Pierre Rehov est un documentariste spécialisé dans le conflit israélo-arabe et la psychopathologie terroriste.

Pensez vous que la résolution de l’Unesco sur le mont du temple est une forme de terrorisme culturel insufflé par les arabo-dictatures qui s’étendent de plus en plus mondialement grâce à l’accumulation de leur fortune ?

Vous avez absolument raison d’employer l’expression « une forme de terrorisme » concernant une organisation censée promouvoir la paix et la culture à travers le monde, mais qui a été littéralement kidnappée par la majorité automatique pro-Arabe dont souffrent la quasi totalité des institutions dépendant des Nations Unies.

Ce qui me choque le plus dans cette aventure ridicule, ayant conduit l’UNESCO à déjudaïser, et par là-même déchristianiser le mont du Temple, c’est la lâche attitude de l’Europe. Malheureusement, le débat est vaste dans ce domaine.

L’Europe souffre de trop de tares issues du mécanisme même qui l’a créée et qui en a fait une technocratie aux pieds d’argiles, assoiffée de produits pétroliers, vieillissante, et menacée par une immigration agressive et galopante.

N’oublions pas que, pour des questions techniques, l’Union européenne a, également, déclassé le Hamas en tant qu’organisation terroriste.

Peut on dire que le mot « dictature » s’est de plus en plus banalisé et n’a plus son sens grave premier ?

Lorsque l’on accuse Donald Trump d’être un dictateur potentiel, il est certain que le terme est largement galvaudé. En revanche, le nombre de dictateurs sévissant sur cette malheureuse planète continue d’être aberrant.

D’autant que des démocraties comme la Turquie se sont laissées séduire par le chant de l’islamo-fachisme, et ont effacé un siècle de progrès et de modernisme pour sombrer de nouveau dans la pire des dictatures.

Je n’aime pas les images en noir et blanc, mais il faut avouer que le clivage démocraties/dictatures est de plus en pus prononcé, ces dernières étant pour la plupart issues d’une culture religieuse ou d’un misérabilisme post-communiste.

Il suffit de penser aux gouvernements iranien, turc, vénézuélien ou encore nord-coréen pour conclure que le terme est loin d’être banalisé. Ceci étant dit, il est vrai que l’exagération étant à l’ordre du jour dans la presse, et surtout sur les réseaux sociaux, le dictateur, le nazi, le fasciste, est souvent tout simplement celui qui pense différemment.

Pensez vous que la gauche, qui prétend soutenir la résistance palestinienne aide en fait la dictaturo-Palestine, notamment en condamnant la démocratie Israélienne mais aussi en ayant aucun avis critique sur le Hamas qui pourtant est financé par ces arabo-dictatures ?

La prétendue gauche se cherche car l’explosion du bloc soviétique, la découverte des génocides commis au nom du communisme, et la libéralisation progressive de la Chine lui a fait perdre un grand nombre de repères.

Il lui restait une cause, facile à laquelle s’accrocher, à condition qu’elle accepte de replonger dans les travers du populisme façon national-socialiste. Faire du Juif un bouc émissaire est une méthode qui a toujours fait ses preuves en temps de crise.

Dans la situation présente, la gauche boit du petit lait, car le bouc-émissaire en question est un pays tout entier, dont l’existence même est contestée par un tiers de la planète.

La gauche, en fait, se fiche totalement des Palestiniens. Ce qui l’intéresse c’est de remettre à jour son agenda, au détriment d’une minorité qu’elle peut accuser de tous les méfaits avec la complicité des médias… de gauche pour la plupart.

Est-ce le scandale de la résolution de l’Unesco concernant le mont du temple, ce mensonge islamiste complet, qui vous a motivé à préparer le documentaire « TEMPLE MOUNT-The true story » (Le mont du temple – La vraie histoire) ? Ou vouliez-vous déjà le faire par-delà cette actualité ?

Pour répondre le plus simplement du monde, la résolution de l’Unesco m’a révolté, mais cette révolte est surtout le résultat d’une accumulation.

Les Nations unies sont, aujourd’hui, le pire ennemi du monde libre et, par extension, d’Israël, dont les succès dans tous les domaines exaspèrent les dictatures islamo-fascistes.

Je me suis déjà intéressé de près à l’UNRWA, cette monstruosité créée en 1948 avec un mandat d’un an, et qui, 70 ans plus tard, continue de souffler sur les braises du terrorisme palestinien, sans lequel ses cadres ne pourraient pas continuer à rouler en Mercedes et Land Rover, en promouvant un « droit au retour » impossible dans les faits.

Ma fureur et mon dégoût se sont provisoirement détournés de l’UNRWA pour se reporter sur l’UNESCO.

Comment avez-vous décidé de financer ce projet ? Les internautes peuvent-ils participer ?

J’ai lancé un crowdfunding qui a déjà fait remonter 20 % du budget, et j’ai reçu quelques promesses d’organisations juives et chrétiennes.

Voilà l’adresse internet du projet : https://www.indiegogo.com/projects/temple-mount-the-true-story#/

Le documentaire réalisé, quelle sera votre stratégie ? Créer un documentaire archivé et consultable ? Comment le diffuser pour assurer une ré-information internationale déterminante ?

Cette fois, contrairement à d’habitude, je compte offrir le documentaire réalisé à travers tous les réseaux sociaux disponibles, et une partie du budget sera consacré à le lancer et, peut-être, rendre sa diffusion virale.

De nombreux événements montrent que la jeunesse américaine devient de plus en plus anti-sioniste et pro palestinienne. Notamment à travers la campagne BDS qui prend une grande importance sur les campus Américains. A quoi cela est dû ? L’expansion dans la sphère atlantiste des arabo-dictatures ? Ou d’autres motifs ?

L’expansion atlantiste des dictatures islamo-fascites est l’une des causes, et certainement les fonds astronomiques investis dans des campagnes nationales ou locales, visant surtout les prochaines générations.

Leurs spécialistes en communication ont su créer une mode, qui n’est pas sans ressembler à l’engouement pour Che Guevara dans les années 1970.

Les jeunes ont besoin de causes auxquelles se rallier. Les images de F-16 et de tanks opposées à celles de civils « pacifiques » et d’enfants terrorisés sont faciles d’utilisation.

Malheureusement, Israël et la communauté juive ont mis longtemps à comprendre ce que j’exprime depuis l’affaire Mohammed Al Durah, c’est-à-dire depuis 14 que je réalise des films de contre-désinformation. Une image vaut mille mots.

Et nos intellectuels continuent de penser qu’il suffit d’expliquer pour se faire comprendre. Alors que c’est tout le contraire. Il aurait fallu dénoncer, montrer la réalité de la société palestinienne. Les crimes d’honneur. La corruption de leurs leaders. Les guerres de clans…

Un jeune partisan du BDS pense qu’il lui suffit de mettre un keffieh autour du coup et de clamer « Vive la Palestine » pour devenir un combattant. Nous sommes dans le minable, dans le petit, dans l’infâme. Mais cela marche. Et c’est pour cela qu’il faut se montrer de plus en plus vigilant.

En quoi selon vous, le mont du temple est important pour le peuple juif et pour l’humanité dans sa totalité ?

La société occidentale, pour l’instant gardienne des principes fondamentaux de l’humanité, est, par essence, judéo-chrétienne. Elle s’est bâtie sur l’éthique juive et la philosophie grecque.

Le mont du Temple, par sa symbolique, est au cœur de cette construction. Les islamistes, en s’accaparant d’un symbole aussi fort, savent très bien ce qu’ils font.

L’islam, d’ailleurs, n’a cessé de construire ses Temples à l’emplacement de ceux érigés par les « infidèles ». La théorie du remplacement est l’ethos de l’islam, tout autant qu’elle a pu être celle d’un christianisme moyen-ageux.

N’oublions pas que l’islam est une religion basée sur les textes juifs et chrétiens révisés en fonction des besoins de leur Prophète. Ils ont fait d’Abraham, de Moïse et de Jésus des prophètes de l’islam qui s’ignoraient. Désormais, grâce à l’UNESCO, il pourra être écrit que Jésus a chassé les marchands… de l’esplanade des mosquées.

Pensez vous que la construction du troisième temple est inévitable et que cela tôt ou tard sous entend un conflit majeur et frontal avec l’islam ?

Je pense, hélas, qu’un conflit majeur opposera à terme l’islam et le monde Occidental. Je crois totalement aux thèses exprimées par Samuel Huntington dans « Le choc des civilisations ».

Sous Obama, des alliances contre nature, nord sud, étaient en train de se former, avec la complicité de l’Europe. En disant cela, je pense à Eurabia de mon amie Bat’ Ye or. Avec Trump, nous risquons de revenir à une normalité, qui présentera bien d’autres dangers, car le mal est déjà fait et, j’ai bien peur qu’il ne soit trop tard.

Je pense à cette alliance américano-russe que j’appelle de mes vœux depuis longtemps, et qui sera, à mon sens, la seule garante d’une défaite de l’obscurantisme islamiste. S’agira-t-il alors de profiter d’une opportunité ? Je n’ai pas d’avis tranché sur la question.

Le dôme d’Omar, que beaucoup confondent avec la mosquée Al Aqsa est une très belle construction. Faut-il qu’elle reste à cet emplacement ? Pourquoi les conquérants les plus sanguinaires de l’histoire devraient-ils avoir le dernier mot ? Ce sont simplement des questions que je me pose.

Sur le mont du temple, il est interdit aux Juifs de prier, la police scrute le mouvement de leurs lèvres. Un ami à moi, Nicholson, s’est fait lynché par la foule, juste pour avoir sorti le drapeau d’Israël sur le mont du temple. Cette situation est surréaliste et montre que le totalitarisme des islamo-dictatures fixe les règles du jeu, aussi folles soient elles, sur le mont du temple. Pensez-vous que c’est une faiblesse de la part d’Israël d’avoir accepté ce statu quo pourtant scandaleux ?

C’est plus qu’une faiblesse. C’est une hérésie. Dans toute l’histoire de l’humanité, lorsqu’un pays est agressé, attaqué, et qu’il remporte la victoire, il remporte également un droit de conquête. Il n’y a qu’à se souvenir du statut alternatif de l’Alsace et de la Lorraine…

Mais je pense qu’en 1967, les Israéliens n’en revenaient pas de leur propre victoire. Et puis, Moshe Dayan, à l’époque, en tant qu’archéologue amateur et collectionneur d’artefacts, avait des visées personnelles sur cet emplacement, qui l’ont conduit à trouver un terrain d’entente avec la Jordanie.

Ce n’est pas, non plus, dans la mentalité juive, surtout à la fin du 20e siècle, d’imposer sa loi. Cet ensemble de faits a conduit au statu quo.

Dans le passé, les communautés vivaient entre elles. Si bien que les non-juifs ne connaissaient pas les lumières du judaïsme et leur message universel. Avec l’arrivée d’Internet, le judaïsme se diffuse à travers le monde et de plus en plus de rabbins donnent des cours pour tous en vidéo. Pensez-vous que la communication sera un des plus importants cheval de bataille d’Israël, justement parce que ce qui est bon, peut être dit et triompher ? Que si c’est une guerre de l’information, c’est aussi la guerre du savoir qui triomphe sur l’ignorance ?

Il est dit qu’un mensonge peut faire trois fois le tour de la terre avant qu’une vérité ait le temps de s’exprimer. Rien dans l’histoire de l’humanité ne me permet d’être optimiste quant à la rapidité avec laquelle pourraient se répandre la culture et la science.

Aujourd’hui, l’humanité est en souffrance et en recherche d’identité. Un siècle et demi de matérialisme, la complexité de l’information dans tous les domaines, conduit chacun à un niveau d’anxiété qui n’existait pas par le passé. Je suis d’accord pour dire que la communication sera très importante pour Israël.

Mais Israël brille avant tout par ses découvertes scientifiques, ses développements dans la recherche médicale, ses progrès dans le domaine de l’agriculture et de l’eau… Si l’éthique du judaïsme se repand, c’est en effet un bien. Mais restons sur cette notion d’éthique, plus importante que la ritualisation de la spiritualité.

Et enfin, cher Pierre, pensez-vous que la situation mondiale montre un avenir serein pour Israël, ou au contraire, de grands défis complexes et lourds à surmonter ? La situation pour Israël selon vous s’améliore ou s’aggrave ?

S’améliorer, évidemment. Regardez où nous en sommes, après seulement sept décennies !