Les faits
A Paris, le Conseil exécutif (CE) des Nations-unies-pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) a adopté le 13 octobre 2016 une résolution proposée par de l’Etat de Palestine. La résolution suit une première tentative analogue datant du printemps dernier.
Cette résolution nie toute relation historique, ethnique, religieuse et sémantique entre le judaïsme en général et le site du mur occidental et le Mont du Temple / Esplanade des Mosquées en particulier. Elle place ce site sous l’Histoire ethnique et confessionnelle unique et exclusive de l’Islam. Elle ne mentionne ni le terme historique hébreu qui désigne le site ni son équivalent en anglais ni en français. Seul figure le toponyme arabe contemporain et politique «Haram al-Sharif» (Saint des Saints).
Sur les 58 Etats que comprend le CE, 26 se sont abstenus, 24 ont approuvé le texte et 6 s’y sont opposés. Deux Etats membres du Conseil de Sécurité (CS) des Nations-Unies (NU) (États-Unis d’Amérique, Royaume-Uni) se sont opposés, deux Etats l’ont votée (Fédération de Russie, République populaire de Chine), un s’est abstenu (France)

Sur le fond
La résolution relève de la falsification historique et confessionnelle. Elle contrevient à l’ensemble des recherches scientifiques et historiques effectuées, transmises et stoquées dans les archives en Israël et dans le monde depuis la nuit des temps. Les études ottomanes, hébraïques, musulmanes, britanniques, arabes, archaïques, modernes et contemporaines foisonnent et sont incontestables, incontestées, consultables et consultées. La résolution politique nie la recherche historique. Le «Mont du Temple» (Har haBait en hébreu) désigne l’esplanade sacrée au judaïsme sur laquelle s’élevait le Temple hébreu et qui a laissé la place à l’esplanade des mosquées (Haram haSharif).
Aux NU comme à l’UNESCO, les mêmes intérêts stratégiques et militaires subordonnent et relèguent la réalité juridique, scientifique et historique à la portion congrue. Comme aux NU, la diplomatie viole, une fois encore, à l’UNESCO, les règles d’impartialité et la recherche de la paix, comme l’y obligent pourtant leurs statuts respectifs. Comme aux NU, la diplomatie des puissances démographiques et financières soumettent à l’UNESCO, leurs principes constitutifs sacrés aux intérêts d’Etats et groupes d’Etats.

Sur le plan sémantique
Rappelons à l’UNESCO – il est extraordinaire d’avoir à le faire! – que l’Histoire de l’Islam confessionnel, régional et local décrivait jusque’à sa mise à disposition aux intérêts militaires, le «Mont du Temple» par Baït ha Mukadas, c’est à dire le même toponyme qu’en hébreu Beït ha Mikdash, ce qui signifie en français «Mont du Temple»! Quant à l’expression usitée par la Palestine actuelle de Haram al Sharif, elle reprend la toponymie hébraïque de Kodesh haKodashim ce qui signifie en français «le Saint des Saints»! C’est dire si la sémantique contredit l’assertion palestinienne reprise par l’UNESCO et au terme de laquelle ni la sphère hébraïque ni la sphère juive n’ont de lien avec le lieu considéré.

La Palestine pourrait reconsidérer sa diplomatie qui victorieuse en apparence demeure vide en profondeur. Pas un diplomate, pas un scientifique, pas un historien, ne peut évoquer cette résolution sans la soumettre à la volonté de détruire historiquement et culturellement la présence hébraïque et déligitimer Israël de la carte des Nations. Elle devrait réaliser de l’utilité de résoudre ses difficultés avec l’Etat hébreu par les moyens légaux et sérieux dont elle dispose en Droit international public (DIP). Il est vrai que le comportement électoral de la majorité des Etats qui composent l’UNESCO et son CE parrainent le détournement des règlements de la plupart des organisations internationales telles les NU et l‘ UNESCO.
Quant à la France, membre permanent du CS des NU, ancienne puissance coloniale, notamment au Proche-Orient, puissance scientifique et historique, qui comporte -pour combien de temps encore – la plus grande communauté juive d’Europe et la troisième du monde, il est difficile de ne pas regretter qu’elle a choisi l’ abstention plutôt que l’opposition lors du vote. Lors du dernier vote sur ce curieux sujet, le président français François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls avaient regretté le vote de la France -ce qui compte tenu de la hiérarchie de la fonction publique laisse pantois – et promis qu’ils ne soutiendraient plus aucune de ces résolutions à l’avenir. Le pas de plus, l’opposition, n’auraient certainement nuit ni à la vérité historique, ni à l’éthique internationale dont se réclament la France et l’UNESCO.
Mensonges, exacerbation des conflits, violation de la règle de DIP et des règlements de l’UNESCO, tergiversations diplomatiques, subordination des compétences scientifiques et historiques au profit des intérêts militaires et stratégiques: tel est à la fin de 2016, le triste bilan proposé en toute indignité organique par la majorité des Etats membres de l’UNESCO et du conseil exécutif de celui-ci. Il est à craindre que le principal résultat de cette stigmatisation soit la vanité et la vacuité de ses démonstrations.
Pierre SABA
14 octobre 2016