La France est l’un des pays les plus anciens dans le monde, ayant une riche histoire qui remonte au sixième siècle avant l’ère moderne. Elle a vu la naissance de nombreuses personnalités importantes telles que Charlemagne, Napoléon et bien d’autres.

En outre, la langue française a remplacé le latin comme langue internationale du 17ème siècle jusqu’au milieu du 20ème siècle lorsque l’anglais l’a remplacé.

La présence juive en France existe depuis très longtemps. À ce jour, le pays a eu une relation assez ambivalente avec sa communauté juive. Même si les juifs ont toujours eu des amis et continueront d’en avoir en France, l’examen de certains faits historiques tragiques en dit long :

• La première croisade a été organisée par le pape Urbain II en France en 1095.

• Souvent accusés de « meurtre rituel  » pendant la semaine sainte, les juifs furent brûlés sur le bûcher en France en 1187.

• Le badge jaune de la honte pour identifier les juifs, appelé “la rouelle” a été introduit en France en 1215, et repris plus tard par les nazis avec l’étoile jaune.

• 12 000 volumes du Talmud ont été brûlés en France en 1242.

• Les juifs ont été expulsés de France à plusieurs reprises en 1182, 1306, 1322, 1394 et 1453.

• L’affaire Dreyfus a eu lieu à Paris en 1894, accusant faussement l’officier juif Alfred Dreyfus de trahison.

• 78 000 Juifs français ont été envoyés à leur mort dans les camps par le gouvernement de Vichy pendant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945)

• Il y a eu une attaque terroriste dans le restaurant juif Jo Goldenberg dans le quartier du Marais à Paris en 1982 (7 morts).

• Ilan Halimi a été enlevé et assassiné en 2006.

• Un rabbin et trois étudiants juifs sont morts à Toulouse lors du massacre de 2012.

• L’attaque terroriste de Paris en janvier 2015 a fait 17 morts (quatre personnes juives, au Hyper Casher).

Je pourrais évidemment étoffer cette liste, mais vous voyez où je veux en venir. La France a une réputation antisémite de longue date. Toute la gamme de l’antisémitisme est donc représentée : de l’anti-judaïsme théologique à l’antisémitisme racial, du nouvel antisémitisme à cette vague actuelle que j’appelle l’antisémitisme des temps de la fin.

En fait, l’antisémitisme est enraciné très profondément dans le terreau français. Il serait erroné de mettre uniquement le blâme sur le conflit arabo-israélien, et sur les ramifications mondiales qu’il a créé.

L’antisémitisme musulman ne peut pas être ignoré, mais il n’a jamais été et ne sera jamais la seule racine de cette mauvaise herbe qu’est l’antisémitisme français.

Le dernier scandale venant de France est un acte de discrimination contre un professeur d’art israélien ayant souhaité amener ses étudiants de Tel-Aviv au musée du Louvre et à la Sainte-Chapelle. Lorsqu’on lui refusa les réservations, il fit une nouvelle demande sous le nom de deux organisations fictives provenant d’Abu Dhabi et d’Italie. Dès lors, il fut immédiatement accepté.

Compte tenu du niveau d’animosité contre les juifs et contre Israël en France, pays d’ailleurs fortement impliqué dans la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions), on se demande les motivations réelles derrière ce refus. Une enquête est en cours. Le Louvre a déjà accepté de nouvelles réservations pour le groupe en prétendant que leur système de réservation informatisé est incapable de toute discrimination. Les réservations pour la Sainte-Chapelle sont faites à la main et les résultats de l’enquête sont encore en suspens. Il pourrait se révéler qu’il n’y avait pas de mauvaise foi dans le processus. Je l’espère bien.

Le Premier ministre de la France, Manuel Valls, qui a prononcé un discours poignant contre l’antisémitisme et le racisme, quelques jours seulement après les attaques terroristes de janvier, a également promis plus de 100 millions d’euros pour la lutte contre l’antisémitisme.

Mais reconnaitre une mauvaise herbe ne sert à rien si vous ne la retirez pas du sol. En outre, si le sol n’est pas correctement fertilisé, la mauvaise herbe peut finalement revenir s’installer de manière plus forte et plus profonde. La France sans juifs, selon M. Valls, n’est pas la France du tout. M. Valls aura sûrement du mal à convaincre avec cette idée.

Je crois fermement que la grande majorité de la France, y compris la communauté musulmane en Europe, ne se sentirait pas vraiment affectée si les juifs partaient. Je pense aussi que la France ferait une grave erreur à persister avec son approche nonchalante face à la haine la plus ancienne.

Les juifs français partent en masse (7200 ont fait leur aliyah l’année dernière). Ils emmènent avec eux la culture, les connaissances et la créativité. En conséquence, cela créera un certain déséquilibre dans l’économie française. Israël attend jusqu’à 10.000 Juifs français en 2015. Tout cela est basé sur le passé récent sans aucun autre acte de terrorisme, ce dont je doute fort !

La communauté juive a cessé de se sentir en sécurité en France en 2006, après l’assassinat d’Ilan Halimi. Dès lors, l’antisémitisme n’a cessé de croître. Une France sans Juifs est très possible et très susceptible de se produire dans les 20 prochaines années ou même moins. Cela n’a pas d’importance si l’on affirme que “la France n’est pas la France sans ses juifs” car en réalité, la France a cessé d’être la France il y a déjà un bout de temps ! Ne nous leurrons pas : la France ne sera pas le seul pays européen à perdre sa communauté juive au 21e siècle. Le premier, oui mais certainement pas le dernier.

D’autre part, il est encourageant de se rappeler que Dieu se soucie d’Israël et des juifs, peu importe où ils sont. Dans Sa Parole, Dieu est très clair sur son amour inconditionnel pour Israël et le peuple juif. Même le Messie vient du peuple juif et il devrait également être clair qu’il est le seul espoir pour Israël (Esaïe 52-13-53: 12).