הביתה — À la maison

Alon Nimrodi, père de l'otage israélien Tamir Nimrodi, 19 ans, détenu à Gaza depuis les attaques du 7 octobre par des militants du Hamas, assiste à une conférence de presse le 8 avril 2024 à Rome. (Crédit Alberto Pizzoli / AFP)
Alon Nimrodi, père de l'otage israélien Tamir Nimrodi, 19 ans, détenu à Gaza depuis les attaques du 7 octobre par des militants du Hamas, assiste à une conférence de presse le 8 avril 2024 à Rome. (Crédit Alberto Pizzoli / AFP)

Israël retrouve ses enfants : un peuple uni dans la douleur, la foi et la lumière. 

Article écrit par Olivier Amram* pour l’association NETSAH.

Il reste, au 25 octobre 2025, 13 corps d’otages à Gaza.

 

Tel-Aviv, place des Otages.

11 octobre au soir, Israël tout entier s’est arrêté. Une marée humaine – plus de cent vingt mille personnes, peut-être cent cinquante – a envahi la place. Des drapeaux, des bougies, des portraits. Des chants, des larmes, des prières. Un peuple debout, suspendu à une annonce que tout le pays attendait depuis deux ans : les otages allaient rentrer.

On disait que l’accord était scellé. Que dans les soixante-douze heures, les vingt otages encore vivants sortiraient enfin de l’enfer. Que les vingt-huit corps des disparus seraient rendus. Et qu’après deux ans d’angoisse, d’attente et de douleur, Israël retrouverait ses enfants – vivants ou morts – mais enfin à la maison.

Le souffle d’un peuple en prière

Sur la scène, deux hommes : Steve Witkoff et Jared Kushner. Devant eux, une foule compacte, silencieuse, unie comme rarement. Et soudain, leurs voix, chargées d’émotion, de foi, de promesse. « Israël n’abandonne jamais les siens », dit Witkoff, la voix étranglée :

Même au fond des tunnels, même au milieu des bourreaux, la lumière du peuple d’Israël ne s’éteint pas.

Et Kushner, grave, presque prophétique :

Ce peuple a marché dans les ténèbres, mais il n’a pas renoncé à sa foi. – הביתה – Le monde entier verra ce que signifie rentrer à la maison.

Alors la foule éclate. Des pleurs, des chants, des bras levés vers le ciel. Ce soir-là, ce n’était pas seulement un pays qui espérait, c’était une nation éternelle qui se souvenait qu’elle n’avait jamais cédé.

Souccot : de la captivité à la délivrance

Et le symbole bouleversait tous les cœurs : les otages avaient été capturés pendant Souccot, la fête de la fragilité, de la cabane ouverte au vent mais protégée par la foi. Et ils revenaient le jour même de Souccot. Comme si le ciel voulait refermer le cycle. Comme si Dieu Lui-même disait à Son peuple : « Je t’ai accompagné dans ta cabane, Je t’ai attendu dans ton exil et te voici revenu chez toi ».

Dans la foule, on récitait les Psaumes. Les familles d’otages priaient à voix basse. Des enfants tenaient des pancartes : Am Israël Haï – le peuple d’Israël est vivant. Et chacun sentait que ce moment appartenait à l’Histoire.

Les noms, les visages, la lumière retrouvée

L’ex-otage Avinatan Or retrouve sa petite amie et elle-même ex-otage, Noa Argamani, peu de temps après sa libération le 13 octobre 2025. (Tsahal)

Quelques jours plus tard, ils sont rentrés. Amaigris, tremblants, parfois incapables de parler, mais vivants.

Noa Argamani, symbole du 7 octobre, avait été libérée quelques mois plus tôt, en juin 2024. Son compagnon, Avinatan Or, vient seulement de retrouver la liberté, deux ans après leur enlèvement.

Leurs deux destins, brisés par la haine, se rejoignent enfin dans la lumière du retour. Noa, jeune étudiante de Tel-Aviv, récitait chaque nuit le Shema Israël, même quand on la frappait : « Ils voulaient que je prononce la shahada. J’ai fermé les yeux et j’ai dit : Adonaï Ehad – Dieu est Un ».

Evyatar David, soldat de 23 ans :

Je savais que mes parents priaient. Je les sentais. Ce lien invisible, c’est lui qui m’a tenu.

Ziv et Gali Berman, jumeaux du festival Nova :

Les otages libérés Ziv (à gauche) et Gali Berman, qui ont été libérés après avoir été retenus captifs par le Hamas, portent les maillots de leur équipe de football préférée, le Maccabi Tel Aviv. (Crédit : Réseaux sociaux/utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

On priait en silence pour ne pas devenir des ombres. Ils ont voulu nous effacer, mais nous avons gardé nos noms, nos mots, notre foi.

Maxim Herkin : « J’ai promis à Dieu que si je survivais, je mettrais les tefillin chaque matin. Ce vœu, je le tiendrai jusqu’à la fin.  »

L’ex-otage Omri Miran retrouve sa femme Lishay Miran-Lavi après plus de deux ans en captivité aux mains du Hamas, à la base de Reim, le 13 octobre 2025 (Armée israélienne)

Tous ont parlé de la foi. De cette lumière intérieure qu’aucun enfer n’a pu éteindre. De ces prières chuchotées dans le noir, de cette force de ne pas haïr.

Ils ont raconté les humiliations, les tentatives de conversion, la faim, la peur – mais aussi le courage de rester des êtres humains. Israël les a écoutés, en silence, les yeux baignés de larmes. Mais c’étaient, pour la première fois depuis longtemps, des larmes de lumière.

Et puis, il y a eu Tamir, le fils d’Alon Nimrodi. Lui n’est pas revenu vivant. Mais il est rentré à la maison.

Quand son corps a été rendu, le 17 octobre, Israël tout entier s’est arrêté. Des milliers de personnes ont accompagné le cortège. Les rues de Kfar Saba étaient couvertes de ses portraits, les balcons de drapeaux, les trottoirs de bougies. C’était tout un pays qui marchait derrière lui.

À l’enterrement, son père, Alon Nimrodi, a récité le Kaddish d’une voix tremblante, mais droite :

Mon fils, tu es rentré. Tu es à la maison. Nous ne t’oublierons jamais.

Les chants ont suivi : Ani Maamin, Hatikva. Des milliers de voix à l’unisson. On ne pleurait pas seulement un enfant tombé. On pleurait le prix de la liberté et la grandeur d’un peuple qui transforme le deuil en promesse.

La foi plus forte que la nuit et l’engagement de NETSAH notre association. Ces deux années ont forgé l’âme d’Israël. Elles ont révélé ce que signifie être Juif : ne jamais cesser de croire, même quand tout s’effondre ; ne jamais abandonner, même dans la nuit la plus noire ; ne jamais renoncer à prier, même quand Dieu semble se taire.

Matan Angrest avec le Président Herzog, et son père. (Capture d’écran / Facebook du président Herzog)

Mais dans cette traversée du feu, il y a eu aussi la main tendue de ceux qui n’ont jamais cessé d’agir. Parmi eux, l’association NETSAH, fondée par le Docteur Bruno Lellouche, qui depuis le 7 octobre œuvre sans relâche pour soutenir les soldats, les familles d’otages, les orphelins et les blessés.

NETSAH, c’est le visage de la solidarité juive dans toute sa beauté : une fraternité qui agit, console, reconstruit. L’association a permis à de nombreuses familles d’otages de venir en France, à Nice et à Cannes, rencontrer les maires et les communautés. Elle a créé des ponts entre Israël et la France, organisé des voyages pour les enfants traumatisés, apporté de l’amour, du réconfort, du soutien matériel et moral. Dans chaque action, une seule conviction : rendre la vie plus forte que la peur.

C’est aussi cela, la victoire d’Israël : le courage d’aimer encore. La blessure ouverte et la leçon spirituelle. Mais il faut le dire avec lucidité : ils ne sont pas tous rentrés.

Certains vivants, d’autres morts. Et parmi eux, vingt-huit corps que le Hamas n’a pas encore rendu complètement sans pudeur, sans humanité – comme on rend des ombres. Et peut-on, après tant de mensonges, de barbarie, de promesses trahies, faire confiance au Hamas ?

Non. Mais ce n’est pas là la question essentielle. La vraie question, c’est : qu’allons-nous faire de cette douleur ? Car la vengeance ne rend pas la vie. Mais la mémoire, la prière, la justice font renaître la dignité. Et la foi, malgré tout, reste notre arme la plus haute.

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière.

Cette lumière, c’est celle des survivants. C’est celle de Tamir Nimrodi. C’est celle d’un peuple qui, même brisé, refuse d’oublier qu’il est porteur d’alliance.

Car Israël n’est pas seulement une nation : c’est un serment entre Dieu et la vie, la force d’Israël

Aujourd’hui, Israël pleure – mais Israël se relève. Les familles se rassemblent, les prières continuent, les chants reprennent. Et dans chaque maison, chaque synagogue, chaque cœur, résonne une seule phrase : « Ils sont rentrés à la maison ». Ce n’est pas une victoire militaire. C’est une victoire de l’esprit. Une victoire de la fidélité sur la peur, de la vie sur la mort.

Et tant qu’il y aura un Juif pour dire Shema Israël, tant qu’un père comme Alon Nimrodi récitera le Kaddish sans renier sa foi, tant qu’un survivant remerciera Dieu malgré la douleur, Israël restera invincible.

Parce que la force d’Israël n’est pas dans le fer, mais dans la foi. Pas dans la vengeance, mais dans la mémoire. Pas dans le cri, mais dans la prière. Et ce jour-là, quand les otages ont franchi la frontière, quand les morts ont retrouvé leur terre, le peuple tout entier a murmuré : À la maison – הביתה. Un mot simple, mais qui contient toute l’histoire d’Israël : la douleur, la fidélité, la foi et l’éternité. נצח.

* Olivier Amram est membre actif de l’association NETSAH. Entrepreneur il participe et milite avec NETSAH.

à propos de l'auteur
Médecin chirurgien ORL à Nice puis à Paris et maintenant à Tel Aviv. Militant depuis toujours nous avons créé après le pogrom du 7 octobre NETSAH qui veut dire éternité pour aider en Israël auprès des familles défavorisées et des sauveteurs. Notre but est bien sûr bénévole et nous levons des fonds pour accomplir nos actions. Aidez nous. www.netsah1948.com WhatsApp +33603528888 @netsah1948 sur Instagram
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