Pour ce premier commentaire de parasha, il faut bien dire que je suis tombé sur un texte fort intéressant qui je l’espère inspirera nombre de lecteurs et surtout une partie de nos dirigeants.

Mais commençons par le contexte : dans la parasha de la semaine dernière Vayéchev, Joseph a commencé son périple en Égypte. Après avoir été vendu au boucher royal, promu à la position de régisseur en chef de son maître, il a été incarcéré sur des accusations mensongères.

Emprisonné, il a interprété les rêves de ses codétenus, prédisant que l’un d’entre eux serait prochainement libéré et lui demandant d’intercéder pour que lui-même soit élargi.

La parasha Miketz débute avec l’interprétation des rêves de Pharaon par Joseph et l’ascension de ce dernier au pouvoir.

Maintenant que nous savons où nous en sommes dans cette fabuleuse histoire, essayons de sélectionner certains versets de cette parasha pour les analyser :

Chap. 41, V.14 “Pharaon envoya quérir Joseph et on le pressa hors du cachot. Il se rasa et changea ses vêtements, puis il vint chez Pharaon.”

Voila un exemple que certains d’entre nous doivent suivre : se raser et changer ses vêtements pour aller voir le Prince. Lorsque j’observe certains représentants du peuple juif qui pensent que l’apparence n’a aucune utilité, je me demande dans quel monde ils vivent. Non que je sois un fan de la mode et des marques mais être bien habillé est une forme de politesse. Qui n’a jamais entendu que certains décideurs devraient avoir des chemises propres et repassées?

Chap. 41, V.34 Joseph dit “Que Pharaon agisse et qu’il nomme des commissaires sur le pays et il préparera le pays d’Egypte au cours des sept années d’abondance” (avant les sept années de famine)

A première vue, ce verset est logique. Nous savons qu’il va y avoir disette alors nous devons prévoir et épargner. Toute théorie économique pense de même, mais réfléchissons sur la finance actuelle : Gère-t-elle le monde en “bon père de famille”? Ma réponse est simple : NON et toutes les crises passées et actuelles viennent de là. Pourquoi ? je ne vais pas me lancer dans une critique de certaines théories financières mais vais plutôt vous donner un exemple. Il y a très peu de temps ont éclaté les émeutes de la faim dans certains pays. La raison en est simple : le prix du blé avait terriblement augmenté. Pénurie, incendies, sécheresse ?…. NON, mais nos chers financiers ont, depuis leurs ordinateurs, spéculé sur le blé pour gagner de l’argent et on a vu le résultat

Vous me direz, tout ça c’est bien mais quel rapport avec la Com-
munauté ? Je n’en vois qu’un. Les différentes communautés ont des problemes budgétaires et cela depuis seulement quelques années. Pourquoi les dirigeants de ces communautés n’ont pas nommé des commissaires et préparé les communautés au cours des années d’abondance ? Si vous avez la réponse, n’hésitez pas à me la donner.

Rabbi Haïm Ben »-Attar, le Or Haïm a écrit un commentaire que tout dirigeant religieux ou non devrait lire : « Que Pharaon agisse lui-même et incite les autres à agir de même. » A méditer !!!

Chap. 41, Verset 45 : Pharaon nomma Joseph Tsafnat-Panéa’h et lui donna Osnath fille de Poti-Phéra, chef de On, pour épouse”.

Qui est l’heureuse élue ? C’est la fille du prêtre égyptien d’On ou Heliopolis. Donc, Madame n’était pas juive. Vous vous rendez compte, Joseph se marie avec une Goya. Heureusement qu’ils ne vivent pas dans nos “temps modernes”.

J.R Porter, dans son livre “La bible oubliée, apocryphes de l’ancien et du nouveau testament” écrit que selon l’auteur d’un apocryphe de l’ancien testament “le mariage qui advint entre Joseph et Osnath se justifiait par le fait qu’Osnath renonçait à l’idolâtrie et se convertissait au culte du seul vrai Dieu”.

Je sais, parler des conversions est un peu tabou. Il y a une règle, on doit la respecter, point final. J’ai quand même une question : pourquoi la règle n’est pas la même dans tous les pays ? Pourquoi certaines personnes considérées comme juives en Israël au point d’avoir fait l’armée ne sont plus juives lorsqu’elles reviennent dans certains pays de la Gola ? Pourquoi demander des comptes à des enfants de quelques mois si ces derniers sont adoptés ?

A ces questions, je n’ai pas reçu de réponse à part « c’est la Halaha ». Je pense que je ne suis pas le seul à me questionner ; alors mesdames et messieurs les décisionnaires essayez de nous répondre clairement sur ce sujet si important de nos jours.

Chap.41 V. 46 “Joseph avait 30 ans”

Oups ! j’ai relu ce verset à plusieurs reprises. 30 ans et déjà autant de responsabilités. En plus, on verra par la suite qu’il a bien réussi. Avez-vous vu des dirigeants de 30 ans ? Même des membres de Commissions Administratives ? Moi non, et cela pose un problème au sein de notre société et de nos Institutions. Ne devons-nous pas laisser une petite place aux jeunes ?

Chap.42 V. 21: “Ils se dirent (les frères de Joseph) l’un l’autre: “Certes, nous sommes coupables vis-à-vis de notre frère, dont nous avons vu la détresse quand il nous implorait et nous n’avons pas écouté : voilà pourquoi ce malheur nous est arrivé””.

D’abord écoutons nos sages : selon le Yefé Toar, « les frères ont comparé leur cruauté vis-à-vis de Joseph à la bienveillance dont le vice-Roi faisait preuve envers les étrangers affamés. Le Gouvernement Egyptien qui ne connaissait pas leur famille en Canaan et ne la verrait jamais se souciait malgré tout de leur détresse au point de leur distribuer des provisions. »

Quelle leçon d’humanisme. Franchement cela fait du bien de lire cela surtout après les dernières élections.

Ainsi, il faut écouter la détresse des autres, la détresse des étrangers. Et dire que plus de 14 % des juifs de France ont voté pour l’extrême-droite !!

Bien sûr, nous avons la tsédaka, le gmar pour nos corréligionaires, mais les non-juifs les aidons-nous ?

J’ai souvent entendu que beaucoup de juifs, rapatriés d’Afrique du nord, ont été aidés par le Secours Catholique à leur arrivée en Métropole, et nous ne pouvons que les remercier pour cela. Et nous, parlons franchement, que faisons-nous pour l’étranger ? Malheureusement pas grand chose.

Mes chers amis, lisez ce verset jusqu’à la fin voilà pourquoi ce malheur nous est arrivé”. Ce que je comprends est que si nous n’aidons pas l’étranger, un malheur s’abattra sur nous. C’est donc une mitzvah d’aider l’autre même s’il est étranger.

Voici pour mon commentaire mais je ne vous laisserai pas sans conclure cet article. Cette parasha nous invite à réfléchir sur un point.

Dans cette période de difficulté économique, nous devons nous entraider mais aussi aider l’étranger. Ainsi nous devons réfléchir à notre attitude envers les autres.

La morale est peut être la suivante : soyons plus attentionnés envers nos familles et notre environnement pour mieux nous adapter et réagir pendant les périodes difficiles.

Chabbat chalom à toutes et à tous.