« Tant de mots pour nommer l’amour en hébreu ! De l’amour physique, qui se dit du même mot que « connaître », à l’amour de Dieu qui se dit du même mot que « penser ». Aimer : attitude profondément juive.

Le Judaïsme est amoureux de la vie, de l’homme, du savoir, de l’avenir, et par-dessus tout, de l’amour. » , rappelle Jacques Attali dans l’introduction de son « Dictionnaire amoureux du Judaïsme » (Plon Fayard, 2009). Je partage aussi avec cet écrivain l’idée que le Judaïsme, « bien qu’il soit le socle de tous les autres monothéismes, reste caricaturé et très mal connu. »

Que sais-je du Judaïsme et des Juifs, moi qui suis goy (non-juif) ?

D’abord une évidence : les Juifs croisés sur ma route m’ont toujours tendu la main de différentes manières. Si je regarde en arrière, c’est Charlie Baum qui me commande quelques films, alors qu’il n’était pas obligé de faire appel à un obscur réalisateur débutant ; c’est Henri Konfinoff, qui me tire de difficultés financières en m’embauchant momentanément comme peintre en bâtiment ; la famille Silvy (Morgenstern), mes voisins quand j’habitais rue du Sentier à Paris, m’a accueilli pour fêter Hanouka chez eux, entre autres ; une autre famille, les Paris, m’a invité à la Bat Mitsvah de leur fille Blanche (célébration à la Synagogue de la rue Gaston Cavaillet à Paris par le rabbin Daniel Farhi) ; le Times of Israël m’accueille comme blogger, et je les en remercie. Je pourrais multiplier les exemples.

Il y a ensuite mon penchant naturel pour la pensée juive sous toutes ses formes : le Judaïsme et ses courants philosophiques, mais aussi la littérature, le cinéma, la musique surtout, et autres, j’en parlerai…

Tout cela mérite réflexion.

Je vois ce blog comme un lieu d’écriture pour formuler et partager les liens qui m’unissent aux Juifs, au Judaïsme et à Israël, singulièrement. Ayant bien conscience que même si YHWH me donnait 930 ans d’espérance de vie comme pour Adam, je ne pourrais pas faire le tour de ces questions.

En plus d’être goy, je suis catholique… Nobody’s perfect… Ces mots du Pape Jean-Paul II me servent de boussoles : « Les chrétiens doivent se sentir frères de tous les hommes et se comporter en conséquence, mais cette obligation sacrée vaut encore plus quand ils se trouvent en face de ceux qui appartiennent au peuple juif ! » mais aussi : « La profondeur et la richesse de notre héritage commun se découvrent à nous d’une manière particulière dans le dialogue amical et la collaboration confiante. » (discours prononcé en Allemagne le 17 novembre 1980 devant la communauté juive de Mayence).

Le processus de paix entre les nations n’est pas qu’une question politique ou militaire, l’échelle individuelle a toute sa place. Il passe aussi, me semble-t-il, par une reconnaissance de l’autre en nous, qui est probablement la meilleure part de nous-mêmes.