Dans cette sidra, Moïse s’adresse à tout le peuple pour construire le Tabernacle.

Le texte répète en grande partie les directives que nous avons pu lire ces dernières semaines, mais malgré cette redondance, certains passages nous éclairent sur la vision que Dieu et Moïse ont sur l’unité du peuple juif, les dons des femmes et les contributions des riches.

L’unité du peuple juif

Chap. 35 V. 1 : « Moïse rassembla toute l’assemblée des enfants d’Israël et leur dit : « Voici les choses que Hachem a ordonné de faire. » »

Pour le Ramban « Moïse va communiquer cet ordre au peuple tout entier rassemblé pour l’occasion : hommes, femmes et enfants ; car tous auront une part dans la construction. »

Ainsi, la Torah le répète, n’en déplaise à certains, que le peuple d’Israël doit être uni.

A chaque événement important, nous remarquons que le texte précise que le peuple entier était réuni. Je me demande ce qu’attendent nos décisionnaires pour appeler le peuple juif à être uni et à ne pas se déchirer.

Pourquoi certains rabbins écrivent-ils que les juifs non orthodoxes ne sont pas vraiment juifs ? Chacun a le droit d’interpréter le Livre comme il le souhaite et si penser autrement que l’orthodoxie est un péché, nous avons du souci à nous faire.

Les dons des femmes

Chap.35 V. 22 : « Les hommes vinrent avec les femmes ; tout homme généreux de cœur apporta des bracelets, des boucles, des anneaux, des ornements, toutes sortes d’objets en or et tout homme qui avait levé une offrande d’or pour Hachem »

Le Ramban commente l’expression « avec les femmes » de la façon suivante : « Cette expression signifie que les hommes ont joué un rôle de second plan par rapport aux femmes. Les bijoux énumérés dans ce verset sont surtout portés par des femmes. La Torah leur rend donc hommage car, dès qu’elles ont entendu l’appel de Moïse, elles se sont dépouillées de leurs biens les plus précieux et les ont immédiatement apportés.»

Et oui messieurs, les femmes sont plus rapides que les hommes lorsqu’il s’agit de faire des dons !

Il est intéressant de lire que les femmes se sont dépouillées de leurs biens les plus précieux. Nombreux sont ceux qui donnent aux différents organismes qui collectent pour les plus pauvres des biens très usagers qui, s’ils n’étaient pas donnés, auraient été jetés.

Je pense que nous devons tous réfléchir à notre façon de donner (pour ceux qui le font). Ne pouvons-nous pas offrir quelque chose de neuf à un plus pauvre que nous ?

Chap. 35 V. 27 : « Et les princes apportèrent les pierres de cholam et les pierres d’enchâssement pour le éphod et pour le pectoral. »

Rachi rapporte au nom de Rabbi Nathan « que le mot prince est écrit en hébreu sans les youd devant normalement y figurer. Cette anomalie constitue un reproche implicite pour ces personnalités qui n’ont apporté leurs dons qu’une fois que les matériaux avaient été fournis. Certains que les contributions du peuple ne suffiraient pas à couvrir tous les besoins, ils ont attendu de voir ce qui manquerait afin de combler les lacunes. Or la réponse du peuple a été si généreuse qu’il ne restait plus rien à offrir. C’est donc pour sanctionner leur «paresse» à apporter immédiatement des dons que la Thora orthographie incomplètement leur nom. »

Quelle belle leçon !!!

Les riches de l’époque ont tranquillement attendu que le peuple contribue à la construction du Tabernacle pour mettre la main au portefeuille. De l’histoire ancienne ? Non malheureusement.

De nos jours, nous observons le même phénomène. Ceux qui donnent le plus ne sont pas les personnes les plus aisées, et bien sûr, mais cela est un autre problème, lorsqu’elles font œuvre de bienfaisance, tout le monde doit le savoir.

Mesdames et Messieurs de la communauté qui avez la chance d’avoir beaucoup de moyens, n’attendez pas que les organismes sociaux vous réclament des fonds d’urgence pour les pauvres, n’attendez pas de voir un homme qui crève de faim, n’attendez pas de voir une famille sans abri pour mettre la main à votre portefeuille.

N’oubliez jamais ces statistiques qui me font bondir lorsqu’elles nous apprennent que la majorité des dons vient des petites et moyennes classes sociales.

Je vous en conjure, ne ressemblez pas aux princes de la sidra de la semaine et donnez avant qu’on vous sollicite.

Chabbat chalom

Eric Gozlan