100 assassinats dans la communauté arabe

Le seuil a été franchi pendant le premier week-end d’octobre : un nouvel assassinat, le centième depuis le début de l’année, a frappé la communauté arabe. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il ne cesse de prendre de l’ampleur et s’accélère.
Aux dires des Arabes israéliens et de leurs dirigeants, la délinquance est devenue le problème numéro un dans leurs villes et leurs villages. Il y a les traditionnels crimes d’honneur, vengeances familiales et luttes de clans. Il y a aussi de plus en plus de guerres de gangs pour le contrôle d’un trafic, d’un quartier. Des pratiques typiquement mafieuses comme la « protection » contre rançon se sont également développées.
Pour lutter efficacement contre la délinquance, il faut des forces de police conséquentes et un soutien de la population à leur action. Sur le premier point, le nouveau gouvernement a engagé un plan de recrutement important. Mais il faudra du temps et cela ne suffit pas. La méfiance règne dans les rapports entre la police et la population arabe.
Selon un récent sondage, seulement 16% des Arabes israéliens faisaient confiance à la police. Pire encore, des agents d’une milice privée liée à la municipalité de Kfar Kassem ont agressé des policiers qui tentaient de procéder à une arrestation à l’intérieur de l’hôtel de ville. L’agression a été condamnée par les autorités, mais elle souligne la défiance d’une partie de l’establishment arabe vis-à-vis des forces de l’ordre.
La lutte contre la délinquance est l’un des points forts du plan quinquennal doté de 30 milliards de shekels pour améliorer la situation de la population arabe. Un comité interministériel présidé par le Premier ministre a même été créé sur ce problème spécifique. Yoav Segalovitch, ministre-adjoint de la sécurité publique, lui-même ancien policier et spécialiste de la délinquance économique, coordonnera les opérations.
Le comité aura d’importantes décisions à prendre : s’en tenir aux moyens classiques de la police tout en les renforçant, ou franchir un degré supplémentaire en impliquant le Service de sécurité générale (le fameux Shabak). Celui-ci pourrait plus facilement remonter les filières, la détention d’armes illégales (des dizaines de milliers au moins)…
Le Shabak a fait la démonstration de son efficacité lors du suivi des personnes contaminées pendant la pandémie. Mais cette action a été critiquée pour les immixtions qu’elle implique dans la vie privée des citoyens.
Nul doute qu’une polémique du même type interviendrait si la lutte contre la délinquance dans la société arabe conduisait à mettre en place de tels dispositifs.
