Ce n’est pas la première fois que Paris fait des promesses à Israël et à des dirigeants de la communauté juive de France , et qu’elle ne respecte pas sa parole. Ça vous étonne ? (résumé des épisodes précédents).

En Israël, on n’a pas le sens de la demi-mesure et on sait se faire respecter.

Après le vote du 13 octobre à l’UNESCO, reprenant celui du 16 avril, l’organisation internationale, qui siège place de Fontenoy à Paris, a confirmé que le Kotel et le Har Habayit (mont du Temple) n’avaient pas de caractère juif.

On appréciera le “tact” de l’UNESCO qui a porté ce jugement définitif au lendemain de Yom Kippour, qui au moment de la sonnerie du shofar, se termine par “l’an prochain à Jérusalem”.

Aussitôt connu le vote du 13 octobre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé “ce théâtre de l’absurde” qui s’est donné en spectacle jeudi dernier. ”L’UNESCO a perdu le peu de légitimité qu’il lui restait”.

Dans la foulée, Israël a décidé de rompre tout contact avec des fonctionnaires de l’UNESCO et de ne plus participer à toutes ses conférences.

“Le vote de l’UNESCO apporte un soutien immédiat au terrorisme islamiste. Il récompense les sympathisants du djihad à Jérusalem”, a déclaré le ministre israélien de l’Education nationale Naftali Bennett.
Le vote du 13 octobre est une étape de plus dans les relations tumultueuses entre l’UNESCO et Israël.

Fondée au sortir de la deuxième guerre mondiale le 16 novembre 1945 par l’ONU, l’UNESCO, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, s’est donnée à ses débuts des objectifs des plus honorables : “Contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la charte de l’ONU reconnaît à tous les peuples”.

Israël est admis le 16 septembre 1949 à l’UNESCO, qui inscrira en 2003 la “ville blanche » de Tel Aviv au patrimoine mondial de l’humanité.

Mais en 1974, à une écrasante majorité, l’UNESCO décide d’exclure Israël du groupe régional auquel il appartient car coupable d’avoir entrepris des fouilles archéologiques à coté du Kotel. Pendant plusieurs années, l’Etat juif devient l’apatride de l’UNESCO. Menacé de voir ses fonds coupés par les Etats-Unis, l’un de ses principaux contributeurs financiers, l’UNESCO réintègre Israël en 1979.

Mais la majorité anti-israélienne automatique continue à agir dans ce lieu où il n’est plus question depuis longtemps de faire progresser la connaissance.

C’est ainsi que Jérusalem est proclamée capitale de la culture musulmane, et que l’UNESCO attribue à la tombe de Rachel et au caveau des Patriarches, un caractère uniquement musulman.
L’UNESCO travaille en étroite collaboration avec l’ISECO, l’agence “culturelle » de la conférence islamique mondiale.

Sans aucun problème, elle adopte des résolutions considérant que les sionistes se sont appropriés une légende (la Bible qui est une affabulation) et des lieux saints qui ont été volés aux musulmans.

Violant ses propres statuts, l’UNESCO admet en son sein la Palestine (qui n’existe pas), alors que seuls des pays peuvent en faire partie.

Le 13 avril 2016, l’UNESCO vote une résolution qui ne reconnait aucun droit aux juifs sur le Kotel et Har Habayit. Désormais les manuels de l’UNESCO qualifieront le lieu le plus saint du judaïsme de “Mosquée El-Aksa”.

La France vote en faveur de cette résolution, et seuls des naïfs peuvent croire que l’ambassadeur s’est prononcé de son propre chef sans consultation avec le Quai d’Orsay, Matignon et l’Elysée.

Furieux, Benjamin Netanyahu écrit à Francois Hollande : ”Le soutien international aux efforts palestiniens de nier l’histoire juive, n’est pas seulement immoral. Il est aussi dangereux. Israël considère que de telles résolutions encouragent la violence palestinienne.”

Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls sont chargés de déminer le terrain et d’expliquer qu’il ne s’agit que d’un ”malentendu”. Mais François Hollande soutenant un projet lancé par Laurent Fabius au moment où il quitte le Quai d’Orsay au début de 2016, ne renonce pas en même temps à organiser une conférence internationale pour relancer le processus de négociations entre Israéliens et Palestiniens.

Les principaux intéressés ne sont pas invités à la première réunion qui se tient à Paris. Une initiative balayée d’un revers de la main par le Premier ministre israélien qui préfère des négociations directes avec le président de l’Autorité palestinienne, qui n’en veut pas.

Dépêché en urgence à Jérusalem, Manuel Valls reconnait que le vote français a été “malheureux et maladroit” avant d’aller s’incliner le lendemain devant le mausolée de Yasser Arafat à Ramallah.

François Hollande, qui a reçu Mahmoud Abbas quelques semaines auparavant à l’Elysée, déplore ce “vote fâcheux”, faisant en porter la responsabilité sur la Jordanie, responsable selon lui de l’amendement sur le caractère non juif des lieux saints.

Interrogé par Europe 1, le chef de l’Etat s’engage : “Puisqu’il y aura une nouvelle résolution au mois d’octobre, je serai extrêmement vigilant et je la regarderai personnellement. »

On sait ce qui s’est passé le 13 octobre. La résolution sur Jérusalem portée par plusieurs pays arabes a été adoptée par 24 votes pour, 6 contre dont ceux des États Unis, la Grande-Bretagne, les Pays Bas et L’Allemagne.

Et 26 abstentions, dont celle de la France. On pourra ironiser sur le choix français qui est passé au printemps de “ pour” à “abstention” , synonyme de “qui ne dit mot, consent”.

Cette prise de position ne peut surprendre que ceux qui n’ont toujours pas compris que Paris fait jouer ses intérêts financiers, commerciaux, stratégiques et électoraux. Ces derniers mois, elle a émis des votes contre Israël à l’Organisation mondiale de la santé, à l’ONU et au conseil des droits de l’homme.

Il étonnant que certains ici parlent de leur “surprise”, “déception » demandant à Paris de sortir de son “ambiguïté” , alors que la politique de la France est évidente.

Pour le moment, on reste muet pour expliquer le vote de la France. Rien à l’Elysée, ni à Matignon, au Quai d’Orsay ou place Valois.

Mais Audrey Azoulay, la ministre de la culture et de la culture, enthousiasmée par l’attribution du Prix Nobel à Bob Dylan, a trouvé du temps pour saluer “ce compositeur et musicien, poète exceptionnel, issu d’une famille d’Europe de l’Est ayant fui les pogroms”.