À 78 ans, l’économie israélienne fait de la résistance malgré les laissés-pour-compte
L’économie d’Israël a résisté mieux que prévu à une guerre exceptionnelle par sa durée, son ampleur et son intensité. Cette solidité dans un contexte difficile s’explique par des atouts qui lui permettent de résister aux chocs extérieurs puis de redémarrer rapidement lorsque la situation géopolitique s’améliore.
Le modèle israélien d’économie de guerre a fait ses preuves. Israël célèbre son 78e anniversaire alors que la stabilité de son économie n’est plus à démontrer.
Après le ralentissement de 2024 (qui a connu une progression du PIB de 1%), la croissance se redresse, passant de 2,9% en 2025 à 3,8% en 2026 ; quant au shekel, il s’est apprécié de près de 20 % au cours des douze derniers mois.
Durant l’année écoulée, la puissance économique d’Israël a atteint de nouveaux sommets ; en 2025, le PIB israélien a franchi la barre symbolique des deux mille milliards de shekels, soit environ 660 milliards de dollars ou 66 000 dollars pour chacun des dix millions d’Israéliens.
Autrement dit, l’économie d’Israël se porte plutôt bien pour son jour anniversaire, même si certaines activités tournent au ralenti. De nombreux atouts sont à l’origine de cette situation exceptionnelle où une économie tient le coup malgré la guerre.
Des atouts exceptionnels
Plusieurs facteurs expliquent la bonne tenue de l’économie israélienne au cours sa soixante-dix-huitième année. En fait, Israël n’a pas perdu ses atouts d’avant-guerre, au contraire : certains se sont renforcés, d’autres se sont stabilisés.
- les hautes technologies restent un secteur dynamique qui attire les investisseurs étrangers, contribue pour un cinquième du PIB israélien et totalise les deux tiers des exportations ;
- les industries militaires ont engrangé des commandes massives de pays étrangers, atteignant des niveaux historiques ;
- l’exploitation du gaz naturel a réduit la dépendance énergétique d’Israël en lui fournissant 45 % de ses besoins énergétiques, tout en devenant le principal fournisseur énergétique de l’Égypte et de la Jordanie.
- le système bancaire stable a renforcé la confiance des investisseurs tout en renforçant la valeur du shekel qui est aussi soutenue par un taux d’intérêt élevé.
Après deux ans et demi de guerre, la remarquable tenue de l’économie israélienne confirme que le pays a de bons atouts pour son avenir, notamment parce qu’il reste innovant et attractif pour les investisseurs étrangers.
Le coût de la résilience
L’économie israélienne fait preuve d’une exceptionnelle résilience mais qui reste fragile. En fait, le coût économique de la guerre se fait ressentir lourdement sur beaucoup Israéliens, et en particulier sur les plus fragiles.
Le Rapport 2025 de la Banque d’Israël indique que le coût global de deux années et demie de guerre s’élève à 352 milliards de shekels (100 milliards d’euros) ; ce chiffre colossal englobe les dépenses militaires comme les dépenses civiles d’indemnisations et réparations.
Autrement dit, chaque Israélien a consacré 35 000 shekels de son revenu (10 000 euros) pour financer l’impact de la guerre depuis le 7 octobre 2023.
Pour financer ce coût gigantesque, le citoyen israélien a versé une double contribution :
- il a payé davantage d’impôts (notamment TVA et cotisation sociales) ;
- il a bénéficié de moins de services publics (éducation, santé, transports, etc.)
Autrement dit, si les indicateurs économiques d’Israël sont bons, il ne s’agit que de moyennes ; toutes les catégories de population ne profitent pas également des fruits de ce succès, certaines payant un prix plus élevé que d’autres pour faire face aux coûts de la guerre.
Laissés-pour-compte
La bonne tenue de l’économie israélienne n’empêche pas que la guerre a créé de nombreux « laissés-pour-compte » : au cours de la dernière année, beaucoup d’Israéliens se sont appauvris parce que marginalisés, déplacés ou inactifs pour cause de conflit :
- 61 000 entreprises ont fermé leurs portes en 2025, contre 37 500 ouvertures ; selon l’agence de conseil CofaceBDi, le pays fait face à un nombre record de fermetures d’entreprises avec une diminution nette de 23 400 entreprises dans l’économie.
- 300 000 salariés n’ont pas pu travailler durant la première semaine de guerre avec l’Iran, mais ils ne toucheront aucune indemnité car ils ne remplissent pas les conditions du droit aux allocations pour congé sans solde (qui exigent un minimum de 10 jours d’affilé sans emploi).
- 2 millions d’Israéliens vivent dans la précarité et l’insuffisance alimentaire ; selon la Caisse d’Assurance Nationale, la pauvreté s’est aggravée en 2025 pour toucher 21% de la population.
- 6 300 Israéliens ont été contraints d’évacuer leur logement suite à des impacts de missiles durant l’opération Rugissement du Lion, déclenchée 28 février dernier ; ils passeront la fête de l’Indépendance dans un hôtel d’accueil ou chez leur famille.
Le conflit en cours au Moyen-Orient met à l’épreuve la résilience de l’économie israélienne, avec notamment un coût humain et économique qui pèse lourdement sur les perspectives de croissance.
Un conflit qui, selon le World Happiness Report 2026, n’empêche pas Israël de se classer au 8eme rang des pays les plus heureux du monde. Bon anniversaire !

