3ème élection, c’est décidé, alors anticipons !

Le président du parti bleu et blanc Benny Gantz assistant à une réunion de faction à Tel Aviv le 12 décembre 2019. Photo de Flash90
Le président du parti bleu et blanc Benny Gantz assistant à une réunion de faction à Tel Aviv le 12 décembre 2019. Photo de Flash90

Tous les sondages sont en accord sur un point, aucun des partis ou des coalitions respectives n’aura la majorité pour former un groupe suffisant à la Knesset pour gouverner le pays.

Alors pour ne pas envisager d’ores et déjà une 4ème élection, il serait honnête et judicieux que les Israéliens puissent cette fois-ci, pouvoir voter en toute connaissance, pour ne pas que leur vote soit encore une fois sans effet.

Pour cela, puisqu’à priori personne ne veut changer le mode de sélection, ni du Premier ministre ni des députés, je préconise que M.Gantz, qui est l’adversaire N°1 du bloc de droite, fasse une déclaration devant le peuple israélien avant le 26 décembre, jour d’élection du Président du Likud, sur ses intentions si, comme aux dernières élections de septembre, son bloc composé de trois petits partis politiques arrivait en tête avec 33 députés face au Likud avec 32 mais, second avec une coalition de 44 face au bloc de droite avec 55.

C’est simple, voici les deux questions essentielles, de mon point de vue, auxquelles il devrait répondre pour la clarté du débat :

1- Si la coalition Kahol Lavan avec ses 33 ou 44 Députés sans l’appoint des partis arabes, n’obtenait pas la majorité absolue de 61 députés, il formerait ou non, une union avec le bloc de droite, celui qui avait eu 55 députés en septembre, même si c’était M.Netanyahu qui en était à la tête, et accepterait-il d’être second dans une rotation en attendant que M.Netanyahu puisse répondre devant la justice des accusations portées contre lui, dans les deux années suivantes.

2- En prenant les mêmes bases que j’ai énoncées dans la question N°1, M.Gantz accepterait-il ou non de former une union entre les deux blocs, Kahol Lavan + coalition de droite si c’était Gideon Saar qui était élu président du Likud le 26 décembre prochain et qu’il pouvait se prévaloir d’un groupe de 55 députés, mettant M.Saar en position d’être désigné comme Premier ministre pour 4 ans comme le prévoit la Loi, avec l’appoint minoritaire, des députés de Kahol-Lavan.

Dans les démocraties parlementaires comme par exemple en Allemagne, c’est le chef de la coalition la plus importante qui obtient la gouvernance du pays, jusqu’aux élections suivantes, tant que celle-ci ne perdait pas la majorité ! Et cela peut durer aussi longtemps que la coalition est majoritaire, voyez Madame Merkel, cela fait bien plus de dix ans qu’elle est Chancelière d’Allemagne sans discontinuer, personne que je sache n’a accusé ce grand pays d’être une Dictature…

Si M.Gantz ne répond pas à ces deux questions honnêtement et clairement, je ne vois pas à quoi servirait de faire campagne pour qu’un autre Député du Likud, M.Saar en l’occurrence, prenne la place de M.Netanyahu puisque nous nous retrouverions dans la même situation de blocage que nous supportons depuis près d’un an !

Les cartes sont entre les mains de M.Gantz, je ne fais pas état de M.Liberman à dessein, c’est lui qui a été responsable des deux scrutins avortés, pour moi, il ne devrait plus faire partie du débat politique national, il faudrait qu’il se tourne vers la Présidence d’une Association communautaire russophone, même s’il obtient quelques sièges avec son Parti et essayer au sein de cette association, de défendre au mieux l’interêt de cette population, l’intérêt du pays ne l’intéressant pas au premier chef, c’est le moins que l’on puisse dire…

à propos de l'auteur
Dans son blog, Serge parlera du conflit israélo-arabe, de relations internationales, et d'Israël face aux medias dans le monde
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