Mercredi 15 juin, nous étions à la présentation – débat d’Evelyne Gougenheim, candidate à la présidence du Consistoire Central.

Modernité, transparence et démocratie

Evelyne Gougenheim présente son projet pour le Consistoire Central autour de trois axes essentiels : modernité, transparence, démocratie.

Un livret est distribué détaillant tous les points. Elle reprend la chronologie de sa candidature : au début de son action en tant que trésorière, lorsqu’elle signait des chèques qui lui semblaient invraisemblables ; lorsque le 29 novembre 2015, il y a eu une proposition pour modifier les statuts du Consistoire et ainsi rendre rééligible indéfiniment le Président et retirer le vote direct aux membres de la communauté ; lorsque, alors que sa candidature était déjà validée par la Commission électorale du Consistoire, des avis halachiques négatifs ont été émis par des Dayanim français sur la possibilité d’une candidature féminine à la présidence de l’institution juive.

Entre autres choses, nous apprenons ce soir-là que Moïse Cohen, ancien Président du Consistoire de Paris, n’étant plus administrateur au Consistoire, lesquels sont désignés par le Président, ne peut simplement pas se présenter aux élections.

Nous apprenons également que sur les dix associations du Consistoire Central, l’actuel Président cumule la présidence de huit d’entre elles, et que les postes de Secrétaire et Trésorier sont répartis entre quelques autres personnes, qui cumulent également.

Nous apprenons que les dépenses annoncées sur les plaquettes de campagne de dons ne correspondent pas aux comptes publics, qui eux-mêmes sont incomplets. Pourtant il y a 34 millions d’euros de déficit.

Concernant l’élection de ce dimanche 19 juin, nous apprenons que le Président des Consistoires aura un temps de parole en ouverture, en tant qu’actuel président comme « c’est l’usage », puis les deux candidats auront 10 minutes de parole chacun, ce qui donne un temps de parole indéterminé au 1er candidat. Les électeurs (présidents et rabbins des communautés) seront accueillis par les salariés du Consistoire et l’actuel Président en personne. Un homme dans la salle s’emporte : « Mais les électeurs n’ont même pas reçu leurs cartes d’électeurs ! ».

Une assistance intéressée

Les questions fusent dans la salle, pourtant peu remplie. Des présidents et présidentes de communautés sont présents. Parmi les interventions, de nombreuses marques de soutien à la candidate. Les questions nous amènent sur la notion de justice : faut-il pousser jusqu’aux tribunaux civils? Nombreux sont ceux qui souhaitent l’éviter autant que possible, et régler ces affaires en interne afin de ne pas salir l’institution publiquement. Mais on note que depuis toutes ces années, les affaires en interne ne sont pas vraiment réglées, et que les lois françaises sont là pour jouer ce rôle.

Il est naturellement rappelé que nous sommes tous là pour le bien de l’institution, nous sommes au service du Consistoire, au service de la communauté juive de France, et c’est tout l’objectif de la candidature d’Evelyne Gougenheim, de faire avancer la communauté.

Evelyne Gougenheim est confiante pour dimanche. Mais élue ou pas, elle affirme que ce n’est que le début d’un nouveau mouvement pour la démocratie, et qui demande assurément à être soutenue. Cette campagne a au minimum ouvert un débat, et il n’est pas prêt d’être clos.

La suite, ce dimanche 19 juin, et à l’Assemblée Générale du 26 juin !

Sandra Jerusalmi, Michael Amsellem.