« Vigilance sans panique » – cette devise reflète l’exercice de défense civile tenu cette semaine en Israël. Depuis plusieurs années (sauf l’année dernière en raison de la guerre de Gaza), ces exercices, conçus par Tsahal et les autorités civiles compétentes, sont destinés à prévoir des attaques contre la population civile, indépendamment des menaces sur les frontières du pays.

En effet, il s’agit de l’éventualité d’attaques simultanées par missiles en provenance du Liban et de Gaza, accompagnées de sirènes renvoyant la population vers les abris, à l’exemple des événements du passé. Cette année on imagine des attaques qui atteindraient des objectifs stratégiques de première nécessité, tels que des ports maritimes, aéroports, centrales électriques et installations de l’autorité des eaux.

Par souci de réalisme on prévoit de faire exploser à Holon, au sud de Tel Aviv, un site qui servira de modèle pour le travail de sauvetages éventuels. Le scénario imagine également l’évacuation de lieux sinistrés d’un grand nombre de victimes, et leur hospitalisation d’urgence.

Ceci dit, le caractère civil de telles éventualités ne fait guère détourner l’intention également des menaces proprement militaires de la part des différentes organisations terroristes actives dans les pays voisins. Certes, le Hezbollah est momentanément pris dans l’engrenage en Syrie, et reconnaît de ne pas être en mesure de s’attaquer à Israël sur le front nord. Ce qui ne l’empêche pas de projeter, sur instigation d’Iran, des actes terroristes contre des objectifs israéliens et européens. À l’exemple du jeune libano-canadien arrêté à Chypre avec une quantité d’explosifs et matière biologique. Selon une source arabe, ce serait le Mossad qui aurait transmis l’information aux autorités chypriotes.

Il en est de même pour le Hamas à Gaza. Bien que se tenant tranquille le temps de récupérer, cette organisation, ayant juré d’anéantir Israël, se prépare à reprendre les hostilités, sans même s’en cacher. Sur toile de fond d’une controverse entre la direction politique, voulant gagner du temps, et la branche militaire exigeant dores et déjà d’attaquer Israël, les préparatifs militaires vont bon train : fabrication de missiles et essais de lancement (en direction de la mer), renouvellement du creusement des tunnels d’attaques, construction d’une route le long de la frontière, laquelle servirait, selon l’aveu du Hamas, lors du prochain affrontement avec Israël.

Même au sud la tension monte d’un cran en raison de l’activité des djihadistes dans le Sinaï, infligeant des pertes à l’armée égyptienne, et menaçant de s’attaquer à Eilat. Selon des témoignages d’habitants on entend régulièrement les sons des affrontements à proximité de la frontière israélienne.

Est-ce donc par pur hasard que l’on rappelle cette semaine un attentat de grande envergure, déjoué de justesse, ayant visé il y a 25 ans, des milliers de vacanciers et baigneurs sur les plages israéliennes ? Conçue et préparée en Libye, cette attaque avait été commanditée par Khadafi.

Une quinzaine de terroristes arrivés sur des embarquements rapides, avaient comme mission de débarquer sur plusieurs plages, massacrant aussitôt des baigneurs, s’avançant ensuite vers des centres névralgiques telles que les mairies de Tel Aviv, Ashdod et Ashkelon. Alors qu’une embarcation avait été interceptée en mer avec à bord cinq terroristes, l’autre avait réussi à atteindre la côte et faire débarquer 11 assaillants. Ayant essayé de se disperser dans la nature ils ont été retrouvés par l’armée et la police et faits prisonniers.

Il se pourrait que cette commémoration est destinée à rappeler que la menace pourrait venir de terre comme de mer, ce qui exige une vigilance mais sans panique.