A gauche, ces antisémites qui vous veulent du bien
Voici 77 ans que le camp d’Auschwitz a été libéré, et nous voyons pleuvoir les tweets à cette occasion. Des centaines, des milliers de personnes commémorent, comme chaque année, de quelques mots, le début de la fin du crime le plus horrible de l’histoire, des inconnus, connus, juifs, non-juifs, droitiers ou gauchers, des célébrités, des artisans, des étudiants, des fonctionnaires, des membres du gouvernent, de l’opposition.
Mais dans cette masse humble devant l’horreur nazie, certains esprits se délectant de se distinguer, de briller en des occasions qui appellent à l’effacement de tout égo, s’éveillent malheureusement. Comme ce fut le cas de Philippe Marlière, militant politique d’extrême gauche, membre des mouvances indigénistes et l’un des principaux soutiens d’Houria Bouteldja. Cette même Houria Bouteldja, auteur du livre antisémite, homophobe, et intrinsèquement raciste « Les Blancs, les Juifs et nous ». Dans un tweet du 27 Janvier 2022, il décide alors de rendre un hommage bien particulier aux victimes de l’inhumanité nazie.
On peut remarquer clairement une volonté de minimiser le génocide juif par l’utilisation de ce terme. « Judéocide » refuse jusqu’à la notion ethnique de la Shoah, en y conservant que sa composante religieuse. Ainsi, la Shoah ne devient qu’un fait historique comme tant d’autres, un massacre inutile, horrible mais certainement pas unique qui peut être facilement comparé et voire oublié. Or, la spécificité de la Shoah n’est plus à démontrer, le système nazi, dès son prélude n’a eu de cesse de concentrer tous ses effort à l’extermination systématique et organisée du peuple juif où qu’ils soit, au sein du Reich, dans les territoires conquis comme à conquérir.
La détermination nazie dans leur volonté d’exterminer les juifs de la planète a donné des alliances hors normes (comme celle d’Hitler et du Mufti de Jérusalem), ainsi que des traques dans les confins de l’Ukraine, de la Tunisie, de France et si les Alliés n’avaient pas stoppé les forces nazies à El Alhamein, certainement dans tout l’Orient.
Au travers du terme de « judéocide », ces militants extrémistes montrent clairement leur volonté de « désethniser » la Shoah, en en faisant une affaire purement religieuse. Selon ces théoriciens, souvent proche des milieux indigénistes gangrénés par l’antisémitisme, les nazis n’auraient pas attaqué les juifs comme peuple mais comme membre d’une religion commune. Ce qui est particulièrement faux, bien que le fait d’être juif individuellement, tient du fait religieux, son attaque systématique en tant que groupe relève lui de l’ethnie. Par ailleurs sociologiquement, le peuple juif est défini comme une ethnie, étant une communauté historique partageant un sentiment d’appartenance commune, partageant des caractéristiques sociales et historiques.
Par ailleurs, ce mouvement fait écho aux voix de plus en plus nombreuses américaines, qui dans leur guerre effrénée contre les discriminations, cesse d’être honnête en classant et catégorisant la Shoah comme un génocide religieux et non pas ethnique, Ilhan Omar, membre du Congrès américain et de l’« Antisemitism Squad », ne cesse chaque année d’effacer le tenant ethnique de la Shoah et la véritable volonté des nazis de supprimer « la race juive » afin qu’elle « ne souille plus jamais le Reich ».
Ces études militantes et cette réécriture de l’histoire commence malheureusement à se diffuser dans la société française comme américaine à l’instar de Whoopi Goldberg, qui lors d’une émission déclare que la Shoah n’est pas une affaire de racisme mais de religion entre deux catégories d’une même ethnie, à savoir les blancs.
Sans compter qu’à la demande de l’AJC, l’IFOP a réalisé un sondage sur l’état de l’antisémitisme en France et dont les chiffres montrent sans détour, un antisémitisme à la peau dure, de tels propos ne peuvent pas nous laisser indifférent. Selon ce même sondage, les poncifs antisémites, d’un juif puissant, contrôlant médias, magnat financier et tenant les politique dans le creux de sa main restent prégnants spécifiquement dans les milieux d’extrême gauche et d’extrême droite.
Néanmoins le traitement de cet antisémitisme reste asymétrique. L’extrême droite reste régulièrement désignée pour toutes ses sorties antisémites, et à raison, tandis que l’extrême gauche garde encore un certain traitement de faveur ou une certaine indulgence par certaines personnalités considérant que la gauche de l‘échiquier politique comme le camp du « Bien ».
Il est temps, et je ne suis pas le premier à l’exprimer, de se lever contre cet antisémitisme. Malheureusement, alors que le combat contre l’antisémitisme d’extrême droite mobilise au-delà de la communauté juive (bien heureusement), ce même combat, tourné vers l’extrême gauche lui, n’éveille que les consciences de mes coreligionnaires. D’ailleurs, quand ces mêmes juifs, souvent à gauche, osent s’attaquer au cœur du problème et dénoncent cette haine crasse du juif, les voilà l’objet de raids sur les réseaux sociaux d’une rare violence.
Faut-il rappeler aux Marrière, Bouteldja, Omar, Goldberg et tant d’autres que les juifs, n’ont eu de répit sous aucune occupation ? Faut-il rappeler que les Ottomans comme les Croisades ont mis en place des pogrom aléatoires ? Faut-il rappeler que soit les juifs d’Europe, d’Orient ou même d’Afrique ont été de tout temps spoilé, annihiler, supprimé par les pouvoirs en place, qu’ils soient blanc, noir, musulmans, chretien, orthodoxe, païen, athée ? Parce que le juif, bien qu’individuellement rattaché à la religion, n’existe au travers des antisémites que par un peuple défini et séparé de l’humanité.
Il est plus que temps que les consciences s’éveillent et que des mouvements se lèvent partout pour dénoncer cet antisémitisme profond qui gît tranquillement dans les mouvements d’extrême gauche. Il est temps que tous traquent, comme pour l’extrême droite, cette haine du juif qui s’est docilement installée dans cette frange politique. Il est temps que l’indulgence faites à ces quelques mouvances haineuses, racistes, antisémites, cessent et ce dès à présent.
En laissant à ces antisémites le monopole de la morale dans ces milieux, l’antisémitisme devient une norme que l’on déguise sous des théories fumeuses. Théories qui plaisent à des masses robotisées et gourouisé au travers des discours de responsable politique parfaitement conscients de l’utilisation qu’ils en font afin d’apaiser leur appétit électoral.
Mais encore une fois, le sacrifice de quelques points dans les sondages reste le juif. Bouc émissaire millénaire, dont la voix a bien souvent été étouffée, tue, ne cessera, désormais, jamais de retentir pour se défendre.

