A propos de l’antisionisme

Je suis antisioniste, pas antisémite

Combien de fois n’entend-t-on pas cette antienne ?

Outre le fait que cette dénégation évoque furieusement le caricatural « je ne suis pas antisémite, mais… », variante du traditionnel « je ne suis pas raciste, mais… », elle pose la question, rarement soulevée, du sens même du concept d’ « antisioniste » ou d’ « antisionisme », tant utilisé de nos jours, particulièrement pour rejeter toute accusation d’antisémitisme.

Le sionisme étant à l’origine l’idéologie qui prône l’établissement d’un Etat juif en Terre d’Israël, l’antisionisme est, par définition, celle qui refuse l’existence même de cet Etat, quels qu’en soient les contours et les modalités d’existence et quelle que soit la politique menée à l’égard des Palestiniens par son gouvernement.

Albert Camus n’a-t-il pas écrit que « mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde » ?

Que ceux qui utilisent ce véritable cache-sexe de la pensée antisémite qu’est l’ « antisionisme » assument au moins leur soutien au projet islamiste de destruction d’Israël, si bien incarné par le Hamas, mais également par le Hezbollah ou l’Iran des ayatollahs, complices actifs en Syrie de l’un des pires massacres de ces dernières décennies.

About the Author
Né le 13 novembre 1947 à Luxembourg, Maurice Einhorn est titulaire d'une Licence en Sciences Chimiques (1969) et d'un Doctorat en médecine (1976) à l’Université libre de Bruxelles. Il a collaboré régulièrement à Regards, hebdomadaire du Cercle Culturel Laïc Juif (Bruxelles) dans les années 70 et 80. Il entame une carrière dans le journalisme médical en 1984 et devient rédacteur en chef du Journal du Médecin entre 1985 et 2015. Il est le co-créateur et co-président du "Collectif Dialogue & Partage" qui promeut le dialogue judéo-arabe tout en luttant contre l’antisémitisme.
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