2022 sera l’année des fruits et légumes en Israël

© Stocklib / Aleksandar Mijatovic
© Stocklib / Aleksandar Mijatovic

Peu de citoyens du monde savent que l’ONU avait proclamé 2021, Année internationale des fruits et des légumes.

Si la nouvelle est passée inaperçue pour la majorité des Israéliens, ceux-ci n’ont rien perdu à attendre : même sans déclaration officielle, 2022 pourrait bel et bien être l’année des fruits et légumes en Israël.

En donnant la priorité à une réforme de l’agriculture, le gouvernement de Naftali Bennett a décidé de s’attaquer au défi majeur auquel est confronté le consommateur israélien : la cherté des fruits et légumes.

Edifier un monde plus sain

Lorsque l’ONU a déclaré 2021 Année internationale des fruits et légumes, l’objectif principal était de « revoir nos systèmes alimentaires pour édifier un monde plus sain », tout en réduisant le gaspillage alimentaire.

En Israël de 2022, il n’est pas nécessaire de convaincre les Israéliens des effets bénéfiques de la consommation de fruits et légumes ; beaucoup d’entre eux commencent leur journée en mangeant une tomate au petit déjeuner.

En revanche, il est indispensable de rendre les produits de l’agriculture accessibles à tous, de bonne qualité et à un prix raisonnable.

Or en Israël, le zigzag des prix a fini par agacer le consommateur israélien ; dans un pays considéré comme un gros producteur de produits agricoles et laitiers, la valse des étiquettes reste souvent injustifiée.

Prendre le taureau par les cornes

En 2022, l’Israélien en a vraiment marre d’être l’otage des monopoles, producteurs et distributeurs, qui fixent les prix à leur guise, créant parfois une pénurie artificielle pour relever les étiquettes.

Le gouvernement israélien a donc décidé de prendre le taureau par les cornes ; il lance une réforme de l’agriculture qui va, notamment, se traduire par une baisse des droits de douane sur les fruits et légumes importés de l’étranger.

Il était temps : l’ouverture à la concurrence étrangère finira par abaisser le prix que le consommateur paye au supermarché pour ses fruits et légumes favoris.

En abaissant les droits de douane et quotas qui pèsent sur les fruits, légumes et produits laitiers, le gouvernement entend faire profiter le consommateur d’une baisse des prix rapide et significative.

Parmi les produits qui vont en bénéficier, figurent les végétaux préférés des Israéliens : avocats, tomates, artichauds, champignons, pommes, poires, ananas, cerises, etc.

Indemniser les agriculteurs

Certes, la réforme de l’agriculture prendra du temps : elle sera étalée sur 5 ans pour permettre aux agriculteurs de s’adapter aux nouvelles conditions du marché, notamment à la concurrence étrangère.

En contrepartie, les agriculteurs israéliens recevront des subventions directes de l’Etat, mécanisme pratiqué dans la plupart des pays occidentaux pour soutenir la production locale.

Le ministère israélien de l’Agriculture promet que dans le courant de 2022, le consommateur commencera à bénéficier d’une baisse des prix et d’un choix plus large des produits sur les étalages des marchés.

Avec une année de retard sur l’ONU, 2022 pourrait bien être l’année israélienne des fruits et légumes.

à propos de l'auteur
Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem où il est installé depuis 1983. Il possède un doctorat en sciences économiques de l’Université de Paris. Il a enseigné l’économie à l’Institut supérieur de Technologie de Jérusalem de 1994 à 1998 et à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 2002 à 2005. Aujourd'hui, il enseigne l'économie d’Israël au Collège universitaire de Netanya. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à Israël et aux relations israélo-palestiniennes. Il est notamment l’auteur de "Les Arabes d’Israël" (Autrement, 2008), "Israël-Palestine : demain, deux Etats partenaires ?" (Armand Colin, 2012), "Les Israéliens, hypercréatifs !" (avec Mati Ben-Avraham, Ateliers Henry Dougier, 2015) et "Israël, mode d’emploi" (Editions Plein Jour, 2018). Régulièrement, il commente l’actualité économique au Proche-Orient dans les médias français et israéliens.
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