Il y a deux ans cette semaine s’est produit l’attentat de l’Hyper Cacher. Voici les propos du député Meyer Habib à ce sujet.

Les années passent mais la barbarie djihadiste demeure.

Hier soir, je téléphonais au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu pour lui présenter au nom des Français d’Israël toutes mes condoléances suite au terrible attentat à la voiture bélier perpétré hier par un djihadiste palestinien qui a fauché quatre jeunes soldats israéliens de 20 ans, parmi lesquels trois jeunes filles.

Aujourd’hui, en ce triste jour anniversaire de l’attentat de l’Hyper Casher, qui s’est produit moins de 48 heures après Charlie Hebdo, je tenais à rendre hommage aux quatre victimes et témoigner ma solidarité et mon soutien aux familles et leurs proches.

Yohav Hattab, Yohan Cohen, Philippe Braham Et François-Michel Saada. Morts en héros, assassinés dans la France de 2015 parce que juifs. Bénie soit leur mémoire.

C’est avec une très grande émotion que je repense à ce terrible vendredi. Nous étions plusieurs officiels présents de longues heures Porte de Vincennes aux côtés des familles terrifiées, dans une atmosphère indescriptible.

Je me souviens également avec douleur de ce vol El Al, avec les familles, accompagnant les dépouilles à leur dernière demeure : Jérusalem, capitale éternelle d’Israël et cœur spirituel du peuple juif.

Comme deux ans et demi auparavant avec les victimes de l’attentat de Toulouse, ces mêmes souvenirs résonnent dans ma mémoire. Encore un vol de nuit, comme celui aux côtés d’Eva Sandler et de la famille Monsonego.

Quelle tristesse mais quel respect pour ces familles déchirées, modèles de dignité, de force morale, de grandeur d’âme.

Près de 200 morts plus tard, s’il y a eu une certaine prise de conscience du péril djihadiste, je crains que nous ne soyons hélas pas encore prêts.

En témoigne cette incapacité de nombreux politiques surtout à gauche, de médias et commentateurs de comprendre que c’est exactement le même terrorisme islamiste qui tue de Paris à Berlin, de Jérusalem à Nice, d’Istanbul à Tel Aviv.

Hier encore à 22h07 sur BFM TV, évoquant le terrible attentat à la voiture bélier à Jérusalem attribué à l’État islamique, un commentateur renvoyait de fait dos à dos agresseurs et agressés, terroristes et victimes. Quand il s’agit d’Israël, on invoque « une crispation au plan politique qui génère des actions radicales » et on affirme que « l’incitation à la haine elle est de toute part ».

Je le crains : tant qu’Israël restera l’État à l’étoile jaune et l’éternel bouc émissaire des nations, le risque d’importation du conflit en France et d’attentat contre les Français juifs subsistera.

Car c’est la haine d’Israël qui nourrit cet antisémitisme et expliquer le terrorisme, c’est déjà un peu excuser l’inexcusable, voire justifier l’injustifiable.

En Israël actuellement, je ne pourrai assister ce soir à la cérémonie d’hommage mais serai présent par le cœur et l’esprit aux côtés des familles, des proches, du peuple français et du peuple juif dans son ensemble.