Eldad Gatt, israélien résidant à New-York a eu une bien mauvaise idée.

Voulant se rendre en Angleterre il a décidé de réserver un billet pour un vol direct entre les aéroports JFK et Heathrow près de Londres. Jusque là, rien que de très normal, si ce n’est que le vol qui lui convenait était celui de la compagnie Kuwait Airways.

Il a donc réservé son billet en ligne et s’est aperçu, en essayant d’indiquer le pays d’origine de son passeport, qu’Israël n’apparaissait pas dans la liste des pays cités.

La plate-forme électronique de gestion des réservations, le GDS (Global Distribution System), mentionnait clairement que « les détenteurs de passeport israélien ne peuvent voyager sur Kuwait Airways ».

Notre malheureux passager a donc déposé une plainte auprès du ministère américain des Transports. Pour sa défense, la compagnie a répondu qu’elle ne faisait qu’appliquer la loi koweitienne qui lui interdisait tout commerce avec des ressortissants ou des sociétés israéliennes. Il faut dire que la violation de cette loi implique un emprisonnement et des travaux forcés, rien que ça…

Il est vrai que la démocratie règne en maître dans cette pétro-monarchie où les personnes suspectées d’être des opposants au régime sont emprisonnées, torturées et condamnées par la Cour de sécurité de l’Etat à la suite de procès pour le moins expéditifs.

On passera également sur le sort des 600 000 étrangers qui travaillent comme domestiques dont la situation d’esclavage a été à maintes reprises dénoncée par Amnistie International.

Ironie de l’histoire, cela n’a pas empêché ce joyau de démocratie de figurer parmi les 15 pays élus vendredi 20 mai 2011 au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

A la suite de cette affaire, la ministère des transports a adressé un courrier à la compagnie aérienne lui enjoignant de mettre immédiatement fin à cette discrimination. La réponse ne s’est pas faite attendre, cette dernière préférant tout simplement mettre fin à la liaison entre New-York et Londres.

Le problème ne réside pas tant dans l’incident lui-même que dans le fait que ce dernier soit passé quasiment inaperçu.

Si une compagnie aérienne avait interdit de vol les gens de couleur, nul doute que l’on aurait assisté à un tollé dans nombre de chancelleries et à de nombreuses manifestations dans nos démocraties.

Le fait de ne pouvoir voyager sur la compagnie de son choix du fait de son origine ou de sa religion constitue une atteinte fondamentale aux droits de l’homme.

Kuwait Airways dessert six pays européens dont la France. Il ne serait que justice que ces destinations lui soit interdites tant qu’elle ne mettra pas fin à cette discrimination intolérable.

Une chose est sure, si je dois un jour me rendre à New-York, je passerai plutôt par El Al, eux au moins, ils acceptent tout le monde…