Lors de sa 199e session et sur proposition de l’Algérie, de l’Egypte, du Liban, du Soudan, du Maroc, d’Oman et du Qatar, le conseil exécutif de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) a voté un projet niant et effaçant les caractères ethniques, religieux, historiques et géographiques du peuple hébreu et de la confession juive sur la cité de Jérusalem.

Ce texte est provisoire et non définitif. Il a été proposé à l’initiative d’Etats membres de la Ligue des Etats Arabes. Cette organisation est composée d’Etats majoritairement hostiles à l’existence de l’Etat d’Israël. Il suit et poursuit une politique visant à effacer toute légitimité historique, géographique et géopolitique de l’Etat hébreu.

S’agissant de la dénomination «Palestine occupée», rappelons qu’elle n’existe et n’est permise qu’en vertu des dispositions adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies, composée des délégués représentants les Etats membres. Cette dénomination ne correspond à aucun critère de Droit international public et n’est appliquée de façon discriminante qu’à l’encontre de l’Etat d’Israël.

Les «territoires occupés» par Israël sont le résultat de guerres déclarées contre lui et qu’il a gagnées. Il s’agit d’une conformité aux droits inhérents à la résolution de tous les conflits dans l’histoire et sous toutes latitudes.

Par exemple non exhaustif, les territoires français confisqués par l’Allemagne en 1940 et récupérés par la France en 1945 à l’issue du conflit entre les deux pays lors de la seconde guerre mondiale ne sont pas qualifiés de «territoires occupés». Il appartient à l’autorité publique israélienne d’ester devant les juridictions compétentes pour rectifier cette qualification inadéquate et exclusive.

L’adoption définitive de ce projet provoquerait une négation ridicule et nocive de l’histoire. Elle entrainerait une nouvelle dérive réglementaire et juridique des organisations internationales. Elle porterait une responsabilité dans l’éloignement de la résolution des conflits en général et du conflit israélo-arabe en particulier. Elle consignerait l’accord de l’UNESCO dans la manipulation dont elle est l’objet de la part de puissances déclarées ennemies de l’Etat hébreu. Elle désavouerait la création de cet Etat par les Nations unies en 1948.

Il est impératif que les règlements de l’UNESCO ne soient pas dévoyés mais soient au contraire respectés. La falsification de l’Histoire est un délit qui ne saurait être un moyen au service d’une organisation internationale. Il est de la responsabilité du secrétariat de l’UNESCO, de sa directrice générale, des Etats membres de l’organisation, des représentants des démocraties, et notamment de l’Etat d’Israël de mobiliser leurs énergies et leurs temps afin que ce projet ne soit pas adopté définitivement.

Lors de cette session, certains Etats fondateurs de l’UNESCO comme la France ont cru devoir voter en faveur de ce projet qui déstabilise encore un peu plus l’organisation en l’éloignant de ses statuts et de ses obligations. Il semble indispensable que dans ces pays, les personnes et les groupes de personnes attachées aux valeurs de l’histoire, du droit et de l’UNESCO se mobilisent pour saisir et sensibiliser leurs pouvoirs publics (maires, parlementaires, exécutifs, etc…)

Il y va de l’honneur et de l’efficacité de l’organisation et des Etats qui la composent.

Pierre Saba

28 avril 2016