L’éviction d’Eric Zemmour de iTélé fait parler, même beaucoup parler, ce qui ne surprend pas. Le polémiste fait polémique, c’est un peu sa fonction. On pourrait donc dire:  » circulez y’a rien à voir ». On lui reproche, cette fois-ci, ses mots sur une « déportation » des musulmans.

Zemmour s’en défend, il n’a pas prononcé ce mot, le journaliste italien qui l’a interviewé aurait extrapolé ou interprété. Il n’en demeure pas moins que Zemmour fait l’objet d’un jugement sur l’ensemble de son œuvre.

On ne peut oublier que récemment, sous-couvert de la crédibilité de l’historien Robert Paxton et du rabbin Alain Michel, Zemmour affirmait que Vichy avait protégé les Juifs français. Les deux intellectuels pris comme cautions se sont insurgés contre le polémiste, le renvoyant à ses thèses qu’ils ne sauraient partager.

iTélé a donc cessé sa collaboration avec Zemmour. Pour autant, sa visibilité dans les médias demeure intacte dans Le Figaro ou sur RTL, sans compter sur la large audience que lui assure la promotion de son dernier livre « Le suicide français » écoulé à 400.000 exemplaires, et ce n’est pas fini!

Pourtant l’éviction d’iTélé est peut être annonciatrice d’autres. Le patron de RTL Christopher Baldelli, son premier employeur, le plus visible en tous cas, jugeait bon de déclarer ceci : « Zemmour est un intellectuel, sûrement pas un homme politique, et de moins en moins un journaliste ».

Eh oui! Le problème Zemmour est certainement celui-ci : sa carte de presse le présente comme un journaliste, profession qui lui sert de prétexte pour communiquer.

Baldelli qui connaît bien, même très bien, Zemmour est probablement celui qui voit le plus juste. Ceux qui crient à la liberté d’expression auraient raison de le faire pour un intellectuel mais pas pour un journaliste dont ce n’est ni le métier ni la fonction.

Observons au passage que les premiers soutiens de Zemmour après son éviction ont été le Front National dans son ensemble, Jean-Luc Mélenchon ou encore Tariq Ramadan.

C’est ce que l’on appelle « le baiser de la mort ».

Zemmour serait inspiré de prendre sa liberté en renonçant à sa carrière journalistique pour épouser celle d’intellectuel et d’écrivain.