Comme chaque année Yom Haatsmaout (le jour de l’indépendance d’Israël), que nous fêtons cette année le 23 avril, a été précédé par les deux journées du souvenir : souvenir de la Shoah, d’abord, que nous avons commémoré le 16 avril et souvenir des soldats morts depuis la création de l’Etat et ainsi que des victimes du terrorisme.

Cette année encore, cette liste s’est malheureusement allongée suite au conflit de l’été dernier à Gaza et aux différents attentats qui se sont succédé. Encore une fois seront associés à quelques heures d’intervalle, comme souvent dans notre tradition, la peine suite à la perte de proches et la joie de fêter une indépendance tant espérée et rêvée pendant des siècles – et si chèrement payée.

Il y a un an, à cette date, les négociations menées sous l’égide personnelle du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, s’achevaient sur un échec. Depuis lors, aucune initiative en vue d’une quelconque perspective de reprises des pourparlers n’a tenté de relancer un processus auquel peu de gens encore accordent encore quelque crédit.

La question de la recherche d’un accord avec les Palestiniens n’a même pas été évoquée pendant la campagne électorale, et le Premier ministre israélien a gagné ces élections en affirmant que, sous son nouveau mandat, «jamais un Etat palestinien ne verrait le jour». Même s’il a tenté d’atténuer ces propos par la suite, la composition du gouvernement vers lequel il semble s’orienter, avec ses alliés de droite et du centre droit, ne laisse pas beaucoup d’espoir de voir un infléchissement de cette politique.

Face à ce blocage, peut-on espérer voir la communauté internationale prendre de nouvelles initiatives diplomatiques ? Le projet de voir la France déposer une motion au Conseil de sécurité, avec le soutien d’autres pays européens, a-t-il une chance d’aboutir sans que les Etats-Unis y opposent un véto? Une telle initiative aurait au moins le mérite de définir un cadre pour une solution du conflit, qui obligerait chacune des parties à se positionner.

Israël ne peut pas continuer à s’enferrer dans une politique basée sur la poursuite d’un statu quo qui est suicidaire pour le projet sioniste et qui l’isole de plus en plus sur la scène internationale. Israël aurait tout à gagner en se lançant aujourd’hui dans un nouveau processus politique en collaboration avec les pays arabes modérés qui sont ses véritables alliés contre les menaces extrémistes dans la région.

Face à la menace iranienne, il faut saluer l’accord cadre conclu à Lausanne entre l’Iran et les 5+1. Nous sommes en effet persuadés que seules les négociations qui doivent se poursuivre jusqu’à la fin du mois de juin peuvent permettre d’écarter le risque de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire.

Néanmoins, nous sommes aussi conscients de la nécessité de rester très vigilant par rapport à ses modalités d’application.