A la mi-chemin entre les deux tours de l’élection présidentielle française, les deux candidats Macron et Le Pen présentent des éléments patents.

Sur le plan des idées :

Les propositions de Macron demeurent stables et sont exposées quotidiennement.

Celles de Le Pen sont placées au second plan. La candidate privilégie le diagnostic politique du mandat présidentiel sortant et du candidat Macron qu’elle place au premier plan.

Par ailleurs, ses propositions changent au gré des jours qui passent et des alliances politiques effectuées.

Sur le plan de la forme :

La forme adoptée par Le Pen consiste en une critique de Macron et de son programme assortie d’approximations, d’irrévérences, de stigmatisations toutes plus violentes à mesure de l’approche du jour du deuxième tour des élections.

Quant à son aréopage, il utilise sans retenue à l’égard de Macron des épithètes injurieux et parfois diffamatoires.

La somme des arguments présentés par le Front National (FN) ressemble à un moindre degré au discours de l’extrême droite d’avant-guerre.

Ce comportement a peut-être pour but de protéger la candidate Le Pen de la procédure judiciaire dont elle fait l’objet.

Apparemment solide sur le fond, la forme du candidat Macron laisse à penser une faiblesse de communication électorale et de réaction aux virulentes attaques de Le Pen.

Est-ce parce que ses équipes sont novices en politique ou en combat électoral ? Est-ce parce qu’il est difficile à un mouvement respectueux des règles démocratiques et de respect de ses contradicteurs de descendre dans une arène d’invectives et de manquements au respect des faits ?

Toujours est-il que Macron et ses équipes semblent dépassés par la rage des accusations portées contre eux par le FN.

Bien sûr, indépendamment ou non des apparences et de sondages, le vainqueur final de ce deuxième tour des élections présidentielles françaises sera, par son choix exprimé, le peuple souverain.

Il n’empêche que la violence des arguments et des attaques du FN dont le candidat se retrouve pour la deuxième fois au second tour de l’élection présidentielle sont à la limite du Droit électoral comme à la nécessité d’explications.

Cette violence pose désormais la nécessité de l’adaptation du discours des contradicteurs du FN et de la déontologie électorale de toute candidature à la fonction présidentielle.