VeZot HaBerakha, les noces de Sim’hat Torah
La Parashat VeZot HaBerakha[1] est la dernière péricope concluant les cinq livres de la Torah. Le peuple juif dans son ensemble se réunira ce Shabbat – cette parashah est la seule pouvant être lue en-dehors du Shabbat – dans toutes les synagogues du monde pour chanter cette dernière parashah.
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ד תּוֹרָה צִוָּה-לָנוּ מֹשֶׁה מוֹרָשָׁה קְהִלַּת יַעֲקֹב. (דברים לג:ד) |
4 « C’est pour nous qu’il ordonna une Torah (Enseignement) à Moïse; elle constitue l’héritage [Morasha] de la communauté de Jacob. » (Deutéronome 33:4) |
La Torah d’Israël, loin d’être réservée à une élite spirituelle, constitue la part de tous les enfants d’Israël, femmes, hommes et enfants sans aucune distinction. Cette Torah témoigne de l’identité profonde du peuple d’Israël. C’est elle qui a forgé et façonné Israël et qui a permis au peuple hébreu d’être pérenne durant ses 2000 ans d’exil.
Les Sages d’Israël ont, pour mettre en lumière le lien intime unissant Israël et l’Eternel, interprété le mot biblique מוֹרָשָׁה ‘Morasha, Héritage’ extrait du verset ‘Moïse nous a ordonné la Torah, héritage [Morasha] de la communauté de Jacob’ (Deutéronome 33:4), en le traduisant « מְאוֹרָסָה ‘Méorassa, fiancée’:
אַל תִּקְרֵי: ״מוֹרָשָׁה״, אֶלָּא: מְאוֹרָסָה. (תלמוד בבלי, ברכות נז:א; פסחים מט:ב)
« Ne lis pas « Morasha » [héritage], mais « Méorassa » [fiancée] » (Talmud de Babylone, traités Bera’hot 57a, Pessa’him 49b).
Cet enseignement compare le don de la Torah au peuple d’Israël aux fiançailles et au mariage.
Le terme מוֹרָשָׁה Morasha constitue un héritage qui se transmet automatiquement sans que nul n’ait besoin d’investir d’efforts pour le recevoir. Cela ne requiert aucune relation affective avec l’objet. Or, le terme מְאוֹרָסָה Méorassa représente un lien vivant et intime entre le fiancé et la fiancée. Les fiançailles représentent une relation vivante et dynamique fondée sur un engagement mutuel. Une fiancée exige de l’amour, de la fidélité, de l’attention et une attention permanente. Ainsi, les Rabbins mettent l’accent sur la notion d’Alliance et de sanctification dans la relation unissant l’Eternel et Israël. De même qu’une fiancée est réservée exclusivement à son fiancé (et interdite au reste du monde), à Shemini ‘Atseret/Sim’hat Torah (fête pour remercier du don de la Torah au mont Sinaï), la Torah est destinée de manière exclusive au peuple d’Israël, et la relation avec elle exige une fidélité absolue. Le Midrash enseigne que le don de la Torah au mont Sinaï n’était point seulement la promulgation de lois, mais un jour de fiançailles et de mariage entre le Saint, béni soit-Il, la Torah et le peuple d’Israël. Les Sages d’Israël s’appuient sur le verset du Cantique des cantiques afin d’asseoir leur thèse et enseigner que le temps de Sim’hat Torah – le huitième jour de Soukkot – scelle de nouveau le contrat de mariage – la כְּתוּבָּה Ketouba – entre l’Eternel et Son peuple Israël:
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יא צְאֶנָה וּרְאֶינָה בְּנוֹת צִיּוֹן בַּמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה בָּעֲטָרָה שֶׁעִטְּרָה-לּוֹ אִמּוֹ בְּיוֹם חֲתֻנָּתוֹ וּבְיוֹם שִׂמְחַת לִבּוֹ. (שיר השירים, ג:יא) |
11 Sortez et admirez, filles de Sion, le roi Salomon, orné de la couronne dont le ceignit sa mère au jour de ses noces, au jour de la joie de son cœur. (Cantique des cantiques 3:11)
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« אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל…וְכֵן הוּא אוֹמֵר, צְאֶינָה וּרְאֶינָה בְּנוֹת צִיּוֹן בַּמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה בָּעֲטָרָה שֶׁעִטְּרָה לּוֹ אִמּוֹ בְּיוֹם חֲתֻנָּתוֹ וּבְיוֹם שִׂמְחַת לִבּוֹ (שיר השירים ג). בְּיוֹם חֲתֻנָּתוֹ, זוֹ מַתַּן תּוֹרָה… » (משנה תענית, פרק ד:משנה ח)
«Rabban Shim’on ben Gamliel enseignait… Et ainsi est-il dit: « Sortez et regardez, filles de Sion, le roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l’a couronné le jour de ses noces et le jour de la joie de son cœur » (Cantique des Cantiques 3:11). « Le jour de ses noces » : c’est le don de la Torah [au Sinaï]… Amen.» (Mishnah Ta’anit, 4:8)
[1] Parashat Vezot HaBerakha: Deutéronome 33:1-34:12.
Shabbat Shalom! Hag Samea’h!

