flash90

Les accusations régulièrement portées contre le réalisateur de renommée mondiale Roman Polanski relèvent de la même identité.

Une accusation n’est pas une condamnation judiciaire. Elle peut-être prouvée comme fantaisiste ou calomniatrice.

Refuser tout intérêt à l’oeuvre d’un auteur condamné est admissible. Refuser tout intérêt à l’oeuvre d’un auteur accusé est inadmissible. Les accusateurs sans preuve sont des délateurs et des diffamateurs. La diffamation est un délit.

La condamnation ancienne de Polanski doublée du pardon accordé par la plaignante n’atteste en rien la validité des accusations portées actuellement contre lui.

Les accusations contre Polanski sont diffusées et commentées par la plupart des médias, par des politiques, des artistes, comme s’il s’agissait de condamnations judiciaires.

Ces accusations sont souvent accompagnées d’appels au boycott, ce qui constitue un délit.

Il est difficile de ne pas considérer la concomitance des accusations portées contre Polanski à chacune ou presque des sorties de ses films.

Généralement, les accusateurs qui déclarent refuser de scinder l’accusé Polanski de son oeuvre sont ceux qui déclarent devoir scinder les auteurs antisémites de leurs oeuvres (Celine etc). Mansuétude affichée à l’égard des auteurs antisémites d’une part, rigueur à l’encontre d’auteurs juifs accusés d’autre part.

Rappelons que chaque justiciable peut faire l’objet d’accusations attestées ou non. Le justiciable accusé n’est pas un justiciable condamné.

Polanski accusé n’est pas Polanski condamné.

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Pierre Saba
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