Messieurs François-Georges Picot et Mark Sykes devraient se retourner dans leurs tombes. Ces deux diplomates, français et anglais, voient leur oeuvre se désintegrer.

Bref rappel: En 1916 ils avaient dressé en secret une nouvelle carte géo-politique du Moyen Orient, en prévision de la chute de l’Empire Ottoman. Selon leur projet de nouvelles frontières seront tracées, et leurs deux pays respectifs recevront des Mandats sur la Syrie et le Liban (pour la France) ainsi que l’Irak, la Transjordanie et la Palestine – bien que non specifiquement mentionnée – (pour l’Angleterre). Cet accord fut reconnu officiellement  en 1920 par la conférence internationale de San Remo puis ratifié par la Société des Nations en 1922.

Certes, l’Histoire et les évolutions à travers les années avaient changé la situation politiques, ces pays ayant accédé à l’indépendance. Mais le principe du partage géographique et des frontieres avait été maintenu dans ses grandes lignes.

Or, tous ces arrangements risquent de disparaître et le Moyen Orient faire marche arrière au point de vue souveraintés et frontières. En effet, les succès militaires de « L’Etat Islamique en Irak et le Levant »  annoncent une nouvelle réalité géo-politique non seulement en Irak mais aussi dans les pays avoisinants. C’est du moins le projet de cette organisation associée à El-Qaida, ne cachant pas ses intentions de fonder un nouveau Khalifa musulman dominant l’Irak, la Syrie et la Jordanie, et pourquoi pas l’Arabie Saoudite et les Emirats.

D’ores et déjà, ils ont occupé Mossoul, la deuxième ville en Irak. Kirkouk et Tikrit, ainsi qu’une grande raffinerie, détenant ainsi l’essentiel du pétrole du pays. Ils viennent d’occuper aussi le poste frontière principal avec la Syrie, avant d’envahir probablement le pays meurtri par la guerre civile.

À ce jour donc l’Irak est déjà divisé en trois: la zone libre Kurde au nord-est, le nord et l’ouest occupé par la mutinerie Sunnite, après avoir exécuté des centaines de soldats prisonniers ainsi que des civils se trouvant sur leur route vers Bagdad. Dans la capitale en effet c’est la panique, les habitants prenant la fuite malgré les tentatives du gouvernement Chiite à dresser une ligne de défense grace aux militaires encore fidèles et aux groupes de fortune. C’est leur dernier espoir, ne comptant guère sur une intervention militaire américaine, ou autre.

En effet, il est peu probable qu’un pays quelconque s’engage militairement dans cette aventure. Bien que tous les pays de la région se sentent ménacés par ce fléau djihadiste, à savoir la Syrie, la Turquie, le Liban, l’Arabie Saoudite et la Jordanie.

La Jordanie prend déjà des précautions, envoyant vers la frontière avec l’Irak des renforts militaires. Des consultations avancées avec Tsahal sont en cours, tout en espérant ne pas en arriver à une coopération militaire.

Or, toute cette évolution préoccupe Jérusalem car, en fin de compte, les Djihadistes, outre les rixes inter-religieuses, songent à en finir avec Israël. Certes, les israéliens sont confiants et sereins, mais depuis plusieurs jours on ressent une escalade, suite aux attaques par le Hamas – membre, rappelons le, du nouveau gouvernement de l’Autorité Palestinienne – et par l’armée syrienne, provoquant comme d’habitude  des ripostes de Tsahal.

Notons aussi que pour le moment, les israéliens pensent davantage au trois adolescents enlevés par le Hamas, en faisant du stop pour rejoindre leurs familles. Deux semaines sans aucune nouvelle, ni aucune revendication de la part des ravisseurs. Tsahal poursuit les recherches et les fouilles en Cisjordanie.

Par la même occasion des centaines de membres du Hamas habitant la Cisjordanie ont été arrêtés, dont plusieurs prisonniers libérés récemment des prison israéliennes à condition de ne pas reprendre leur activité terroriste.