En 2005, l’Expérience Israélienne a donné l’occasion à des lycéens de l’enseignement public de participer au voyage “Bac Bleu Blanc” visant principalement à faire la visite des universités israéliennes.

En 2008, assistant au forum de ce même Bac Bleu Blanc cette fois en tant que volontaire pour l’Agence Juive, une colère m’envahit, quand j’appris que faute de fonds nécessaires, les lycées publics ne font plus partie du voyage.

Stratégiquement, il semblait plus évident de privilégier les lycéens des écoles juives a priori plus enclins à immigrer en Israël.

Cette explication me vient directement du directeur de l’Agence Juive pour l’Europe (son nom m’échappe) vers qui j’avais clairement exprimé mon désaccord, plaidant que sans le BBB je ne serais certainement pas en Israël, à l’heure qu’il est.

Depuis, je ne m’intéresse plus à l’Agence Juive. L’Expérience Israélienne et les autres à cause de leur “favoritisme” à vouloir s’adresser uniquement aux juifs “déjà convaincus” m’a toujours semblé trop facile.

Prêcher un convaincu…

J’ai récemment assisté à une conférence de l’Institut National pour les études de sécurité (INSS), à laquelle Benjamin Netanyahu et Naftali Bennett ont participé.

Plusieurs conférenciers, Prof. Sergio DellaPergola de l’Université Hébraïque de Jérusalem, Joseph Neubauer de la Neubauer Family Fondation et Alan Cooperman du centre de recherché Pew se sont penchés sur des études sociologiques et statistiques du peuple juif dans le monde.

Leurs conclusions ? Il est temps de contourner les communautés juives. Pardon ?!

Oui, les “bons” juifs [se considérant comme juifs, affiliés à des communautés juives] ne peuvent plus être la priorité. Pourquoi ?!

La réalité [chiffres à l’appui] n’est autre que l’augmentation des mariages mixtes : la population juive en France est à 45 % composée de mariages mixtes, sans compter les mariages mixtes dans les familles ne se définissant pas comme juive.

Ces chiffres sont plus élevés pour la communauté nord-américaine mais notre chère communauté française est aussi concernée.

La population juive en France est composée à 45 % de mariages mixtes

Les deux tendances à retenir sont l’augmentation de la population orthodoxe face à l’augmentation des mariages mixtes/assimilations.

Ces faits sont d’autant plus pertinents chez nos amis américains – étant donné que les grands donateurs et partisans de la politique israélienne sont principalement issus des milieux assimilés.

Les vidéos amateurs de la manifestation de dimanche 26 janvier à Paris ont fait le tour, nous les avons vu et revu “Juif la France n’est pas à toi”.

Quelles conséquences en tirons-nous ?

Nous avons d’un côté une jeunesse française plus antisémite qu’auparavant (oui, je le dis) et de l’autre des institutions juives ne s’intéressant pas ou seulement peu à la plupart de sa population.

De l’autre côté, des personnes appartenant à la communauté juive, un tribunal rabbinique toujours aussi peu volontaire à “simplifier, légitimer” la situation des familles mixtes.

Les chiffres le prouvent, les institutions juives doivent prendre en charge les “autres” juifs.

Le judaïsme français aujourd’hui plus qu’avant n’est plus constitué que de familles traditionalistes fréquentant la synagogue du quartier.

Donner une place, aller vers “les juifs de kippour” est une priorité si ce n’est une urgence.

De nouvelles politiques sont nécessaires afin d’assurer l’avenir du peuple juif dans toute sa complexité.

[Les sceptiques pourront consulter les chiffres du PEW Survey 2014]