Créée par l’ONU en 1948 à l’intention exclusive et spécifique des réfugiés palestiniens, il semblerait que l’UNRWA ne fut imaginé non pas pour régler le problème des réfugiés palestiniens, mais pour les condamner cyniquement à le rester à vie, de génération en génération, et tenter de porter atteinte à Israël avec la menace du « droit au retour ».

« Le problème palestinien aurait depuis longtemps trouvé sa ou ses solutions s’il n’avait pas été brandi contre nous sans être vraiment abordé pour eux. Qu’ont fait pour eux leurs frères arabes ? Leur ont-ils donné la Cisjordanie et Gaza avant 1967 quand elles étaient dans leurs mains ?
 
Parqués dans des camps inhumains, désaffectés aujourd’hui dans les territoires administrés, ils ont été élevés dans la haine. Ils sont victimes d’un jeu politique, comme nous le sommes. Les attentats sont une chose affreuse mais l’exécutant m’indigne moins que le jeu politique dans lequel il est pris. Le monde entier est complice.
 
Pourquoi seul le réfugié palestinien parmi les 65 millions (sic) de réfugiés qui ont existé depuis la Seconde Guerre mondiale a-t-il le droit au titre de réfugié, sinon pour être maintenu comme tel contre ses propres intérêts et contre les nôtres ? »

Voilà ce qu’écrivait Eliane Amado Lévy-Valensi en 2006. (Dans Sens, 5-1978, « Israël a trente ans ». « Une vie en perspective » d’Eliane Amado Lévy-Valensi, pp. 4-6).

Force est de constater que pour l’ONU, les réfugiés palestiniens ne sont pas des réfugiés comme les autres. En effet, pour les réfugiés du monde entier, l’ONU dispose du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés).

Mais à la suite de la première guerre israélo-arabe de 1948, l’Assemblée générale des Nations unies décide de créer une autre agence, l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East) dédiée exclusivement aux réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza, en Judée-Samarie, en Jordanie, au Liban et en Syrie, soit au total 59 camps.

Pourtant, le HCR a pour but de protéger les réfugiés du monde entier et de trouver une solution durable à leurs problèmes (donc de faire en sorte que ces réfugiés, à terme, ne le soient plus). De plus, pour le HCR, le statut de réfugié ne peut s’appliquer aux descendants. Pour l’UNRWA, c’est étrangement différent.

Selon la définition de l’UNRWA, un « réfugié de Palestine » est une personne dont le lieu de résidence habituelle était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948 et qui a perdu à la fois son domicile et ses moyens de subsistance en raison du conflit israélo-arabe de 1948.

Mais le plus incroyable est que la définition de réfugié de l’UNRWA couvre également les descendants des Palestiniens qui sont devenus des réfugiés en 1948. Ainsi, les réfugiés palestiniens sont les seuls à bénéficier de cette notion extensive.

En conséquence, le nombre de réfugiés palestiniens enregistrés est passé de 700 000 en 1950 à plus de 4,8 millions en 2005 et continue à augmenter du fait de l’accroissement naturel de la population. Les réfugiés palestiniens sont donc enfermés dans un statut perpétuel d’apatride qui se transmet de génération en génération.

L’autre différence notoire entre le HCR et l’UNRWA concerne les budgets de fonctionnement.

Le budget annuel de l’UNRWA pour la période 2012-2013 s’élevait à plus de 1,93 milliards de dollars. Les Etats-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni constituent les principaux contributeurs. L’agence emploie plus de 25 000 salariés, en grande majorité des Palestiniens.

Par comparaison, le Haut commissariat de l’Onu aux réfugiés, qui a en charge les 34,4 millions d’autres réfugiés de la planète (dont les héritiers ne bénéficieront, eux, d’aucune aide), dénombre 10 800 employés, travaille dans 128 pays et dispose d’un budget de 6,54 milliards de dollars (en 2016).

Cependant, malgré une agence spécialement dédiée comme l’UNRWA, le triste sort des réfugiés palestiniens pose question. Il semblerait même que l’UNRWA représente la tragédie des palestiniens. C’est ce que pense Youval Sasson, ex-vice-procureur et actuel directeur du département “Sécurité nationale, défense et espace aérien” du cabinet d’avocats de Ramat Gan, Meitar Liquornik Geva Leshem Tal.

« Sur bien des plans, l’UNRWA est la tragédie du peuple palestinien, déclare-t-il. Il est tout à fait justifié de critiquer l’UNRWA, qui s’attache à perpétuer le statut de réfugiés pour les Palestiniens et le conflit pour toute une génération. L’UNRWA perpétue aussi la pauvreté.
 
Voilà des dizaines d’années que les gens attendent sans rien faire dans les camps de réfugiés, au lieu de se lever et de chercher à améliorer leur niveau de vie. C’est une tragédie.
 
A mon sens, cela nuit en outre aux droits d’autres peuples nécessiteux à travers le monde. En Syrie et en Afrique, les régimes au pouvoir maltraitent leur population en toute impunité, mais il se trouve que les projecteurs restent toujours braqués sur la détresse des Palestiniens »

A ce stade, il est permis d’accuser l’UNRWA et l’ONU d’une véritable exploitation politique du conflit israélo-palestinien, et d’un “laisser-faire”, pour ne pas dire bienveillance, face à la culture de la haine et à la corruption du Hamas et de l’Autorité palestinienne.

Comme le constate le Dr. Einat Wilf, l’experte la plus qualifiée au monde sur l’UNRWA, l’agence fonctionne comme une organisation politique palestinienne dévouée au programme politique du « retour », ce qui implique l’acheminement de cinq millions de descendants de réfugiés palestiniens de 1948 vers Israël, amenant de ce fait avec eux la fin de l’État juif en tant que tel.

Au lieu de nourrir la perspective de la paix, l’UNRWA est le plus grand obstacle à la paix en institutionnalisant, en perpétuant, et en gonflant la question des réfugiés palestiniens et le rêve d’un « retour » palestinien vers ce qui est aujourd’hui l’État d’Israël.

Il est impératif de comprendre que la haine dont fait preuve l’UNRWA est un symptôme d’un problème sous-jacent plus profond : l’existence-même de cette organisation, sa structure et ses opérations, ainsi que sa mission politique de fond.

Certains Etats occidentaux commencent enfin à réagir. D’abord au niveau financier, en se montrant moins généreux et en exigeant la transparence sur l’utilisation des fonds. D’ailleurs, l’agence accuse le coup du déclin des financements internationaux, avec un budget de base affichant un déficit de 65 millions de dollars cette année.

De plus, selon un récent rapport, l’Union européenne (le principal bailleur de fonds de l’UNRWA), a déterminé que l’Autorité palestinienne avait « gaspillé » près de 2 milliards d’euros entre 2008 et 2012.

Il apparaît clairement que sans cette manne financière qui les maintient artificiellement en vie depuis des décennies, l’UNRWA tout comme l’Autorité palestinienne, disparaîtraient.

Mais une autre menace de disparition pourrait être leur incitation à la haine d’Israël et une certaine forme de collusion avec le terrorisme palestinien.

Le 12 février dernier, le directeur de l’organisation indépendante de surveillance UN Watch a livré un témoignage au sujet de l’ONU, d’Israël, et des Palestiniens lors d’une audience d’un sous-comité mixte du Congrès américain, présentant un nouveau rapport exposant 40 nouveaux cas alarmants d’enseignants d’écoles UNRWA à Gaza, au Liban, en Jordanie, et en Syrie.

Les exemples d’incitation de ce rapport incluent les enseignants de l’UNRWA et le personnel célébrant l’enlèvement terroriste d’adolescents israéliens, acclamant les roquettes tirées sur des centres civils israéliens, promouvant diverses formes de violence, effaçant Israël de la carte, glorifiant Hitler en postant notamment sa photo, et publiant des vidéos, des caricatures, et des commentaires ouvertement antisémites.

Et les choses bougent, puisque le 1er juin, l’UNRWA a protesté auprès du Hamas après la découverte d’un tunnel creusé entre deux de ses écoles dans la bande de Gaza. Suite à cette information, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a appelé l’ONU à démanteler l’UNRWA, qu’il accuse d’être anti-israélienne, selon un communiqué de son bureau.

« Au sein des institutions de l’UNRWA, il y a une forte hostilité à l’égard d’Israël. L’existence même de l’UNRWA perpétue et ne résout pas le problème des réfugiés palestiniens. C’est pourquoi il est temps de démanteler l’UNRWA et de fusionner ses activités avec celles du HCR [Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés] », a déclaré Benjamin Netanyahou le 11 juin lors du conseil des ministres hebdomadaire.

Le Premier ministre israélien a précisé qu’il avait fait cette proposition lors de la récente visite en Israël de la représentante des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, qui a accusé le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, qui siège à Genève, de parti pris contre Israël.

« Je lui ai dit que le moment était venu pour les Nations unies de reconsidérer le maintien de l’UNRWA », a-t-il ajouté.

La fin de l’imposture que représente l’UNRWA est-elle donc prochaine ? En attendant, son mandat a été prolongé par l’Assemblée générale des Nations unies jusqu’au 30 juin 2017.