La conférence internationale de Paris, dite « pour la paix au Proche Orient » était vouée à l’échec avant même de commencer. L’initiative prise par l’Elysée et le Quai d’Orsay répondait apparemment à une volonté de propagande tant sur le plan intérieur qu’extérieur.

Intérieur, pour satisfaire les électeurs musulmans ou autres carrément et systématiquement opposés à Israël, en ayant en vue les prochaines élections présidentielles. Extérieur, pour se faire valoir comme un pays jouant un rôle diplomatique sur l’échiquier international.

Cette attitude traditionnelle de Paris a été manifestée aussi par le vote récent au Conseil de sécurité de l’ONU, dont la résolution condamne, pratiquement à l’unanimité, les implantations israéliennes en Cisjordanie comme étant contraires au droit international.

Le comble est visible par l’inclusion dans cette catégorie de Jérusalem avec les Lieux Saints millénaires pour les juifs, tel le Mur de lamentations.

Cette résolution, tout comme la conférence actuelle de Paris, est à la fois cynique et naïve. Car les gouvernements soutenant cette politique agissent par considérations cyniques, mais ils sont conscients, ou devraient l’être, que cette résolution restera en fin de compte sans effet.

Certes, la conférence de Paris y donnera son aval tant par les discours que par les résolutions, lesquels resteront également sans effet concret.

Comment envisager en effet une collaboration des deux protagonistes, Israël et les Palestiniens, restés sur la touche ?

Comment espérer promouvoir la solution tant citée de « deux États pour deux peuples » chère à la diplomatie occidentale, alors que les pourparlers directs entre les parties étaient restés dans l’impasse ?

En effet, si l’Autorité palestinienne accueille favorablement l’initiative de Paris, Jérusalem y avait déjà opposé une fin de non recevoir. Le Premier Ministre Netanyahu a qualifié une fois de plus la conférence de Paris d’ « imposture palestinienne sous les auspices de la France et destinée à prendre encore plus de positions anti-israéliennes. Cela fait reculer la paix, et nous ne serons pas liés ».

L’opinion publique israélienne, pourtant divisée sur la solution à adopter dans ce dossier, partage dans l’ensemble l’attitude de Jérusalem.

En fin de compte, la France en sortira maladroite et mal-aimée, après s’être fait complice de la résolution honteuse et gratuite du Conseil de sécurité, ignorant les droits d’Israël sur les territoires.

Le comble est visible car le résolution ne reconnaît même pas l’attache millénaire des juifs a Jérusalem et ses lieux saints, tel le Mur de lamentations.

Pourtant, la domination israélienne dans la zone « C » est reconnue par les Palestiniens dans l’accord d’Oslo.

Bien plus, la résolution du Conseil de sécurité est contraire à la Charte même de l’organisation, ainsi qu’au droit international, interdisant toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures des États.

En ce qui concerne la France, en s’opposant aux projets israéliens dans ces territoires, Paris ignore purement et simplement une juridiction fixée par un tribunal français.

Il s’agit d’une décision prise en 2013 par la Cour d’Appel de Versailles, affirmant que l’occupation par Israël de ces territoires n’est nullement illégale. On est donc en droit de se demander sur quelle base Paris ainsi que les partenaires internationaux prennent leur décisions dans ce dossier, lesquelles semblent plutôt politiques et arbitraires.

Je me réfère au jugement de la Cour d’appel de Versailles du 13 mars 2013 (OLP c/ Alstom et Veolia). Revenons brièvement à ce jugement: l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) prétendait que les deux sociétés françaises avaient agi illégalement en construisant pour le compte de Jérusalem le tramway qui traverse la ville jusqu’à la partie Est de la capitale, donc dans les territoires que revendiquent l’OLP et l’Autorité palestinienne.

Se référant au droit international et citant différentes Conventions (Genève, La Haye etc.), l’OLP voulait prouver qu’Israël violait le droit et que la détention des territoires est illicite. Mais le tribunal en a décidé autrement, établissant au contraire que l’occupation ne violait aucune loi internationale.

Et d’expliquer que les textes évoqués par l’OLP sont signés entre États.

Or ni l’Autorité palestinienne ni l’OLP n’étant des États, aucun de ces textes ne s’appliquent à eux.

Deuxième raisonnement : ces textes (les conventions internationales) s’adressent « aux parties contractantes », c’est à dire aux parties qui les ont signés, or ni l’OLP ni l’AP n’ont jamais signé ces documents.

Bien plus, la cour établit que le droit humanitaire non plus n’est pas violé par Israël. Allant plus loin encore, la Cour établit que l’OLP et les Palestiniens ne peuvent se prévaloir d’aucuns textes internationaux.

Jugement certes significatif et plein d’enseignements, qui serait en mesure de tracer un tableau tout différent des droits et devoirs d’Israël d’une part et des Palestiniens de l’autre. Mais ce jugement a été passé sous silence par les médias français, et plus grave encore, par Jérusalem et les médias israéliens.