“Quand j’aurais fini mes études, je rentrerais chez moi.” Mariam Eissa, étudiante Syrienne de la Plateforme Globale pour les Etudiants Syriens (Global Platform for Syrian Students).

Mariam parlait peu, elle se tenait très droit, et avec peu de mots, profonds et imbus d’émotion, elle nous a rappelé pourquoi nous travaillons tous sur nos diverses initiatives, et quelles en sont les échéances : cette jeune femme et des milliers d’autres comme elle.

Il y a quelques mois, j’ai publié sur la très belle initiative civile menée par des volontaires internationaux, soutenus par le gouvernement mexicain appelée le Habesha Project, visant à faire venir 30 réfugiés syriens au Mexique en 2015.

Cette semaine l’Université Libre de Bruxelles (ULB) accueillait une conférence internationale de deux jours sur les Études supérieures dans l’urgence, organisé par le Institute of International Education, le Global Platform for Syrian Students, la Ligue arabe, le Conseil de l’Europe et le British Council.

Les études supérieures sont l’un des aspects les moins financés et les plus difficiles à résoudre des questions humanitaires. Dieu sait que cela est difficile quand les choses vont bien.

Sur n’importe quelle population, une moyenne de 32 % des élèves aura accès à l’éducation supérieure. Ce pourcentage tombe à moins d’1 % dans les camps de réfugiés, et les études supérieures ne représentent que 2 % des budgets humanitaires d’urgence.

La Syrie était au centre de la conférence et des nombreuses initiatives représentées, et championnées par la Plateforme Globale pour les Etudiants Syriens du gouvernement Portugais, représentée par Jorge Sampaio, ancien président du Portugal, et lui même, au coeur de l’Alliance des Civilisations.

Cette conférence était une première occasion de rassembler les acteurs impliqués dans les divers aspects pertinents à l’éducation en temps de crise qui comporte deux axes majeurs : la provision d’opportunités éducatives pour les étudiants en exil, et la protection des académiciens et des professeurs persécutés.

L’avenir semble bien sombre en regardant une guerre civile qui a fait plus de morts en trois ans que les conflits Israelo-Arabes n’en on fait en un siècle, et selon des experts présents a la conférence, le Moyen Orient arabe est la région où la persécution de professeurs et d’académiciens est la plus élevée.

Et pourtant, le Institute of International Education (IIE), basé aux Etats Unis, par le biais de son Scholar Rescue Fund aident les académiciens persécutés depuis les années 30, et avait un large programme pour les professeurs iraquiens en 2009.

Le Council for At-risk Academics (CARA) a des programmes opérant en Iraq et en Syrie, avec 90 % des académiciens rentrant pour pratiquer dans la région suite a leur formation et soutien au Royaume Uni.

Le gouvernement Allemand, par le biais du ministère des Affaires étrangères, finance le DAAD, qui a donné cent bourses d’études à des étudiants Syriens cette année, avec une approche de terrain, qui donne de la flexibilité dans les justifications académiques et les documents de voyage entre autre, qui sont souvent des barrières affectant les populations réfugiées.

La Ligue arabe travaille sur des alternatives technologiques pour compenser le manque d’accès dans les camps en augmentant les options de formations vocationnelles et online, et tandis que le manque de réponse régionale a la crise Syrienne est souvent critiqué, la Ligue arabe fait un travail de fond pour que les universités nationales, financées par les gouvernements fassent de la place pour les déplacés de la région.

Et bien sur les “hippies” du projet Habesha selon l’un des coordonnateurs, vont officiellement lancer le projet en janvier 2015 au ministère des Affaires étrangères à Mexico City, leur site internet est en ligne (en espagnol avec traductions a venir), et quinze des trente candidats ont déjà été sélectionnés.

Ceux ci ne sont que peu des acteurs dévoués et passionnés ayant pris part a la conférence, mais je vous encourage a visiter leurs sites internet et de prendre contact avec ceux que vous pouvez soutenir et aider, parce que l’hiver arrive, le HCR est a cours de financement, le Liban et la Jordanie atteignent doucement les limites de leur bon vouloir, et bien que les situations de refuge vont bien au delà des urgences, pour devenir un mode de vie pour ceux qui souffrent d’être déplacés, leur réalité quotidienne dépend de nos actions, et nous pouvons tous contribuer à réduire la souffrance d’autrui.

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Membres de l’équipe Habesha avec le Président Sampaio