Comment peut-on être antisioniste ? D’après la définition donnée massivement ces derniers jours, être antisioniste c’est être « hostile envers l’État d’Israël ». Aussi, on peut se poser la question de l’existence d’un terme qui définit une hostilité envers l’état français, ou les États-Unis. Il n’en existe pas. Il est possible d’être hostile envers une politique, envers un gouvernement. Mais pas envers un état qui a été créé unanimement aux Nations-Unies.

Derrière l’antisionisme, un antisémitisme de plus en plus assumé.

Une manifestation qui sert l’image et les débats

Manifester place de la Bastille le 19 février était une belle action, sur le plan de l’image en tout cas. Mais la question de l’utilité de cette manifestation se pose. Deux éléments de réponse peuvent être apportés.

Premièrement, cette manifestation a permis de mettre en avant les formations politiques ou associations. C’était un combat d’égo. Tous les partis ont lancé un appel à manifester, avec évidemment un point précis de rassemblement. C’était à celui qui avait le plus de partisans derrière lui, comme si la cause de l’antisémitisme était une démonstration de force, cloisonnée et emprisonnée derrière une lutte plus grande pour eux, celle de l’image. Notre formation réunit le plus de sympathisants, c’est nous qui luttons, plus que vous, contre l’antisémitisme.

Ensuite, elle a servi le débat en plateau. En effet, cette manifestation a donné des grains de café aux éditorialistes, qui ont pu débattre de longues heures sur les notions d’antisémitisme ou celles d’antisionisme. Un débat vide de sens.

Malheureusement cette manifestation n’aura aucun effet concret. L’antisémitisme continue et continuera de progresser en 2019. Les plus nuancés se définiront comme « antisionistes », les plus honnêtes se caractériseront comme antisémites.

Retour sur un défilé rempli d’hypocrisie

Clémentine Autain, Michel Larive, Danièle Obono et Muriel Ressiguier. Ces quatre députés de La France Insoumise étaient présents à la manifestation contre l’antisémitisme. L’hypocrisie est totale. Ces quatre députés souhaitaient effectuer un voyage pour rencontrer Salah Hamouri et Marwan Berghouti.

Salah Hamouri est un membre du FPLP (Front Populaire de la libération de la Palestine), mouvement qui figure sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne, au même titre que Daesh. Salah Hamouri est responsable du vol Air France sur Entebbe en 1976, de l’attentat de la rue Copernic en 1980 et aussi de l’attentat de la synagogue Har Nof à Jérusalem en 2014. Il appelle ouvertement au massacre des juifs. Quant à Marwan Barghouti, il a été condamné plusieurs fois à perpétuité pour sa participation à des attentats terroristes qui ont couté la vie à de nombreuses victimes. La réalité refait surface.

Le responsabilité d’Emmanuel Macron

Des paroles, le chef de l’Etat en a eu. Des bonnes, comme le 16 juillet 2017 où il faisait clairement le lien entre antisémitisme et antisionisme lors de la commémoration des 75 ans de la rafle du Vel d’Hiv en compagnie du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Etait-ce par électorat ? Par séduction ? Le présent nous a prouvé que ce n’était pas par honnêteté.

Le 19 février 2019, alors qu’un groupe de députés souhaite punir l’antisionisme comme l’antisémitisme, en réaction à la récente multiplication des actes antisémites en France, Emmanuel Macron s’y est opposé. Quelles sont les raisons qui lui ont fait changer d’avis ?

Avec cette décision, le président de la République prend la responsabilité de laisser s’exprimer pleinement l’antisémitisme à travers l’antisionisme. Les antisémites ont de beaux jours devant eux.