Qu’est devenue la « yiddish mama »? Où est passée cette incarnation de l’amour inconditionnel, du sacrifice ? La yddish mama qui vous étouffe de son amour, qui veut que vous n’ayez pas froid, pas faim….et qui répète inlassablement : « Ess ess mein kind ! » (Mange, mange, mon enfant, en yiddish)…

La yiddish mama (au sens de mère juive) a bien changé dans nos sociétés modernes. La yiddishe mama 2.0 de Tel Aviv travaille et ne veut pas sacrifier sa carrière, elle veut pourtant des enfants mais elle ne veut pas s’en occuper, et ne surtout pas les éduquer car elle pense d’abord à comment rester sexy, à son cours de zumba et à son menu sans gluten.

Elle les nourrit aux schnitzel et pâtes et les gâte, comme toutes les mères en Israël, car elle veut lui donner ce qu’elle pense être le meilleur avant qu’il aille à l’armée car on ne sait jamais ce qui peut arriver plus tard, ce qui est tout à fait compréhensible dans ce contexte explosif.

Mais côté éducation, la yiddish mama israélienne affiche ouvertement sa reddition. Il suffit de regarder les publicités et émissions avant et pendant les vacances scolaires pour comprendre.

On voit sur les écrans des mères éplorées, désespérées à l’idée de devoir s’occuper de leur progéniture pendant une période plus longue que d’habitude qui s’interrogent : « Comment vais-je les occuper ? Où les emmener pour qu’ils ne s’ennuient pas et ne râlent pas ? Quelles animations existent ? Quels centres d’accueil sont ouverts ? « Qui puis-je payer pour qu’on me débarrasse de mes enfants ? » Et j’en passe…

Je sens que je pourrais devenir la Tatie Danièle des blogs et j’ai parfois très envie de formuler des critiques plus virulentes mais je préfère m’arrêter au stade de l’étonnement et de l’amusement.

En fait, la yiddish mama 2.0 ne fait que suivre le mouvement mondial et semble souvent démunie devant les ados 2.0 , rois du zapping et d’Instagram. J’espère qu’elle retrouvera bientôt tout son seyhel (yiddish pour sehel, en hébreu : raison ).