Les conséquences de l’accord-cadre en voie de conclusion entre l’Iran et les grandes puissances ne se sont pas fait attendre. La Russie s’est empressée d’informer Téhéran, qu’elle allait lui livrer les missiles antimissiles S 300 en attente depuis 5 ans en vertu de l’embargo qui avait été imposé alors.

Cette arme défensive, particulièrement performante mettra les installations nucléaires, à l’abri d’éventuelles attaques venant d’Israël ou de toute autre puissance. C’est à  dire  que Barak Obama ne pourrait plus  choisir l’option militaire comme  il s’y est engagé, si l’accord venait à ne pas être conclu, ou ne pas être respecté.

Israël ne peut que déplorer ce coup bas qui confirme les craintes de Benyamin Natanyahu et de nombreux observateurs américains et français sur les dangers que présente l’obstination du président américain à vouloir conclure à tout prix un accord apparemment à géométrie variable, dont on ne connait même pas les termes qui changent semble-t-il selon les signataires, chacun l’interprétant à sa façon.

Autrement dit, jusqu’au 30 Juin, nouvelle date-butoir, si des précisions ne sont pas apportées, chacun continuera à le traduire comme il voudra. Et si les nations occidentales n’ont pas obtenu, comme le demande le premier ministre israélien, une diminution sensible du nombre de centrifugeuses et du stock d’uranium enrichi, la possibilité de visiter à tout moment toutes les installations et leur contrôle très strict, l’Iran aura gagné sur toute la ligne.

Il continuera au nez et à la barbe de l’Occident sa marche à grands pas vers l’arme atomique en ayant obtenu la levée des sanctions ce qui entrainera une amélioration considérable de son économie et du niveau de vie de ses citoyens, affermira le régime et lui permettra de poursuivre ses activités  expansionnistes et terroristes.

La politique du président américain aura comme résultat prévisible outre la prédominance de Téhéran sur la région, un accroissement de la course aux armements, pour le plus grand bénéfice des marchands de canons mais au plus grand dam des populations locales qui  vivent en permanence sur des montagnes de fusées, missiles, engins de mort de toutes sortes qui s’élèvent de jour en jour. Au Moyen-Orient, on pouvait voir  parfois des hommes se promener avec un revolver à la ceinture, aujourd’hui, la mode, le fin du fin c’est d’arborer un bazooka sur l’épaule.

Et se profile en filigrane l’éventualité de voir toutes les nations voisines être également tentées par la possession de l’arme atomique.

Quand on considère l’instabilité actuelle de la région, l’amoncèlement d’armes de toutes sortes et l’usage qui a été fait en Lybie et dans les pays voisins de l’arsenal qu’avait constitué Khadafi, on ne peut s’empêcher d’être  inquiet et de se demander comment tout cela va se terminer.

La responsabilité de l’administration américaine autant républicaine que démocrate, est lourde dans la rupture d’un équilibre qui valait ce qu’il valait mais qui n’avait rien à voir avec le chaos actuel.

Un chaos meurtrier auquel notre pays n‘est pas étranger.

On peut se demander en effet avec le recul du temps s’il était absolument indispensable d’éliminer le lybien Khadafi qui s’était assagi et ne menaçait plus personne.

Ceux qui ont échoué en Irak, en Lybie, en Syrie, veulent maintenant consciemment ou inconsciemment remettre aux Ayatollahs les clés du Moyen-Orient, persuadés que sous leur direction tout rentrera dans l’ordre et qu’ils sauront y  établir une pax iraniana, une paix iranienne  idéale…

Que l’on nous permette d’en douter !