Avec la vague d’élections en Israël, le sujet de la paix avec les Palestiniens refait surface.

Certains n’en parlent pas du tout, se focalisant sur les aspects sociaux, d’autres sont plus orientés sécurité et force omettant de trop parler des aspects sociaux, enfin, il y a bien sûr ceux qui font le lien entre une politique de paix et une politique sociale.

Alors où en est la situation avec les Palestiniens ?

Trop de temps est passé entre le début des discussions d’Oslo et aujourd’hui.

Si à un moment un espoir de paix a émergé avec la création de deux États pour deux peuples, cet espoir a disparu.

Et il y a de nombreuses raisons à cela. Projetons-nous 20 ans plus tôt.

Tout d’abord, Israël avait commis l’erreur tragique d’accepter de discuter du statut de Jérusalem. Cela voulait donc dire que l’annexion et l’unification de Jérusalem n’était pas définitive. Le tragique est que pour 90 % des Israéliens, il n’a jamais été question de désunifier Jérusalem qui a été reprise il y a 48 ans.

Cette erreur, donnant aux Palestiniens une vision de faiblesse d’Israël et un espoir de revanche, a couté la vie à de nombreux Israéliens, victimes du terrorisme qui faisait au milieu des années 1990 une victime par jour en moyenne. Elle a aussi couté la vie à Yitzhak Rabin.

Aujourd’hui Netanyahou clame haut et fort l’unité de Jérusalem mais à gauche on pense toujours à une possibilité de partage. Cette situation bancale pose problème à toute négociation de paix.

Que peuvent espérer les Palestiniens ? De plus, Israël n’a jamais fait aucune proposition de retrait de Judée-Samarie qui dans les faits n’est pas occupée car elle n’a jamais appartenu à un État Palestinien.

Sauf volonté de calme urbain des États occidentaux, cette partie du monde ne donne pas plus de droit d’implantation à Israël qu’aux Palestiniens. Ou dans l’autre sens, donne le droit aux deux parties de construire et de se développer.

En 2000, soit 33 ans après la guerre de 67, Ehoud Barak avait proposé à Arafat le retour aux lignes de 67 sauf pour les grandes cités déjà implantées à l’époque et la partie est de Jérusalem comme capitale Palestinienne à l’exception du mont du Temple (Unique lieu saint du Judaïsme).

Pour refuser une proposition quasiment signée en présence de Clinton, Arafat avait sorti du chapeau l’ajout du retour des réfugiés, le jour de la signature, à la grande surprise de Clinton. Ainsi, Arafat a tout rejeté en bloc. Il veut tout. Mais tout quoi ?

Après ce refus, il est aujourd’hui évident, qu’Israël n’a pas de solution « territoriale » à proposer pour la création d’un État Palestinien viable et indépendant. Il n’est plus question d’abandonner la zone du mont du Temple dont une partie non négligeable est désormais habitée par des Israéliens.

Il n’est plus question non-plus, car irréaliste, de se retirer sur les frontières de 67 du fait du développement du nombre d’Israéliens en Judée-Samarie obligeant Israël à indemniser des dizaines de milliers d’habitants ainsi que des entreprises et des usines faisant par ailleurs travailler des Palestiniens. D’où cet état de statut quo où on continue à vivre sans faire de remous, sans aucune possibilité de proposition qui entrainerait un soulèvement populaire en Israël et la chute immédiate du gouvernement.

Côté Palestinien, après le refus d’Arafat des propositions très généreuses d’Ehoud Barak, il y a eu un repli dans une position de refus total de tout. Barak avait offert plus que tout homme politique israélien pourrait offrir aujourd’hui 15 ans plus tard. Israël compte près d’un million d’habitants en plus depuis les (dés)accords de Camp David de 2000. Les villes ont toutes grandies. Et les Palestiniens ont de plus ajouté à leur panoplie, une partie importante de leur arsenal : le Hamas, qui souhaite la destruction pure et dure d’Israël.

Ce même Hamas qui a attaqué Israël en 2007 et en 2014. Ce même Hamas qui est partenaire de M. Abbas. La situation palestinienne pour négocier est donc aujourd’hui uniquement basée sur sa capacité de nuisance au Moyen-Orient mais aussi en Europe ; cette Europe qui n’a de cesse de condamner Israël pour gagner en tranquillité.

La complaisance des médias occidentaux et des nombreuses ONG financées par les États du golfe aussi bien que par les pays européens a réussi en partie son œuvre de délégitimisation d’Israël. C’est donc une opportunité pour les Palestiniens qui pensent qu’une pression terroriste, avec l’appui de sympathisants de Daech, sur des citoyens européens pourrait devenir une force contre Israël.

Alors si les Israéliens n’ont pas vraiment grand-chose à proposer et si les Palestiniens attendent quelque chose qu’ils ne peuvent pas obtenir, comment les politiques israéliens peuvent-ils envisager une paix entre deux peuples sur deux États ?

Coté Israélien, Netanyahou a récemment fait un test de bonne foi vis à vis des Palestiniens. Si on oublie la partie territoriale d’un accord, c’est-à-dire un éventuel retrait d’Israël sur l’ensemble des frontières de 67 y compris Jérusalem, que reste-t-il d’Israël ?

Il lui reste quand même un territoire très proche de celui d’aujourd’hui et dont la vocation est toujours d’accueillir le peuple Juif. Un petit territoire fortement peuplé, foyer d’un petit peuple.

L’idée est de dire, qu’avant de parler de frontières parlons d’identité. Un État Palestinien pour les Palestiniens (« propre de Juifs » comme l’a affirmé le négociateur palestinien Saeb Erekat), et un État juif pour les Juifs. Un État juif, foyer national du peuple juif mais avec quand même 20 % d’Arabes et dont les déclarations racistes d’Erekat sont acceptées en silence. Deux États pour deux peuples.

Eh bien non. Même ça c’est refusé. Abbas comme le Hamas refusent à Israël d’être le foyer national du peuple juif. Abbas le modéré refuse de reconnaître Israël comme État Juif. Les territoires, l’occupation, l’État Palestinien, … tous ces mots qui sont prononcés plusieurs fois par jour n’ont finalement que peu de sens. Alors la question est : Que veulent les Palestiniens ?

Je n’ose le dire bien que j’ai une réponse à la question. Mais elle n’est pas acceptable pour Israël et pas politiquement correcte. Pour donner une indication à ceux qui doutent, il faut regarder ce que font les djihadistes, les radicaux, les « déséquilibrés » en France et ailleurs.

Ils tuent des Juifs. Pour eux l’ennemi c’est le Juif. Où qu’il soit. On peut aussi regarder l’État Palestinien tel qu’il apparaît dans les livres d’école des enfants palestiniens. Alors dans ce cas on peut mieux comprendre les déclarations du Hamas, des Mollahs d’Iran, d’Erekat. Les seuls mots qui ont du sens sont Israël et Palestiniens ou plus généralement Juifs et Musulmans.

Pour moi cela semble évident. Ils ne veulent pas d’un État d’Israël quel que soit sa taille. Le fait même qu’un État juif puisse exister est inacceptable pour eux. Alors bien sûr revient la question politique que tout le monde se pose, quelles propositions pour quelle paix ?

La réponse est implacable : il n’y a pas de proposition possible sans acceptation de l’identité de l’autre.

Toute déclaration d’intention de négocier ou tout espoir de paix sans effacer son identité est vaine et vide de sens. Aucun gouvernement israélien n’est capable en 2015 de faire au moins autant que Barak en 2000.

Vouloir faire la paix pour faire la paix ne peut traduire qu’une position de faiblesse.

Négocier à tout prix peut être une occupation intéressante pour les Palestiniens qui reprendraient une position politique active, pour l’Occident qui pourrait encore organiser des réunions et faire des photos de famille et pour les Israéliens qui pourraient sans doute empêcher le TPI de prendre des mesures contre des personnalités israéliennes, car elles ne pourraient plus participer aux négociations et réunions à l’étranger.

Mais rien pour une vraie paix.

Parfois je me demande si une déclaration unilatérale d’un État palestinien n’est pas une bonne chose. Mais elle n’arrive pas. Et c’est normal.

Alors faut-il encore vraiment espérer mieux que le statu quo actuel ? Faut-il aller jusqu’à imaginer une annexion de la Judée-Samarie pour pouvoir circuler sur les routes sans risque de lynchage ? Ne serait-ce pas dans ce cas une solution à la libre circulation des travailleurs palestiniens ? A leur accès aux services de santé ?

Peut-être…