Tout d’abord, mettons les choses au clair : Yom Kippour, le jour du pardon n’existe pas. Selon la sagesse de la Kabbale, chacun de nous doit le créer intérieurement et c’est à cette seule condition qu’il pourra être réellement accompli.

La Kabbale explique qu’en dépit du fait que Yom Kippour soit la fête la plus solennelle du calendrier juif, elle fait, en réalité, référence à la correction que tout individu doit faire. Comment mettre en œuvre cette évolution interne ? Tout d’abord en faisant un examen de conscience, en évaluant nos désirs et intentions égoïstes en ce qui a trait à autrui. Bien que je déplore ma condition qui me cause des souffrances, déception et bien d’autres maux, et que je désire de tout mon cœur et de toute mon âme m’en détacher, ne pouvant plus la supporter, je ne peux le faire seul, car c’est totalement contre ma nature. À ce stade de mon repentir, je supplie le Créateur de m’aider, de me corriger. Ce cheminement intérieur est l’essence même de Yom Kippour.

Ce jour ressemble à l’histoire de Jonas qui est unique parce qu’elle parle d’un prophète qui a d’abord essayé de se dérober à sa mission, mais qui s’est finalement repenti. Une autre particularité de l’histoire de Jonas est que sa mission n’était pas de faire des remontrances au peuple d’Israël, mais de sauver la ville de Ninive, dont les habitants n’étaient pas juifs. Compte tenu de l’état précaire du monde actuel, nous devrions étudier cette histoire et en apprécier la signification pour chacun de nous.

Comme Jonas, nous refusons d’assumer la mission d’être la lumière des nations, nous préférons faire l’autruche, c’est bien plus facile. La course aux richesses, aux développements technologiques et scientifiques nous a encore plus tentées et en contrepartie, au lieu d’être remercié pour notre contribution, nous sommes haïs et, incrédules nous ne réalisons pas encore que le fait de ne pas accomplir notre mission (pas impossible) en est la cause. Si nous ne nous réveillons pas bientôt, les marins nous jetteront par-dessus bord, comme ils l’ont fait avec Jonas. L’existence même d’Israël pourrait être menacée.

Le Rav Yéhouda Ashlag, auteur du Commentaire du Soulam (Échelle) sur Le Zohar, a écrit dans son article, « Arvout » (solidarité) : « C’est ainsi que la nation d’Israël a l’obligation, par l’engagement dans la Torah et les commandements en Son nom, de se préparer elle-même et de préparer tous les peuples du monde et de les faire évoluer de façon à ce qu’ils prennent sur eux ce travail sublime d’amour du prochain. »

Comme Jonas, chacun de nous porte en lui quelque chose qui fait vibrer le monde. Nous, le peuple d’Israël, disposons d’une méthode pour instaurer la paix par le biais de l’unité. Cette dernière est la racine même de notre être. C’est cet ADN qui fait de nous un peuple parce que nous n’avons été proclamés nation qu’après avoir accepté d’être « comme un seul homme dans un seul cœur » et avons appliqué le célèbre verset « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Aujourd’hui, nous devons raviver ce lien parce que, où que nous nous trouvions, cette force inexploitée déstabilise le monde qui nous entoure. Il nous appartient de nous unir et de montrer l’exemple à tous et alors notre mission sera accomplie.