15 ans déjà en Israël, oy vavoy

La porte de Damas à Jérusalem, le dimanche 2 juin 2019, à l'occasion du "Jour de Jérusalem", fête israélienne célébrant la prise de la vieille ville lors de la guerre des Six Jours. (AP Photo / Ariel Schalit)
La porte de Damas à Jérusalem, le dimanche 2 juin 2019, à l'occasion du "Jour de Jérusalem", fête israélienne célébrant la prise de la vieille ville lors de la guerre des Six Jours. (AP Photo / Ariel Schalit)

Dur à le croire. Difficile à admettre. Tant d’années se sont écoulées. Avec tant de facilité, de fluidité, c’est déconcertant.

Je me souviens comme hier du jour où une connaissance fêtait ses dix ans au pays. J’étais encore soldat, un bleu, ou plutôt un vert, tout jeune. Elle me dit « tu verras, tu y arriveras plus vite qu’il n’en faut pour l’imaginer ». Et voilà que 15 années sont passées. Sans que je ne m’en rende compte, ou presque.

En Israël, le temps ne passe pas, il fuse. Nous sommes en permanence sur le qui vive, le rythme est intense. La vie bat son plein. Am Israël haï.

Et voilà que 15 années sont passées.

Tout est allé si vite, il m’est à peine possible de prendre la mesure du changement. Pourtant, il faut reconnaitre qu’il y en a eu du changement.

Car pour faire sa vie en Israël, il faut changer. Changer de langue, changer de climat, changer de tempérament, changer d’habitudes culinaires, changer de culture, changer de chemise, deux fois par jour.

Faire sa vie en Israël, c’est découvrir un nouveau soi. Dévoiler une meilleure version de nous même.

Israël reste le pays où tout est possible… pour les juifs. Un juif peut arriver ici, après des années de prison identitaire sur le vieux continent, se sentir libre comme l’air, d’oser enfin porter la kipa, de se connecter à son judaïsme. Un autre, arrivera remplis d’idéaux et de spiritualité, très vite laissera les vagues de Tel Aviv éclabousser ses rêveries ayant ainsi raison de sa kipa. Décomplexé, il se connectera à son « israélisme ».

C’est une identité richissime, aux multiples facettes avec autant de possibilités de vivre ici libre, de s’affirmer, de s’afficher. De s’affranchir.

Ici tu peux être surfeur, ingénieur, soldat, judoka, bijoutier, vendeur de jus et de contrat par téléphone tout en étant juif.  En Europe, tu es d’abord juif. Ou alors tu le caches et tu te consumes de l’intérieur.

Le fait d’être juif parmi nos frères, nous donne un sentiment de puissance, de jouissance, de justice, nous ne sommes plus minoritaire. Nous sommes comme tout le monde.

Sur un terrain propice comme celui-ci, j’ai eu le privilège de me ressourcer dans nos textes anciens, de déceler de racines profondes, de révéler un puits d’amour qui se trouvait sous mes pieds. Il n’y a qu’en Israël, qu’une techouva authentique peut être vécue.

Alors continuons à changer, à évoluer en déchiffrant les codes de cette identité israélienne extraordinaire, et ne tombons pas dans le panneau du communautarisme. Nous ne sommes plus des français ou des belges, nous sommes comme tout le monde ici, des israéliens.

Ah qu’il est bon d’être à la maison. Je re-signe pour 15 ans et même plus, ad 120.

à propos de l'auteur
A l'age de 19 ans, David décide de quitter la Belgique pour venir s'installer en Israël. Après avoir servi l'armée, dans la brigade des parachutistes, il commence ses études au centre interdiciplinaire d'Herzlya (IDC) et y termine avec une maitrise en sciences politiques. Il a également étudié pendant deux ans, les arts de la scène au seminar hakiboutzim. Il travaille aujourd'hui avec la jeunesse israélienne dans différents programmes éducatifs dans le but de contribuer à la construction et l'amélioration de cette jeune société.
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