« Mort aux juifs » a souillé les murs de Paris, de Toulouse et de Marseille, a dégradé l’esprit des lumières et des lois qui firent de la République Française « la République », celle unique qui devait donner à chacun les mêmes chances et droits garantis par sa laïcité située au-dessus des origines et des clans.

Ces « Mort aux juifs » que le gouvernement actuel a porté en lui pour des raisons électoralistes, mais peut-être aussi pour des raisons plus profondes, révèlent que l’antisémitisme ou l’antisionisme, peu importe le nom, est partout, en tous, de gauche ou de droite, de l’Islam à la chrétienté, enfoui et toujours prêt à ressurgir, à frapper, à humilier, à tuer même « le juif » qui tente une résistance ou une défense.

Il semble qu’un accord tacite lie des milliards de personnes, pourtant de cultures et religions différentes, voire totalement opposées à s’entendre sur un fait : il est concédé aux juifs et à l’État d’Israël leur nation, d’exister, mais sans revendiquer son droit à l’existence, ni à sa défense.

« Déjà, semble dire ces milliards de personnes, déjà que l’on vous concède la vie, vous n’allez pas en plus, demander à ne pas souffrir ! »

Et pourtant… 

Que croyez-vous qu’il se passerait si l’état d’Israël baissait sa garde ? S’il se désarmait, supprimait son mur de défense, se retirait de Gaza et d’ailleurs ? On peut sans hésiter avancer qu’il disparaîtrait.

Les Palestiniens, les seuls au regard de leurs souffrances, mais aussi bras armé des pays arabes, des islamistes et autres puissances internationales qui ont préféré les utiliser et les manipuler, plutôt que les aider à construire un état voisin de celui d’Israël, plutôt que de les intégrer en frères dans leurs propres pays, ces palestiniens donc avec la communauté arabe dans son ensemble et soutenus par des puissances politiques diverses, mettraient Israël à feu et à sang, se livreraient à des meurtres et à des exactions dont ni femmes ni enfants n’échapperaient.

 Et pourquoi ? Et pour qui ?

Pour quelles causes réelles, l’assassinat de plus de 8 millions de juifs et la disparition d’Israël peuvent-ils être envisagés encore aujourd’hui, sans qu’un frémissement de culpabilité ou d’émotion simple ne touche ces milliards de personnes ?

La vision d’Israël en flamme ne leur rappellerait-elle pas les bûchers, les pogroms, Hitler et les nuits de Cristal, mais aussi la crucifixion et les boucs émissaires, l’hystérie collective qui pousse souvent des populations entière à tuer, exaltant cette part sadique et meurtrière que l’homme possède, et qui constamment malgré les décennies qui passent, se concentre sur les juifs, tente de les détruire, en fit mourir six millions dans une extermination dantesque, il n’y a pas si longtemps ; dont certains sont revenus plus jamais les mêmes ; qui entendent ces « morts aux juifs » avec l’impression que tout va recommencer, avec au fond de leurs vieux regards, de l’incompréhension et de la résignation devant l’inéluctable, parce qu’être juif cela implique d’être celui qu’on tue depuis toujours…

Que feriez-vous si l’état d’Israël disparaissait parce que vous auriez hurlé contre lui et de fait engagé sa mort ?

Seriez-vous coupables et responsables des exactions commises, assassins et meurtriers, ou seulement assouvis et repus après un paroxysme sanguinaire qui vous aura comblé, mais qui demeurera, trace indélébile d’un plaisir archaïque, prêt à ressurgir ainsi que l’hydre enfoui, que vous aviez imaginé disparu ? Vous qui piquez les chiens qui mordent les humains, que ferez-vous alors pour éviter la récurrence en vous ?

La question de la survie d’Israël reste posée

L’état d’Israël doit-il être crucifié, sacrifié ainsi que l’autre sur sa croix dans un symbole universel qui viendrait réparer une chrétienté autoritaire? Pour jouer ce rôle de bouc émissaire nécessaire à beaucoup pour se construire ? Parce que la force d’Israël renvoie aux faiblesses des autres ?

Le seul point de réponse qui me vient est qu’il faut se souvenir que Jésus était Juif ; que le sacrifice du peuple d’Israël s’il avait lieu, ne serait pas rédemption, mais péché s’il faut l’appeler ainsi, et qu’il serait porté alors par l’humanité tout entière.

Il semble que comme dans un jeu de miroirs dont on pourrait changer la face d’un revers de main, l’humanité veuille devenir égale au peuple Juif pourtant jugé par elle sacrificateur et déicide. Pour s’en approprier la force et l’intelligence ? Pour être élue à son tour et aussi ? Pour oser défier le divin et être punie de le faire, histoire d’expier et laver une faute originelle dont elle serait souillée ? Ou simplement parce que le Judaïsme est le parent matriciel de l’Islam comme du Catholicisme et que toujours les enfants veulent tuer leurs parents pour croient-ils, pouvoir exister librement…

Depuis quelques jours la guerre tonne entre Israël et Gaza, mais personne ne désire la mort des Palestiniens qui sauront un jour construire leur destin, alors que la question de la survie d’Israël et des juifs, elle, restera entière et toujours posée.