Connaissez-vous cet oranger insolite ?yaffo

Il est visible à Yaffo, la belle, la ville plus de 4 fois millénaire qui fait partie de l’agglomération de Tel Aviv-Yaffo.

Cette création du sculpteur israélien Ran Morin, qui a
de nombreuse fois mis en scène des arbres, est le symbole de la survivance des fameux orangers de Jaffa désormais disparus.

Il illustre pour moi parfaitement l’Etat d’Israël.

Suspendu dans les airs, ce greffon accroché à la pierre tient du miracle. Comme l’État d’ Israël tient aussi du miracle

Et on s’habitue tellement à ce miracle que l’on ne le voit plus.

Il faut pourtant rappeler que nombreux furent ceux qui, à la fin de la guerre, à l’instar de Harry Truman, de Clément Atlee ou de Anthony Eden ont pensé que l’Etat sioniste serait balayé par la multitude arabe.

C’était mal connaître la nature du peuple juif, on ne survit pas aux Égyptiens des pharaons, aux Assyriens, aux Grecs, aux Romains, à Isabelle la Catholique et son inquisition, à la police des Tsars, aux Cosaques, aux Oustachis et aux nazis (et j’en oublie des dizaines) pour disparaître sous les coups du Mufti de Jérusalem et de tribus arabes irréconciliables.

Ce miracle n’a rien de divin, il est totalement le fait de l’Homme, il n’est rien de plus que le produit de la volonté de quelques milliers d’hommes pour la plupart des intellectuels ashkénazes de gauche venant en grande partie d’Odessa et francophiles.

A l’époque du Yichouv, presque tous ces intellectuels parlaient français et avaient une grande admiration pour la France.
Yaffo cette ville mythique où séjournèrent Andromède, Jonas et sa baleine , Richard cœur de Lion, puis Napoléon , on l’oublie parfois, a un passé au moins aussi riche que Jérusalem.

Égyptiens, Grecs et Hébreux ont cédé leur place aux Anglais puis aux Français qui se disputèrent cette porte du Levant.
Aujourd’hui, c’est i24 la chaîne de Télé francophone qui y est hébergée. Juifs, Français et Anglais vont se retrouver dans un autre épisode tragique et historique crucial de la création de l’Etat d’Israël : l’Odyssée de l’Exodus.

La ville de Sète, dans l’Hérault, a commémoré, le dimanche 9 juillet 2017, les 70 ans du départ de l’Exodus pour la Palestine futur État d’Israël http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/sete/sete-week-end-commemorer-odyssee-exodus-1294027.html »

Dans cette tragédie particulièrement douloureuse, découlant directement du blocus britannique, de nombreux Français et en premier lieu, le gouvernement et les autorités militaires et administratives ont fait preuve d’une solidarité sans faille avec les 4500 rescapés de la Shoah qui ont embarqué sur le rafiot. Les événements qui suivirent montrèrent la détermination du peuple juif, l’empathie des Français et la cruauté des Britanniques.

Qui peut affirmer que sans l’Exodus, le vote de l’ONU le 29 Novembre aurait été le même ? Qui peut affirmer que sans l’aide active de la France l’Etat d’Israël aurait pu naître et survivre ?

Ce que l’on peut affirmer, c’est que la France et son gouvernement, contrairement aux recommandations du Quai d’Orsay, joua un rôle décisif dans la création de l’Etat sioniste et plus encore , les années suivantes, dans l’armement de Tsahal et dans la création d’une filière nucléaire israélienne.

Mais tous les historiens l’affirment, c’était bien plus le fait de quelques personnages politiques ou militaires français qui partageaient avec leurs homologues israéliens une même idée de la patrie, du socialisme et des valeurs universelles de fraternité, que le produit d’une politique pensée et rationnelle en adéquation avec les intérêts vitaux de la France.

A l’opposé, les britanniques traumatisés par la perte de leur empire, appliquaient une politique pro-arabe (surtout fondée sur le contrôle des ressources pétrolières de la région) excluant toute action en faveur le l’Etat Juif voulu par Lord Balfour.

A cette époque encore, pour la communauté juive de Palestine, les Britanniques étaient, bien plus que les Arabes, l’ennemi prioritaire.

Seul Churchill trouvait grâce à leurs yeux (et encore n’était il pas l’auteur du fameux livre blanc limitant drastiquement l’entrée des juifs en Palestine ?). N’était ce pas en Grande Bretagne, à Norwhich en 1144 qu’était née l’accusation de meurtre rituel à l’encontre des Juifs hébreu : עלילת דם l’alilat dam « accusation de sang ») selon laquelle les Juifs assassineraient des enfants non juifs à des fins rituelles, pour la confection de Matza, pains azymes, lors de la Pâque juive.

Alors comment comprendre qu’en 2017 dans l’esprit de la grande majorité des Israéliens, les britanniques sont estimés, acceptés alors que les Français sont détestés. Dépit amoureux ? Allons soyons sérieux un instant.

Comment les successeurs de Shimon Peres, de Ben Gourion, de Moshe Dayan et de Levi Eshkol ont ils pu a ce point oublier le rôle de la France ? Ils n’y a plus de gauche en Israël ?

Faux et cette amitié franco-israélienne dépassait largement le clivage Gauche-Droite.
Période faste et fruit d’une improbable conjoncture d’intérêts stratégiques et militaires (les événements d’Algérie mais aussi la volonté de contrer l’Égypte de Nasser) ainsi que politiques (entre dirigeants socialistes des deux côtés), industriels (avec de grands chefs d’entreprise juifs tels que Marcel Bloch Dassault et ses Mirages) et moraux (la volonté de réparer les crimes de Vichy) qui firent que c’est finalement la France (et non les EU ou la Grande-Bretagne) qui fournira à Israël l’outil militaire et nucléaire de sa survie.

Le tout sur fond de lutte avec le Quai d’Orsay, traditionnellement plus pro-arabe (allant jusqu’à l’exfiltration du Mufti de Jérusalem Al Husseini, menacé fort justement par un mandat pour crimes de guerre, notamment en raison de son alliance avec les nazis pour la mise au point de « la solution finale » et les exactions de sa légion musulmane en Bosnie) mais surtout soucieux de contrer les avancées britanniques en Égypte et dans le monde arabe en général, et qui s’est d’ailleurs… bien repris depuis avec la surenchère pro-arabe que l’on connaît.

C’est un des tenant de la politique pro-arabe Maurice Couve de Murville que le Général de Gaulle ira chercher pour mettre fin à l’Alliance franco-israélienne. Comment les successeurs d’Edouard Depreux, de Bourges Maunoury , de Léon Blum, de René et Daniel Mayer ont ils pu tourner le dos au pays qui avait réalisé ce Socialisme dont ils rêvaient ?

Comment cette armée française qui admirait tant Tsahal et ses soldats citoyens a-t-elle pu s’en éloigner au point de procéder à un virage 180 degrés et accompagné du complexe militaro-industriel se tourner vers les pays arabes ? Comment la France qui donnait refuge en 1946 à David Ben Gourion qui fuyait les Britanniques a t elle pu faire preuve d’une telle versatilité ?

Entre 1948 et 1960, en fait, il n’aurait pas été illogique que la France adopte une politique similaire à celle des Britanniques, mais de nombreuses raisons incitaient à soutenir Israël. Le quai d’Orsay n’avait pas totalement tort.

Mais dans les années 60, les données ont radicalement changé. Les pays des empires français et britanniques aspirent a l’indépendance et plus personne de raisonnable n’en conteste le bien fondé.

De fait les intérêts français se trouvent plus du cote des producteurs de pétrole et des pays non alignes que d’Israël.

Mais cela n’excluait pas néanmoins d’entretenir de bonnes relations avec l’Etat d’Israël et chercher à renforcer nos liens amicaux avec le peuple israélien. Or cela ne fut pas fait. C’est une très grave erreur du fondateur de la 5ème République.

Peu à peu les jeunes israéliens se sont tournés vers les anglo-saxons et dés 1953, Ben Gourion, soucieux de se démarquer de l’URSS, apportait son soutien sans réserve aux États-Unis d’Amérique dans la guerre de Corée.

Mais en 2017, quelle est la situation ?

Pour la majorité des Israéliens et la quasi-totalité des franco israéliens, la France est vue comme un pays philo-arabe abritant une population en majorité anti-juive (je n’emploie pas délibérément le terme antisémite).

La France n’est plus ce paradis qui justifiait l’expression « heureux comme un Juif en France » mais une sorte d’enfer ou être juif fait de vous la cible de toutes sortes d’agressions. Cela explique aisément l’importance de l’Alyah française ces dernières années encouragée par les discours de Bibi Netanyahu.

Or, je suis convaincu que la France et Israël ont tous deux intérêts à renouer des liens forts comme à la sortie de la guerre.
Besoin de sortir de l’alignement avec les USA, besoin de contenir la montée de l’Islamisme radical, besoin de parier sur les nouvelles technologies.

Alors comment faire ?

Créer des liens personnels forts entre des individus qui ont un poids important dans chacun des deux pays et mettre en scène cette « amitié » pour en faire un exemple.

Rapprocher les jeunes dans une sorte d’Erasmus franco-israélien, rapprocher les armées et les forces de sécurité des deux pays.
Les bonnes volontés existent des deux cotes pour réveiller ces liens mais des obstacles aussi et pas seulement au Quai d’Orsay.

Peut-être, pourra-t-on apposer une nouvelle plaque à Sète en 2027 ou 2037 disant : « La France et Israël ont renoué des liens forts comme ceux qui ont permis a l’Exodus d’être un exemple vivant de la lutte pour la création de l’Etat promis par Lord Balfour. On peut a nouveau dire « Heureux comme un Juif en France » »

Il ne faut jamais oublier que Neve Tseddek ce fameux quartier de Tel Aviv duquel tout est parti est une production séfarado-ashkenaze de Aaron Chelouche (1824-1920), Shimon Rokach (1863-1922), Haïm Amzaleg (1824-1916) et Zerah Barnet (1843-1945).

2] La communauté juive de Palestine avant la création de l’Etat d’Israël

3]Le terme Alliance est un terme très fort pour les Israéliens car il rappelle la relation avec Dieu (Abraham et Moise )